June 13, 2018 / 4:06 PM / 5 months ago

France-Les syndicats de cheminots étalent leurs divisions

PARIS, 13 juin (Reuters) - Les syndicats de cheminots ont étalé mercredi leurs divergences sur l’avenir du mouvement de grève contre la réforme du secteur ferroviaire, menaçant pour certains de briser l’unité qui règne depuis le début du conflit le 3 avril.

La CGT, CFDT, l’UNSA et Sud Rail se rencontraient pour une nouvelle réunion sur l’avenir de la grève intermittente annoncée initialement pour durer jusqu’au 28 juin. Le climat est toutefois particulièrement tendu entre les quatre organisations.

Sud Rail et la CGT souhaitent un durcissement du mouvement, tandis que la CFDT prône une trêve de la grève pendant la semaine du baccalauréat. L’UNSA ne s’est pas encore officiellement prononcée.

Sud Rail a annoncé qu’il “ne voyait pas l’intérêt d’une interfédérale” si la CFDT maintenait son appel lancé en solitaire mardi.

“On veut qu’on sortant de là, aujourd’hui, on parle plutôt de mettre la pression sur le gouvernement, on parle plutôt de gagner le retrait de cette réforme”, a déclaré son secrétaire fédéral, Bruno Poncet, alors que la réunion avait lieu.

L’UNSA a accusé pour sa part la CFDT de mettre les autres syndicats en “porte-à-faux”. Elle lui reproche sa volte-face sur le sujet de la trêve, alors qu’elle avait elle-même fait cette proposition lors de la dernière rencontre intersyndicale.

“Nous, on a toujours eu cette volonté de travailler jusqu’au bout du conflit en intersyndicale. Aujourd’hui, force est de constater que certains ont pris un autre chemin”, a déclaré le secrétaire général de l’UNSA Ferroviaire, Roger Dillenseger, au moment de rentrer en réunion.

Plusieurs dizaines de cheminots grévistes se sont retrouvés devant les locaux de la SNCF où se tient cette rencontre, dans le dixième arrondissement de Paris, pour manifester leurs craintes face à un arrêt possible du mouvement. Certains ont tenté de forcer l’entrée du bâtiment.

“On ne lâche rien”, a déclaré Anasse Kazib, adhérent Sud rail, mégaphone en main.

La CGT a fait savoir mardi qu’elle comptait proposer de nouvelles dates de débrayage.

Les députés s’apprêtaient mercredi à voter le projet de loi sur la réforme à l’Assemblée nationale adopté par la commission mixte paritaire (CMP) lundi. Les sénateurs voteront à leur tour le texte jeudi, mettant fin au processus législatif.

“A ceux qui veulent faire croire que cette réforme est une confiscation du dialogue social, nous avons répondu en intégrant dans le texte, sans remettre en cause les principes de la réforme, les propositions faites par les organisations syndicales issues de la concertation”, a déclaré la ministre des Transports juste avant le vote.

“Cette réforme va profondément transformer et refonder notre système ferroviaire, ce service public auquel les Français sont tous attachés”, a ajouté Elisabeth Borne. (Arthur Connan avec Caroline Pailliez et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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