April 17, 2018 / 11:18 AM / 3 months ago

GRAPHES-La hausse du pétrole peine à convaincre, un signe pour le dollar

PARIS, 17 avril (Reuters) - La récente hausse du pétrole peine à convaincre les investisseurs qu’elle sera durable, ce qui pourrait constituer un signal de poursuite de la baisse du dollar et, à moyen terme, de tassement de la croissance américaine.

Le regain de tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, est allé de pair avec une nouvelle progression des prix du pétrole, celui du baril de Brent s’installant ainsi au-dessus de 70 dollars.

Mais, le mouvement peine à convaincre les investisseurs actions. Ainsi l’indice l’indice TSX Composite de la Bourse de Toronto, dont l’évolution est habituellement assez étroitement corrélée à celle du cours du baril, n’a pas suivi le dernier mouvement de hausse.

Même en l’absence de nouvelles tensions géopolitiques, les prix du pétrole sont soutenus par les caractéristiques du marché, rappellent les analystes de la société de gestion allemande DWS.

Ils rappellent que l’évolution des cours du baril dépend de l’écart entre l’offre et la demande de pétrole physique: en 2014, les prix du pétrole ont clairement suivi la chute de la demande, passant de plus de 100 dollars le baril à moins de 30 dollars début 2016, notent-ils.

À l’inverse, au cours des douze derniers mois, la demande physique a de nouveau dépassé l’offre, en partie sous l’effet de l’accord entre les pays membres de l’Opep et certains pays non-membres comme la Russie mais à l’exception notable des Etats-Unis et du Canada, provoquant une baisse des stocks et une remontée des prix du pétrole.

Soulignant que la production américaine continue d’augmenter, DWS juge improbable le scénario d’une explosion des prix du pétrole.

Les prévisionnistes de Barclays s’attendent même à une rechute des cours du pétrole d’ici la fin de l’année sur la base de leurs anticipations de la dynamique de l’offre.

“Nous nous attendons à ce que la prochain mouvement des prix du pétrole soit à la baisse, mais pas immédiatement”, préviennent-ils.

“Les risques du côté de l’offre en provenance d’Iran si le président américain Donald Trump refuse de prolonger l’accord sur le nucléaire iranien et du Venezuela en pleine crise politique pourraient maintenir le marché en alerte dans les prochains mois”, estiment-ils.

Mais le cours du baril de Brent pourrait revenir selon eux dans la zone des 55-60 dollars au deuxième semestre en raison d’un moindre respect de la discipline en matière de production par les participants à l’accord Opep/non-Opep mais aussi avec la hausse de la production nord-américaine.

“Les stocks devraient repartir à la hausse dans la seconde partie de l’année, exerçant une pression baissière sur les cours”, expliquent-ils.

Mais les cours du pétrole sont aussi étroitement liés à l’évolution du dollar, la relation inverse entre leur évolution et celle de l’indice de la devise américaine contre six autres grandes monnaies internationales ne s’étant rompue que fin 2016 dans la foulée de l’élection de Donald Trump.

Après un point haut touché début 2017, le dollar n’a depuis cessé de se déprécier, un mouvement qui est allé de pair avec l’écrasement de courbe des taux aux Etats-Unis.

La hausse des taux directeurs par la Réserve fédérale et la perspective d’une poursuite de ce mouvement de normalisation monétaire n’ont pas entraîné de hausse des rendements à long terme, ce qui a alimenté les anticipations d’un ralentissement à venir de la croissance américaine, d’autant que le cycle d’expansion actuel est particulièrement long.

Comme pour conforter ce scénario d’un tassement à venir de l’expansion américaine en dépit de la relance budgétaire voulue par Donald Trump et validée par le Congrès à la fin de l’année dernière, le marché à terme sur les taux de l’euro-dollar à trois mois vient de dater la fin du cycle de resserrement monétaire en cours.

L’écart entre l’échéance décembre 2020 sur les taux de l’euro-dollar à trois mois et l’échéance mars 2021 est en effet passé en territoire négatif, signalant que le début 2021 devrait marquer le pic des taux à court terme aux Etats-Unis.

Un retournement de la courbe des taux ne serait pas sans conséquence sur le dollar et la perspective d’un ralentissement de la croissance américaine, qui reste motrice pour la croissance mondiale, pas sans conséquence sur la demande de pétrole.

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Sources :

* La récente hausse des prix du pétrole ne doit pas être sur-interprétée. Chart of the week. DWS. 16 avril 2018

* Oil : Anchors aweigh. Global Outlook overview. Barclays. 27 mars 2018

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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