September 20, 2018 / 3:57 PM / 3 months ago

ENCADRE-Accord, pas d'accord, nouveau référendum, quels scénarios pour le Brexit ?

LONDRES, 20 septembre (Reuters) - Le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne le 29 mars 2019 mais, à six mois de l’échéance, rien n’est vraiment clair: plus de deux ans après le référendum sur le Brexit, il n’y a toujours pas d’accord de divorce et les rivaux de la Première ministre britannique Theresa May au sein de son Parti conservateur menacent de rejeter son plan de sortie présenté en juillet dernier.

Voici les différents scénarios possibles: 1) UN BREXIT DÉSORDONNÉ

Si Theresa May est renversée, si elle ne parvient pas à un accord avec l’UE ou si le Parlement britannique rejette son plan, la Grande-Bretagne s’enfoncera dans la crise.

De nombreux opposants au Brexit s’attendent à ce scénario, tout comme des “Brexiters” purs et durs, qui reprochent à la Première ministre une trop grande complaisance envers Bruxelles.

- THERESA MAY S’EN VA

Lors des élections anticipées de 2017, Theresa May a perdu sa majorité au Parlement et doit désormais compter sur l’appui des dix élus unionistes nord-irlandais. Les conservateurs sont divisés depuis trente ans sur l’idée européenne et certains députés demandent que Theresa May quitte la direction du parti.

Si May tombe, le choix d’un nouveau dirigeant retardera les négociations déjà ardues avec l’UE. Des élections anticipées ne sont pas à exclure. D’après les sondages, aucune majorité claire ne se dégage.

Parmi les successeurs possibles de May figurent l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, le ministre de l’Intérieur Sajid Javid, celui de l’Environnement Michael Gove, l’actuel secrétaire au Foreign Office Jeremy Hunt et le ministre du Brexit, Dominic Raab.

D’autres noms circulent, comme celui de Tom Tugendhat, un ancien militaire qui préside une commission parlementaire, et le député Jacob Rees-Mogg, “Brexiter” acharné.

La plupart des parlementaires conservateurs ont voté contre le Brexit lors du référendum de juin 2016, mais nombre d’entre eux ont changé d’avis depuis. En outre, 80 députés du parti tory, sur 316, sont farouchement hostiles au plan de Chequers proposé par la Première ministre.

- AUCUN ACCORD AVEC L’UE

Londres et Bruxelles répètent qu’ils veulent parvenir à un accord de divorce mais le temps presse car le Parlement britannique et le Parlement européen devront ratifier le texte avant le 29 mars 2019.

Deux documents devront être approuvés: le traité sur le retrait britannique et une déclaration sur les futures relations entre Londres et les Vingt-Sept.

L’un des principaux points de friction reste la question de la frontière entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, mais des diplomates n’excluent pas qu’un accord puisse être conclu à la dernière minute.

Si Theresa May ne parvient pas à décrocher un accord en octobre ou en novembre, elle peut encore placer ses espoirs dans le Conseil européen des 13 et 14 décembre.

- REJET D’UN ACCORD PAR LE PARLEMENT BRITANNIQUE

Tout accord devra être approuvé par les parlementaires britanniques. En cas de rejet, le Royaume-Uni devra quitter l’UE sans accord. Les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l’Union suivront alors les règles établies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

De nombreux chefs d’entreprise et investisseurs affirment qu’un Brexit sans accord affaiblira l’Occident, sémera la panique sur les marchés financiers et bloquera les échanges commerciaux. Pour les partisans du Brexit, ces craintes sont très exagérées. Selon eux, la sortie de l’UE ne peut qu’être profitable à terme au Royaume-Uni.

Theresa May espère que la crainte d’un “no deal” poussera de nombreux parlementaires conservateurs et travaillistes à soutenir le plan de Chequers.

Le Parlement britannique sera appelé à se prononcer sur l’accord de Brexit, sur l’accord de retrait (Withdrawal Agreement) et sur la loi d’application (Implementation Bill). Lors des derniers votes à Westminster, Theresa May a en moyenne disposé d’une majorité de six voix.

En l’absence d’accord avec les Européens, les autres options consisteraient à demander une prolongation des négociations ou à organiser un autre référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.

2) ACCORD DE DERNIÈRE MINUTE

Les négociateurs britanniques tentent de persuader la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron de s’assurer que l’UE accepte un accord que Theresa May pourra “vendre” au Parlement de Londres.

Selon David Lidington, le numéro deux du gouvernement britannique, le projet d’accord de retrait (Withdrawal Agreement) est prêt à 85%, voire 90%.

Dans le cas d’un accord, une période de transition post-Brexit est prévue jusqu’au 31 décembre 2020.

3) BREXIT ANNULÉ APRÈS UN NOUVEAU RÉFÉRENDUM

L’option d’un nouveau référendum est rejetée par Theresa May. Les sondages montrent que les Britanniques sont toujours divisés sur le Brexit, même si les partisans d’un maintien dans l’UE semblent s’être renforcés ces derniers mois.

D’après une enquête YouGov menée du 31 juillet au 7 août, 45% des personnes interrogées sont favorables à un nouveau référendum quelle que soit l’issue des négociations avec Bruxelles et 34% y sont hostiles.

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn a déclaré qu’il n’était pas favorable à une nouvelle consultation, sans toutefois l’exclure. Pour les partisans du Brexit, un nouveau référendum déclencherait une crise constitutionnelle majeure. (Guy Kerivel pour le service français)

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