April 29, 2018 / 1:18 PM / 7 months ago

Air France-La CFDT dénonce une "prise en otage" par les pilotes

* Le personnel au sol trinquera, estime Laurent Berger

* Le conflit a coûté 300 millions d’euros à l’entreprise

* Le PDG d’Air France organise un référendum sur une proposition

* FO appelle à voter contre l’offre

PARIS, 29 avril (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a appelé dimanche ses membres à voter pour la fin du conflit chez Air France et dénoncé une “prise en otage” de la compagnie par le syndicat de pilotes majoritaire menant le mouvement.

“On a un syndicat majoritaire de pilotes qui s’appelle le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne, NDLR), qui prend tout le monde en otage”, a déclaré Laurent Berger au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews.

“Et ça va se passer comment à la fin, si on suit le SNPL? (...) les pilotes, on va leur donner de quoi s’en sortir et puis le personnel au sol, il trinquera. On aura des suppressions d’effectifs, on aura des réductions de personnel.”

Une grève intermittente pour demander une hausse des salaires est organisée par dix organisations de pilotes, hôtesses, stewards et personnels à Air France depuis le 22 février.

Le conflit a déjà coûté environ 300 millions d’euros à l’entreprise, estime la direction. L’intersyndicale a annoncé quatre nouvelles journées de débrayage les 3, 4, 7 et 8 mai.

La CFDT, premier syndicat d’Air France pour le personnel au sol, ne fait pas partie de l’intersyndicale car elle a déjà négocié un accord salarial dans l’entreprise, a expliqué Laurent Berger. Mais il estime que ce mouvement met en “grande difficulté” la compagnie aérienne qui fait déjà face “une concurrence énorme”.

UNE STRATÉGIE DE “CONTOURNEMENT”, DIT FO

Jean-Marc Janaillac, PDG de la maison mère Air France-KLM, a proposé une augmentation de 2% des salaires en 2018 puis une hausse de 5% sur les trois années suivantes. Il a annoncé le 20 avril le lancement d’une consultation de tous les salariés au sujet de son offre.

Ces derniers sont appelés à répondre à la question: “Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l’accord salarial proposé le 16 avril 2018?”.

Il a déclaré qu’il remettait son poste en jeu en cas de vote négatif. Le Premier ministre Edouard Philippe a salué jeudi la position “courageuse” du PDG d’Air France et a appelé à la responsabilité.

“La CFDT d’Air France dit : votons oui, ça ne résoudra pas le problème, mais au moins ça mettra aussi à l’écart un syndicat de pilotes (...) qui aujourd’hui entraîne Air France vers le fond.”

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO) élu vendredi, Pascal Pavageau, a appelé pour sa part à voter contre la proposition.

“La négociation, elle n’a pas eu lieu, elle ne s’est pas terminée”, a-t-il déclaré sur Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. FO représente une partie des personnels au sol et participe à l’intersyndicale.

Il estime que ce référendum est une stratégie de “contournement des organisations syndicales” et critique les propos du Premier ministre qui viennent, dit-il, “fausser l’intégralité (...) de toute capacité de négociation”.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a accusé la semaine dernière le patron d’Air France de vouloir dramatiser la situation et déplacer le problème. (Caroline Pailliez, édité par Danielle Rouquié)

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