September 21, 2018 / 3:02 PM / 25 days ago

VERBATIM-Principaux extraits de la déclaration de Theresa May

LONDRES, 21 septembre (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a réclamé vendredi à l’Union européenne de proposer une alternative à ses propres propositions sur le Brexit et prévenu qu’elle n’accepterait jamais un démantèlement du Royaume-Uni.

Principaux extraits de sa déclaration.

“Hier, j’étais à Salzbourg pour des discussions avec les dirigeants européens. J’ai toujours dit que ces négociations seraient dures, et il était certain qu’elles seraient plus dures encore dans la dernière ligne droite.

“Même si les deux parties veulent un accord, nous devons affronter le fait qu’en dépit des progrès que nous avons accomplis, il existe deux grandes questions sur lesquelles nous sommes très éloignés.”

(...)

SUR LA RELATION ECONOMIQUE FUTURE ENTRE LE ROYAUME-UNI ET L’UNION EUROPEENNE

“L’UE ne nous propose toujours que deux options.

“La première option impliquerait que le Royaume-Uni reste dans l’Espace économique européen et dans une union douanière avec l’UE. En anglais courant, cela signifierait que nous devrions toujours nous conformer à toutes les règles européennes, qu’une immigration incontrôlée depuis l’UE continuerait et que nous ne pourrions pas négocier les accords commerciaux que nous voulons avec d’autres pays.

“Cela reviendrait à se moquer du référendum que nous avons organisé il y a deux ans.

“La seconde option serait un accord de libre échange basique pour la Grande-Bretagne qui introduirait des contrôles à la frontière entre la Grande-Bretagne et l’UE. Mais pire encore, l’Irlande du Nord demeurerait dans les faits dans l’union douanière et ferait partie du marché unique, économiquement séparée de manière permanente du reste du Royaume-Uni par une frontière en mer d’Irlande (...)

“C’est une chose que je n’accepterai jamais, une chose qu’à mon avis aucun Premier ministre britannique n’acceptera jamais. Si l’UE pense que je vais l’accepter, elle commet une erreur fondamentale.”

“Tout ce qui échouera à respecter ce référendum ou qui diviserait dans les faits notre pays en deux serait un mauvais accord, et j’ai toujours dit qu’une absence d’accord valait mieux qu’un mauvais accord.”

SUR LE REJET DE SA PROPOSITION PAR LES EUROPÉENS

“J’ai été également claire sur le fait que la meilleure issue pour le Royaume-Uni était de partir avec un accord.

“C’est pourquoi, à l’issue de plusieurs mois d’un travail intensif et de discussions détaillées, nous avons proposé une troisième option pour nos futures relations économiques, fondées sur le commerce sans friction (‘frictionless trade’) des marchandises. C’est la meilleure manière de protéger les emplois ici et dans l’UE et d’éviter une frontière dure entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, tout en respectant le référendum et l’intégrité du Royaume-Uni.

“Hier, Donald Tusk (ndlr, le président du Conseil européen) a déclaré que nos propositions nuiraient au marché commun. Il n’a pas expliqué comment en détail ni avancé de contre-proposition. Nous sommes donc dans une impasse.”

SUR LA QUESTION IRLANDAISE

“Nous acceptons de part et d’autre que l’Accord de retrait doit inclure une clause de sauvegarde (‘backstop’) pour garantir qu’en cas de retard dans la mise en oeuvre de notre future relation, il n’y aura pas de frontière dure entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

“Mais l’UE propose d’y parvenir en maintenant dans les faits l’Irlande du Nord dans l’Union douanière.

“Comme je l’ai déjà dit, c’est inacceptable. Nous ne l’accepterons jamais. Cela reviendrait à disloquer notre pays.”

SUR LES NÉGOCIATIONS

“Ainsi que je l’ai dit aux dirigeants européens, nul ne devrait réclamer à l’autre ce qui est inacceptable.

“Nous ne pouvons rien accepter qui menace l’intégrité de notre union, de même qu’ils ne peuvent rien accepter qui menace l’intégrité de la leur.

“Nous ne pouvons rien accepter qui ne respecte pas le résultat du référendum, de même qu’ils ne peuvent rien accepter qui ne soit pas dans l’intérêt de leurs citoyens.

“Tout au long de ce processus, j’ai traité l’UE avec rien d’autre que du respect. Le Royaume-Uni attend le même comportement (...)

“A ce stade avancé dans les négociations, il n’est pas acceptable de rejeter purement et simplement la proposition de l’autre partie sans une explication argumentée et des contre-propositions.

“Donc nous voulons désormais que l’UE nous dise quels sont les vrais problèmes, et quelle est leur alternative, afin de pouvoir en discuter. D’ici là, nous ne pouvons pas progresser.”

SE PRÉPARER À UN DIVORCE SANS ACCORD

“En attendant, nous devons continuer et nous continuerons le travail de préparation à une absence d’accord.”

SUR LA QUESTION DÉMOCRATIQUE

“Je veux dire cela aussi. Ce référendum a été le plus important exercice démocratique que notre pays ait jamais entrepris. Nier sa légitimité ou faire échouer son résultat menace la confiance que l’opinion place dans notre démocratie.”

(...)

“Nul ne veut plus que moi un bon accord. Mais l’UE doit être au clair: je ne renverserai pas le résultat du référendum ni ne démantèlerai mon pays.”

“”Il nous faut un engagement sérieux pour régler les deux principaux problèmes dans les négociations (ndlr, la frontière irlandaise et la future relation économique entre l’UE et le Royaume-Uni) et nous sommes prêts.”

Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français

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