July 4, 2018 / 2:08 PM / 3 months ago

Attaquée, Merkel défend le compromis sur la politique migratoire

BERLIN, 4 juillet (Reuters) - Angela Merkel a défendu mercredi le compromis conclu avec ses alliés de la CSU bavaroise sur la politique migratoire, répondant aux critiques des sociaux-démocrates, partenaires de sa coalition gouvernementale, et aux attaques du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui réclame sa démission.

Mardi soir, le Parti social-démocrate (SPD) d’Andrea Nahles a fait part de son scepticisme sur ce plan qui prévoit la création de centres de transit à la frontière avec l’Autriche, où les migrants ayant déjà demandé l’asile dans un autre pays de l’Union européenne seraient maintenus en attendant la conclusion d’accord bilatéraux sur leur renvoi.

Prenant la parole mercredi au Bundestag, Merkel a souligné que les Allemands avaient besoin d’être rassurés.

“Il faut mettre de l’ordre dans toutes les formes de migration afin que les gens voient que la loi est appliquée et respectée”, a lancé la chancelière allemande sous les applaudissements des députés conservateurs mais aussi les quolibets des élus de l’AfD.

Les migrants, notamment africains, qui viennent en Allemagne pour avoir une vie meilleure doivent pouvoir contribuer au développement de la société allemande “par l’étude et le travail”, a-t-elle ajouté.

“Il nous faut une loi sur l’immigration pour les travailleurs qualifiés, afin que tout le monde s’y retrouve. Sinon, il nous sera impossible de combattre le trafic d’êtres humains.”

Le SPD de centre gauche a demandé du temps pour étudier le compromis entre les deux partis conservateurs, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel et l’Union chrétienne-sociale (CSU) de son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer.

L’accord du SPD est nécessaire pour éviter un éclatement de la coalition tripartite difficilement mise en place à Berlin à la mi-mars, près de six mois après les législatives.

Les sociaux-démocrates sont hostiles à l’idée de camps fermés pour les migrants, comme l’a redit mercredi le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, qui a plaidé pour “une politique migratoire humanitaire et réaliste”.

RENCONTRE SEEHOFER-KURZ JEUDI

Dans une interview à la chaîne de télévision ARD, qui devait être diffusée mercredi soir, la chancelière précise que les migrants ne pourront être retenus plus de 48 heures dans les centres de transit à la frontière autrichienne.

Elle ajoute que les différends comme celui qui vient d’opposer la CDU à la CSU sur l’immigration ne menacent pas vraiment, selon elle, la survie de la coalition. “Je ne peux pas promettre qu’il n’y aura plus de disputes sur d’autres sujets, mais c’est quelque chose de normal pour un gouvernement qui rassemble trois partis”, a-t-elle dit.

“Cette fois-ci, ça a été lourd, et sur un sujet chargé d’émotion. Mais je crois vraiment que notre gouvernement fonctionne bien et je ferai en sorte que cela soit aussi vrai dans les années à venir.”

A l’extrême droite, la co-présidente de l’AfD, Alice Weidel, a réclamé la démission d’Angela Merkel et a présenté l’accord CDU-CSU comme “un ramassis de lieux communs qu’on veut nous vendre comme une ‘solution européenne’”.

Pour mettre l’accord en place, il faudra conclure des accords bilatéraux avec d’autres Etats européens, à commencer par l’Autriche.

Jeudi, Horst Seehofer, également président de la CSU, doit rencontrer le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Le même jour, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, également anti-immigration, est attendu à Berlin.

Seehofer, qui avait mis sa démission dans la balance lundi afin d’obtenir le compromis, s’est déjà entretenu par téléphone avec Kurz.

L’Autriche, par où transitent la plupart des migrants qui veulent gagner l’Allemagne, a fait savoir mardi qu’elle devrait probablement fermer ses frontières sud avec l’Italie et la Slovénie si l’accord allemand entre en vigueur.

Vienne craint que des contrôles plus stricts à la frontière allemande ne fassent grimper le nombre de migrants sur son propre territoire, faisant de l’Autriche une “salle d’attente” pour les migrants désireux de gagner l’Allemagne.

Horst Seehofer s’est aussi entretenu par téléphone avec son homologue italien Matteo Salvini, chef de file de la Ligue d’extrême droite. Les deux hommes ont décidé de se rencontrer avant le conseil des ministres européens de l’Intérieur du 11 juillet à Innsbruck. (Thomas Escritt; Guy Kerivel pour le service français)

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