June 13, 2018 / 2:56 PM / 3 months ago

LEAD 1-Le Maire tente de rassurer les salariés d'ADP sur le statut, l'emploi

* Le Maire hué et bousculé par des manifestants

* Le PDG d’ADP est sur la même ligne que le gouvernement (Actualisé avec précisions et déclarations supplémentaires)

TREMBLAY-EN-FRANCE, Seine-Saint-Denis, 13 juin (Reuters) - L e désengagement de l’Etat français du Groupe ADP sera sans effet pour les salariés de l’opérateur d’aéroports, ont assuré mercredi le ministre de l’Economie et des Finances ainsi que le PDG du groupe.

Hué et bousculé par une cinquantaine de manifestants à son arrivée au siège du groupe aéroportuaire, à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), où il a assisté à un comité exécutif du groupe, Bruno Le Maire s’est voulu rassurant à l’issue de cette réunion.

“Les salariés ont un statut (...) Ce statut ne sera pas remis en cause”, a-t-il déclaré à la presse.

“La raison principale (d’une cession de participation), c’est de permettre le développement international d’ADP et de faire d’ADP, demain, le leader mondial en matière aéroportuaire”, a ajouté le ministre.

Le PDG de Groupe ADP, Augustin de Romanet, a abondé dans son sens en assurant qu’il n’y aurait “strictement aucun effet direct sur l’emploi de cette privatisation.”

“Au contraire, nous souhaitons continuer à nous développer et donc à pouvoir être créateur d’emplois”, a-t-il précisé en soulignant qu’”il n’y a aucun lien entre un changement d’actionnaire et l’évolution des emplois du groupe”.

Saluant une “opération positive”, Augustin de Romanet a également voulu dissiper les inquiétudes sur le niveau d’engagement des futurs actionnaires.

“Il n’y a aucune raison pour que d’autres actionnaires que l’Etat ne soient pas supportifs des risques que nous prenons pour améliorer la qualité de service au quotidien”, a-t-il souligné.

“DEHORS”

Au lendemain de l’annonce d’une évolution du cadre législatif permettant à l’Etat de passer sous le seuil de 50% dans ADP, quelques dizaines de manifestants aux couleurs de la CGT, la CFE-CGC et FO avaient réservé un accueil houleux au ministre.

“On est chez nous”, “dehors”, “c’est une honte”, ont-ils crié à son arrivée en brandissant une banderole “Non à la privatisation des Aéroports de Paris”, avant de forcer l’entrée de l’entreprise quelques minutes plus tard.

Face aux inquiétudes des salariés, des clients et utilisateurs, mais aussi des élus locaux et des riverains préoccupés par l’arrivée d’un nouvel actionnaire au capital du gestionnaire des aéroports d’Orly et de Roissy-CDG, Bruno Le Maire a affiché sa volonté “de rassurer et d’apporter les explications pour que chacun comprenne bien le sens de cette opération”.

Il a notamment rappelé que le gouvernement était en train de définir un cahier des charges pour le futur concessionnaire, avec “un certain nombre de garanties de régulation fortes”, qu’il s’agisse des tarifs aéroportuaires qui seront encadrés ou du nombre de rotations aériennes qui sera maintenu ou de dispositions visant à garantir un niveau suffisant d’investissements, par exemple.

Bruno Le Maire a également souligné que le “caractère particulier de cette infrastructure”, qui est “une porte d’entrée sur le territoire français”, serait également pris en compte dans la définition de l’appel d’offres.

Interrogé sur le profil du repreneur, le ministre a cependant déclaré qu’il était “beaucoup trop tôt” pour évoquer ce sujet.

Bruno Le Maire a par ailleurs précisé avoir proposé aux syndicats, aux salariés et à la direction de participer à l’élaboration de ce cahier des charges pour l’”améliorer et tenir compte de toutes les inquiétudes”.

Le gouvernement a annoncé mardi que des dispositions permettant à l’Etat de se désengager d’ADP, Engie et la FDJ figureraient dans le projet de loi “Pacte” (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui sera présenté lundi prochain en conseil des ministres.

Ce texte ne sera pas adopté avant la fin de l’année 2018 et l’ampleur et les modalités des cessions ne seront déterminées que dans un deuxième temps.

Les fonds issus de ces opérations de cession - qui comporteront une “dimension importante” de titres pour les salariés et les actionnaires individuels - seront utilisés pour alimenter le fonds pour l’innovation de rupture et permettront également de contribuer au désendettement. (Myriam Rivet, avec Dominique Rodriguez, édité par Yves Clarisse)

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