August 24, 2018 / 3:49 PM / 3 months ago

LEAD 1-Powell (Fed) défend la poursuite de la hausse des taux aux USA

(Actualisé avec détails sur propos de Powell, réactions de marché)

par Howard Schneider et Ann Saphir

JACKSON HOLE, Etats-Unis, 24 août (Reuters) - La hausse continue des taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale est le meilleur moyen de préserver la dynamique de l’économie américaine, de favoriser une croissance de l’emploi aussi forte que possible et de maîtriser l’inflation, a déclaré vendredi Jerome Powell, le président de la Fed.

S’exprimant quelques jours après les critiques du président américain Donald Trump contre la poursuite du resserrement monétaire aux Etats-Unis, Jerome Powell a pris la parole lors de la conférence annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole pour “expliquer pourquoi mes collègues et moi pensons que ce processus graduel (...) demeure approprié”.

“L’économie est solide. L’inflation est proche de notre objectif de 2% et la plupart des gens qui cherchent un emploi en trouvent un (...) Si la robuste croissance des revenus et de l’emploi se poursuit, de nouveaux relèvements progressifs de la fourchette d’objectifs pour le taux des fonds fédéraux seront probablement appropriés”, a dit le président de la Fed.

Les propos de Jerome Powell n’étaient pas une réponse directe aux déclarations de Donald Trump, qui a dit lundi n’être “pas emballé” par la stratégie de hausse des taux qui va à l’encontre de sa politique de stimulation de la croissance.

Mais la conférence de Jackson Hole figure parmi les événements les plus en vue de la Fed, qui attire l’attention des médias mondiaux et des intervenants d’autres banques centrales.

Les thèmes de discussion cette année incluent notamment les changements intervenus dans la structure des marchés et Jerome Powell en a profité pour expliquer pourquoi l’évolution des concepts de “plein emploi” et de taux d’intérêt “neutres” renforçait la logique d’une hausse progressive des taux.

Il a noté que la Fed devait tirer les leçons de ses erreurs passées, comme la mauvaise évaluation du plein emploi, qui a provoqué un emballement de l’inflation dans les années 1970. Cela prouve que la banque ne doit pas supposer que ses estimations actuelles des variables économiques sont précises.

LE DOLLAR CREUSE SES PERTES

La Fed “navigue entre les risques de surchauffe et d’un resserrement prématuré, avec une vision floue de ce qui semblent être des repères de navigation fluctuants”, a dit Jerome Powell.

Avec un chômage aussi faible, “pourquoi (le comité de politique monétaire, FOMC) ne durcit-il pas davantage sa politique monétaire pour éviter la surchauffe et l’inflation? En l’absence de signal clair d’un problème inflationniste, pourquoi le FOMC resserre-t-il sa politique, au risque d’étouffer l’amélioration du l’emploi et la poursuite de la croissance?”

La solution, a-t-il dit, est d’avancer prudemment.

“Je considère le cheminement actuel de relèvement graduel des taux d’intérêt comme étant la façon pour le FOMC de prendre au sérieux chacun de ces deux risques.”

A la suite de ces propos, Wall Street a augmenté ses gains et le dollar a nettement creusé ses pertes pour céder jusqu’à près de 0,7% face à un panier de devises de référence.

“Les traders s’attendaient à une annonce légèrement moins accommodante et le ton neutre adopté a poussé le dollar à la baisse”, résume David Madden, analyste chez CMC Markets.

Selon les intervenants, Jerome Powell a conforté le sentiment, qui se dégageait déjà du compte rendu publié mercredi de la dernière réunion du FOMC, selon lequel la Fed estime se rapprocher d’un taux “neutre” pour l’économie, qui sonnerait la fin du cycle de relèvement des taux directeurs.

“La réaction du dollar répond au sentiment que (Powell conforte) le discours qui a émergé au début de la semaine, notamment dans les ‘minutes’, évoquant une progression vers des taux neutres. Plus précisément, la référence au fait que certains membres sont désormais moins à l’aise avec la formulation de la Fed selon laquelle sa politique monétaire reste accommodante (...)”, souligne Mazen Issa, responsable de la stratégie sur le marché des changes chez TD Securities.

Selon certains intervenants, la baisse du dollar s’explique également par les défis structurels évoqués par le président de la Fed: un soutien budgétaire qui ne durera pas, une évolution démographique défavorable et un reflux de la mobilité économique. Il s’est également montré incertain sur la capacité du pays à sortir de sa situation de faible productivité.

Sur le marché obligataire, les investisseurs continuent de privilégier le scénario de deux nouvelles hausses de taux de la Fed d’ici la fin de l’année, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

L’an prochain, la Fed devrait continuer sur la voie de ce qu’elle qualifie de “normalisation” de sa politique monétaire. (Howard Schneider et Ann Saphir Bertrand Boucey pour le service français, avec Patrick Vignal)

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