July 12, 2018 / 3:19 PM / 4 months ago

ENCADRE-La finance britannique mécontente du "livre blanc" sur le Brexit

par Huw Jones et Andrew MacAskill

LONDRES, 12 juillet (Reuters) - Le secteur financier britannique a dénoncé jeudi le plan du gouvernement de Theresa May pour le Brexit, auquel il reproche de ne pas tenir compte de ses propres propositions pour faciliter ses activités dans l’Union européenne une fois la Grande-Bretagne sortie de l’UE.

Le gouvernement britannique a publié jeudi un “livre blanc” exposant ses positions dans de multiples domaines concernant les futures relations avec l’UE.

Avec le Brexit, les banques, les assurances et les gérants d’actifs installés à Londres vont perdre le bénéfice du passeport européen permettant d’opérer dans l’ensemble de l’UE.

Aux yeux du secteur financier britannique, les projets de Theresa May sont insuffisants pour atténuer l’impact de cette perte du passeport européen.

“Le livre blanc sur le Brexit publié aujourd’hui est un véritable coup porté au secteur financier du Royaume-Uni et aux services qui lui sont associés”, a réagi Catherine McGuinness, l’une des responsables de la City de Londres.

Le gouvernement propose un régime d’équivalence élargi par rapport à celui qui régit l’accès aux marchés financiers de l’UE pour les partenaires comme les Etats-Unis ou le Japon.

Une telle mesure permettrait de “refléter le fait que l’équivalence telle qu’elle existe aujourd’hui n’a pas l’ampleur suffisante pour la vaste interconnexion des services financiers du Royaume-Uni et de l’UE”, est-il écrit dans le “livre blanc”.

La Grande-Bretagne juge aussi que le régime actuel d’équivalence laisse à l’UE le soin de décider qui a accès à ses marchés.

La City de Londres, quartier des affaires de la capitale britannique, et TheCityUK, organisme de promotion de la Grande-Bretagne en tant que place financière, ont conjointement plaidé pendant des mois pour l’adoption d’un principe plus ambitieux de “reconnaissance mutuelle” qui aurait eu les mêmes effets que le passeport.

Dans ce cadre, Londres et Bruxelles auraient réciproquement reconnu leurs règles financières pour permettre un large accès à leurs marchés.

Les responsables européens se sont toutefois constamment opposés à cette idée au nom de l’indépendance de l’UE dans ses processus de décision. Ils considèrent aussi qu’un tel mécanisme offrirait au secteur financier britannique les avantages du marché unique sans ses obligations et ses coûts.

Miles Celic, le patron de TheCityUK, a déclaré que le point essentiel pour les entreprises du secteur financier était de pouvoir assurer une continuité dans les services fournis à leurs clients.

“La reconnaissance mutuelle aurait été le meilleur moyen d’y parvenir. Il est dès lors regrettable et frustrant que cette approche ait été abandonnée avant même d’être mise sur la table de négociation”, a-t-il dit. (Bertrand Boucey pour le service français)

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