September 24, 2018 / 10:27 AM / 24 days ago

Bpifrance veut plus de moyens pour secourir des groupes menacés

PARIS, 24 septembre (Reuters) - La banque publique d’investissement Bpifrance estime lundi avoir besoin de ressources financières supplémentaires pour soutenir les entreprises françaises susceptibles d’être la cible de fonds d’investissement, et en particulier de la part d’activistes.

Lors d’une conférence de presse, consacrée à l’activité de l’établissement public au premier semestre, Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, a estimé ce besoin supplémentaire à trois milliards d’euros.

Ce chiffre avait déjà été avancé par le dirigeant en février dernier lors d’une audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les décisions de politique industrielle et la protection des fleurons industriels nationaux.

“S’il y a une espèce de marée d’attaques sur les entreprises françaises, notre equity (ressources en fonds propres, ndlr) ne suffit pas (...) Le fonds souverain français est un peu petit”, a déclaré Nicolas Dufourcq.

“Théoriquement, il faudrait qu’on ait une enveloppe supplémentaire. C’est là-dessus qu’on travaille”, a-t-il ajouté.

La banque publique d’investissement n’a pour le moment pas précisé la forme que prendrait cette enveloppe supplémentaire ni les entreprises françaises susceptibles de bénéficier du soutien de Bpifrance.

Il a en revanche précisé que ces entreprises seraient celles qui n’entrent pas dans le champ d’intervention de l’Agence des participations de l’Etat (APE) comme les entreprises relevant de la souveraineté nationale (énergie nucléaire, défense et mines).

Par le passé, les pouvoirs publics français ont déjà été amenés à intervenir pour aider des entreprises menacées d’OPA hostiles ou visées par des campagnes de fonds activistes.

En 2009, le Fonds stratégique d’investissement (FSI), dont le portefeuille a été apporté en 2012 à Bpifrance, est entré au capital du groupe de BTP Eiffage alors sous la menace d’une OPA de l’espagnol Sacyr.

Cette même année, le FSI avait aussi volé au secours de l’équipementier automobile Valeo pour contrer les velléités de prise de contrôle par des fonds d’investissement.

Danone, dont les marques d’intérêt de la part du groupe PepsiCo en 2005 avait suscité beaucoup d’émoi, reste perçu par les investisseurs comme une cible potentielle en raison de l’éclatement de son capital.

Pour Nicolas Dufourcq, la faiblesse des valorisations boursières rend les entreprises françaises particulièrement vulnérables à des tentatives de raids hostiles ou à des campagnes d’activistes.

“Les ‘market cap’ (capitalisations boursières, ndlr) françaises sont faibles”, a-t-il souligné.

Dans le cadre du projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), le gouvernement entend muscler son dispositif de contrôle des investissements étrangers.

Il prévoit notamment d’assouplir le cadre juridique pour la création d’actions spécifiques (“golden share”) permettant à l’Etat de conserver des prérogatives de contrôle dans les entreprises jugées stratégiques. et

L’Allemagne, la France et l’Italie ont aussi demandé l’an dernier à la Commission européenne de renforcer les règles autorisant les pays de l’Union européenne à bloquer l’achat d’entreprises européennes par des sociétés étrangères. et

De leur côté, les Etats-Unis ont élargi cet été le champ d’intervention du CFIUS, le comité en charge du contrôle des investissements étrangers, redouté par les investisseurs.

Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

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