April 19, 2018 / 2:42 PM / 5 months ago

GRAPHES -Les marchés entre changement de régime et trou d'air passager

* Les marchés hésitent depuis début février : bit.ly/2F1dTX5

* Possible changement de régime pour les uns : bit.ly/2H9Szoi

* Simple trou d'air passager pour d'autres : bit.ly/2J9JPex

19 avril (Reuters) - Les marchés hésitent depuis le regain d’aversion au risque de début février et doutent de la poursuite du scénario “boucle d’or” dans lequel une accélération synchronisée de la reprise mondiale accompagnée d’un redressement progressif de l’inflation sont censés permettre une normalisation graduelle des politiques monétaires sans entraver la hausse des actifs risqués.

Qu’il s’agisse de Wall Street, qui reste le marché directeur des Bourses mondiales, du dollar, qui semble avoir trouvé un seuil de résistance à la baisse, ou des rendements à long terme, qui marquent le pas, les signes d’une hésitation des investisseurs ne manquent pas.

Graphique : bit.ly/2F1dTX5

Les tenants d’un changement de régime que les politiques procycliques de l’administration américaine rendent inéluctable prédisent une poussée de l’inflation à laquelle répondrait un nécessaire durcissement des politiques monétaires, sonnant la fin du marché haussier pour les actions.

“L’inflation pourrait accélérer à court terme, tandis que (...) la croissance mondiale, qui montre des signes de ralentissement, pourrait être impactée par le resserrement monétaire”, prévient Witold Bahrke, stratégiste chez Nordea Asset Management.

“Les marchés pourraient donc être doublement pénalisés par la baisse de la croissance et la hausse des taux, associées à une volatilité plus forte et des rendements ajustés du risque plus faibles”, ajoute-t-il.

Pour lui, “les risques de correction demeurent élevés et la plupart des actifs sont chers.”

Graphique : bit.ly/2H9Szoi

SURPRISES ECONOMIQUES : LE TEMPS DU REBOND ?

De leur côté, les économistes de TS Lombard constatent que “les signes d’un ralentissement de la dynamique de croissance de l’économie mondiale, la montée du protectionnisme et un resserrement des conditions de financement en dollar conduisent les investisseurs à redouter que nous n’ayons atteint un point de retournement majeur dans le cycle”.

Les indices de surprises économiques, qui suivent les écarts entre les attentes des économistes et les données macroéconomiques effectivement publiées, n’ont cessé de se dégrader depuis le début de l’année, en particulier dans la zone euro, rappellent-ils, au point d’atteindre des niveaux auxquels un rebond semble envisageable.

Graphique : bit.ly/2J9JPex

“Nous ne voyons pas de motifs à ce stade de modifier fondamentalement notre perspective macroéconomique positive”, écrivent-ils dans une note.

“Le commerce mondial est en plein boom et bien que les indices des directeurs d’achat (PMI) se soient orientés à la baisse en 2018, ils demeurent cohérents avec une croissance solide”, poursuivent-ils.

“La vigueur généralisée sur le plan macroéconomique empêche une appréciation du dollar et préserve des conditions de liquidité à l’échelle mondiale accommodante malgré le resserrement en cours de la politique monétaire américaine”, soulignent-ils.

Même optimisme de la part de Valentijn van Nieuwenhuijzen, responsable des investissements de la société de gestion NN Investment Partners.

“Les marchés ont eu un parcours volatil et nous sommes passés de semaines marquées par la crainte d’une escalade dans les conflits commerciaux et des phases de tensions géopolitiques à des périodes caractérisées par plus de pragmatisme de la part des dirigeants internationaux, dont les investisseurs ont profité pour prendre du recul et retrouver leur calme”, résume-t-il.

“La croissance est élevée et généralisée et les taux de chômage continuent de diminuer dans l’ensemble, pour retrouver des niveaux inconnus au cours des 20 dernières années tandis que l’inflation demeure modérée”, poursuit-il.

Pour lui, “ce cocktail macro alimente la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs et crée les conditions de perspectives de croissance solides et stables.”

Il constate lui aussi que les données conjoncturelles ne surprennent plus favorablement et qu’elles déçoivent plus qu’elles ne l’ont fait depuis 18 mois.

“C’est la raison pour laquelle certains ont commencé à se demander si nous n’étions pas à un point de retournement du cycle, les déceptions sur les indicateurs annonçant un ralentissement de la croissance voire même une récession à venir”, relève Valentijn van Nieuwenhuijzen.

“Il est trop tôt pour parier sur un tel scénario et il est difficile de voir émerger des facteurs majeurs d’interruption du cycle d’ici la fin de cette année”, estime-t-il.

“Les marchés du travail ne sont pas encore en surchauffe, les banques centrales ne sont pas en retard dans la normalisation de leur politique - il n’y a qu’à regarder l’inflation - les dépenses d’investissement n’ont rien d’excessif, les profits des entreprises sont solides et leur niveau d’endettement n’est dans l’ensemble pas exagéré non plus.”

Sources :

* Staying Constructive, Global economic expansion is “on”. TS Lombard. Avril 2018.

* Be balanced. Global Strategy. House View. NN Investement Partners. 18 avril 2018.

* Macroéconomie et marchés financiers : 2018, retournement de cycle en vue ? Nordea Asset Management. Avril 2018 (Marc Joanny, édité par Marc Angrand)

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