April 30, 2018 / 4:30 PM / 5 months ago

LEAD 1-La faible inflation en Europe complique la tâche de la BCE

(Actualisé avec précisions, données sur l’Italie et le Portugal)

BERLIN, 30 avril (Reuters) - Les prix à la consommation ont augmenté plus faiblement que prévu en Allemagne, en Italie et au Portugal au mois d’avril, selon des données publiées lundi, ce qui complique le projet de la Banque centrale européenne de sevrer progressivement l’économie de la zone euro de ses injections de liquidités.

Un démantèlement du programme de 2.550 milliards d’euros de rachats d’obligations de la BCE d’ici la fin de l’année est largement attendu et son président Mario Draghi a exprimé sa confiance dans les perspectives économiques du bloc la semaine dernière à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs.

Mais une série d’indicateurs économiques plus faibles que prévu depuis le début de l’année fragilise ce projet fondé sur un taux d’inflation autour de 1,5% pour le restant de l’année.

“Le marché commence à douter et les données économiques le confirment”, dit Kenneth Broux, analyste à la Société générale. “Nous avons eu des mauvaises surprises tout au long du premier trimestre et il nous faudrait un retournement de tendance.”

Les hausses de prix en Italie et au Portugal ont atteint les rythmes dérisoires de, respectivement, 0,6% et 0,4% ce mois-ci, selon les premières estimations publiées lundi.

L’inflation en Allemagne, première économie d’Europe, a été plus proche des anticipations, tout en étant inférieure aux attentes, ce qui laisse présager une nouvelle déception lors de la publication des données de la zone euro prévue jeudi.

LE CRÉDIT AUX MÉNAGES DYNAMIQUE

L’indice des prix à la consommation harmonisé aux normes européennes (IPCH) a baissé de 0,1% en avril en Allemagne et n’a progressé que de 1,4% sur un an, contre une hausse de 1,5% en mars, montrent les données en première estimation publiées par l’office fédéral de la statistique (Destatis). Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une stabilité des prix sur un mois et une progression sur un an identique à celle de mars.

“Pour la BCE, les chiffres de l’inflation allemande annoncés aujourd’hui ne vont pas lui faciliter la vie”, souligne Carsten Brzeski, économiste de la banque néerlandaise ING.

“La fixation des derniers détails du QE (assouplissement quantitatif ou quantitative easing) devrait se compliquer.”

L’inflation espagnole publiée vendredi, à 1,1% sur un an, a déçu aussi et seule la France a apporté une bonne surprise avec un indice des prix harmonisés en hausse de 1,8%.

Après ces données mitigées, les économistes de Barclays ont abaissé lundi leur prévision d’inflation en zone euro pour avril de 10 points de base à 1,3% pour la ramener au niveau de l’estimation médiane des économistes interrogés par Reuters.

Mais toutes les données publiées lundi n’ont pas été mauvaises, avec notamment une croissance de 3,0% des crédits aux ménages en mars dans la zone euro, au plus haut depuis la crise financière, contre 2,9% en février, et de 3,3% aux entreprises (3,1% en février).

En revanche l’agrégat monétaire M3, un indicateur de la circulation monétaire en zone euro, a vu sa croissance ralentir à 3,7% en rythme annuel, contre 4,2% en février, reflétant la baisse des rachats d’obligations de la BCE, tandis que les ventes au détail allemandes se sont contractées. (Michelle Martin Juliette Rouillon, édité par Bertrand Boucey)

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