June 29, 2018 / 9:19 AM / 19 days ago

La BCE pourrait réinvestir davantage dans des échéances longues-sources

* La BCE veut limiter la baisse de la duration de son portefeuille-sources

* Elle pourrait dévier de la clé de répartition de ses achats

* Décision possible en juillet ou septembre

par Balazs Koranyi et Francesco Canepa

FRANCFORT, 29 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) envisage d’accroître ses achats d’obligations d’échéances longues à partir de l’an prochain afin de continuer à peser sur l’évolution des coûts du crédit en dépit de l’arrêt de sa politique d’assouplissement quantitatif, a-t-on appris de cinq sources proches de banques centrales de la zone euro.

Une telle initiative serait comparable à l’”Operation Twist” lancée par la Réserve fédérale en 2011, lors de laquelle la banque centrale américaine a substitué des titres longs à des titres courts dans son portefeuille obligataire afin de faire baisser les taux de marché et de soutenir l’activité économique.

Dans le cas de la BCE, il s’agirait de freiner le “vieillissement” naturel du portefeuille de près de 2.600 milliards d’euros détenu par la banque centrale et de conserver une influence sur l’évolution des rendements obligataires à long terme, un élément déterminant des coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages.

Les entretiens de Reuters avec cinq responsables de banques centrales montrent que la BCE est attentive à l’impact sur les taux longs de l’évolution de la duration de son portefeuille, qui va aller en diminuant au fur et à mesure des échéances lorsqu’elle aura cessé ses nouveaux achats.

L’institution envisage donc la possibilité d’augmenter, dans le cadre du réinvestissement du produit des échéances, ses achats d’obligations à dix ans et plus, ont dit ces responsables.

Elle pourrait aussi s’écarter occasionnellement de la “clé” de répartition de ses achats au prorata de la part de chacun des Etats membres de la zone euro à son capital, ont-ils précisé.

Cette option est jugée plus efficace que celle d’une augmentation des achats d’obligations d’entreprises, une piste jugée trop risquée par certains.

“L’idée est de maintenir autant que possible la duration du portefeuille”, a dit l’une des sources. “Ce ne serait donc pas la fin du monde si nous nous écartions de la clé de répartition.”

Elle a ajouté qu’une éventuelle déviation par rapport à cette clé serait de toute façon limitée et que la priorité de la BCE est de s’assurer une flexibilité optimale sans remettre en cause la politique fondamentale de réinvestissement.

Le sujet n’a pas été abordé lors de la réunion de politique monétaire du 14 juin, ont précisé les sources, ajoutant qu’une décision pourrait être adoptée en juillet ou en septembre.

Les réinvestissements sont considérés comme un volet de plus en plus mineur de la politique de la BCE, ont également dit les sources, suggérant ainsi que la priorité de la politique monétaire ira de nouveau aux taux d’intérêt.

La BCE a refusé de commenter ces informations.

Les réinvestissements de la BCE devraient atteindre 180 milliards d’euros l’an prochain, dont 50 milliards de titres émis par l’Allemagne, et les analystes s’attendent à ce que les réinvestissements se poursuivent jusqu’en 2021 au moins.

Au total, environ 15% du portefeuille d’obligations souveraines de la BCE arriveront à échéance d’ici 2019, et environ 40% sur les cinq prochaines années, selon les estimations de Goldman Sachs.

Avec Dhara Ranasinghe à Londres; Marc Angrand pour le service français, édité par Blandine Hénault

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