July 3, 2018 / 5:52 AM / 5 months ago

LEAD 3-SocGen se renforce avec le pôle dérivés/gestion de Commerzbank

* L’activité a généré €381 mlns de revenus en 2017

* 500 salariés, €13 mds d’actifs sous gestion transférés chez SG

* Quelque €140 mds d’actifs avant l’opération chez Lyxor

* SG repart à l’offensive sur la BFI après un T1 difficile

* SG préfère les acquisitions ciblées à un “mega-deal” (Actualisé avec Séverin Cabannes, DG délégué, précisions)

par Jean-Michel Belot et Inti Landauro

PARIS, 3 juillet (Reuters) - La Société générale a annoncé mardi un accord avec la Commerzbank qui va lui permettre de renforcer son pôle de produits dérivés et de gestion d’actifs et de repartir à l’offensive après des résultats en demi-teinte au premier trimestre dans ses activités de marché.

Cette opération permettra à Commerzbank de réduire sa base de coûts de 200 millions d’euros d’ici fin 2020. Elle intervient alors que la deuxième banque allemande, toujours partiellement contrôlée par Berlin, est en pleine restructuration, tout comme Deutsche Bank, première banque du pays, qui a accusé trois pertes annuelles consécutives.

Depuis plusieurs années, la réduction des activités de marché de plusieurs banques européennes, dont les deux grandes allemandes, a essentiellement profité aux banques américaines, ainsi que, dans une moindre mesure, à BNP Paribas et la SocGen.

Pour la banque de La Défense, cette opération s’inscrit dans le cadre du plan stratégique présenté en novembre, qui repose essentiellement sur de la croissance organique. Il n’exclut pas toutefois des opérations de croissance externe ciblées, de taille moyenne, qui permettent de renforcer les points forts de la banque.

Le groupe écarte en revanche à ce stade les grandes opérations transfrontalières, jugées irréalistes en raison du niveau de fonds propres imposé par la régulation européenne.

“Cette acquisition est parfaitement en ligne avec notre plan. C’est une opération transformante pour notre implantation en Allemagne, et qui renforcera notre position de numéro 2 européen sur le marché en forte croissance des ETF. Au niveau du groupe cette opération reste de taille limitée”, a déclaré Séverin Cabannes, directeur général délégué, lors d’un entretien téléphonique avec Reuters.

“Nous considérons que les conditions ne sont pas actuellement réunies pour que des fusions ‘cross-border’ se fassent”, a-t-il également réaffirmé.

A 16h01, le titre Société générale gagnait 0,62% à 36,27 euros et celui de Commerzbank était quasiment stable (-0,18%) à 8,224 euros, alors que l’indice sectoriel européen gagnait 0,73%.

“Cette transaction n’est transformante ni pour la banque française ni pour l’allemande mais elle est tout de même marginalement positive selon nous”, estiment les analystes d’UBS dans une note.

“Elle permet à cette dernière de respecter son programme de réduction des coûts et à la première de consolider ses parts de marché sur son coeur d’activité à un prix raisonnable”, soulignent-ils.

PROFITER DE LA CROISSANCE DE LA GESTION PASSIVE EN EUROPE

L’accord porte sur les produits structurés et dérivés, les certificats et warrants ainsi que la gestion d’actifs de la Commerzbank dans le monde, y compris les activités de tenue de marchés, de vente et de structuration.

Il exclut en revanche les activités de courtage sur actions et de couverture de matières premières.

La Société générale, qui emploie déjà 3.500 salariés en Allemagne, met la main sur la plate-forme technologique de Commerzbank et se renforce sur la gestion passive via les ETF.

Le marché de la gestion passive est en très forte croissance en Europe, une tendance qui devrait se poursuivre en raison des contraintes de réglementation.

Les activités concernées, basées à Francfort, Londres, Hong Kong, Paris, Luxembourg et Zurich, ont dégagé en 2017 des revenus de 381 millions d’euros, les actifs sous gestion transférés s’élevant pour leur part à 13 milliards.

Quelque 500 salariés seront transférés chez SG où Lyxor, sa filiale de gestion, gère déjà 140 milliards d’euros d’actifs.

L’opération, dont le montant n’a pas été rendu public, aura un impact positif sur le rendement des fonds propres (ROTE) de la SocGen et un impact limité sur le ratio core equity tier one.

La banque française prévoit d’obtenir les autorisations réglementaires au deuxième semestre 2018, l’intégration des activités se faisant de manière progressive entre la fin 2018 et 2020.

Cette opération intervient alors que la Société générale a partiellement réglé ses litiges sur le Libor aux Etats-Unis, qui ont contraint au départ son directeur général délégué Didier Valet.

Au premier trimestre, les revenus de la Société générale sont restés stables dans la banque de détail en France, mais ils ont accusé une chute de 18% dans les activités de marché.

La performance sur les dérivés, habituel point fort du groupe, a été jugée décevante, même si elle s’explique par sa faible exposition aux Etats-Unis, où l’activité a été soutenue contrairement à l’Europe et l’Asie.

Le communiqué: bit.ly/2KEWyaa

Avec la contribution de Pascale Denis et de Sudip Kar-Gupta, édité par Benjamin Mallet

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