September 25, 2018 / 11:02 AM / 23 days ago

LEAD 1-Praet (BCE) souligne que la normalisation sera lente et longue

(Actualisé avec précisions, contexte, infographie)

LONDRES, 25 septembre (Reuters) - L’évolution de la situation économique dans la zone euro continue de plaider pour une nouvelle étape dans la diminution du soutien monétaire apporté par la Banque centrale européenne (BCE) à la fin de cette année, mais la normalisation de sa politique ne sera pas plus rapide que prévu en juin, a déclaré mardi Peter Praet, l’économiste en chef de l’institution.

Il est ainsi allé à l’encontre des spéculations de marché alimentées depuis lundi par les propos de Mario Draghi, le président de la BCE, sur l’accélération de l’inflation et des hausses de salaires.

“Il n’y avait rien de nouveau” dans ce discours de Mario Draghi, a déclaré Peter Praet lors d’une conférence à Londres en expliquant que la normalisation de la politique monétaire serait lente et longue car l’évolution de l’inflation dépend du soutien apporté par la BCE.

“Il est clair que nous observons des progrès dans les (prix) sous-jacents, ce qui se passe derrière le processus inflationniste. Mais il s’agit d’un processus long et conditionné à des conditions monétaires accommodantes”, a-t-il ajouté.

Lundi, lors d’une audition au Parlement européen, Mario Draghi a évoqué “un redressement relativement vigoureux de l’inflation sous-jacente” en zone euro et s’est déclaré confiant dans la poursuite de la croissance des salaires. Ses propos ont provoqué une nette hausse de l’euro et des rendements des emprunts d’Etat de la région.

Mais Peter Praet a jugé exagérée cette réaction des investisseurs et estimé que les anticipations de marché, qui intègrent une première hausse de taux de la BCE au quatrième trimestre 2019, étaient globalement conformes au scénario du Conseil des gouverneurs.

LES MARCHÉS ANTICIPENT UNE HAUSSE DE TAUX EN SEPTEMBRE 2019

Ses propos équivalent donc à un rejet des arguments avancés dimanche par Ewald Nowotny, le gouverneur de la banque centrale autrichienne, sur l’opportunité d’une accélération du resserrement monétaire.

Pour Peter Praet, le principal risque pesant sur les perspectives économiques dans la zone euro est celui d’un “accident de croissance”, soit un trou d’air dans l’activité, qui viendrait remettre en cause l’évolution prévue de l’inflation.

Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait autour de 1,1760 dollar vers 10h40 GMT, en hausse d’environ 0,1%, contre 1,1774 en début de séance en Europe.

La monnaie unique avait atteint 1,1815 dollar en séance lundi après le discours de Mario Draghi, son plus haut niveau depuis le 14 juin.

Les marchés monétaires anticipent désormais une probabilité de 100% d’une première hausse de taux de la BCE en septembre 2019, alors qu’ils privilégiaient l’hypothèse d’un relèvement en octobre il y a encore quelques jours.

La différence entre le taux interbancaire au jour le jour pour la zone euro Eonia et les taux Eonia à terme à l’échéance de la réunion de septembre 2019 de la BCE, a en effet pratiquement atteint 10 pdb mardi contre environ 8,5 pdb la semaine dernière.

Cela signifie que les intervenants intègrent entièrement dans les cours la perspective d’une hausse de 10 pdb du taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à -0,4%.

Balazs Koranyi; Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below