April 17, 2018 / 3:17 AM / 6 months ago

SYNTHESE-Chine-Croissance de 6,8% au T1, soutenue par la consommation

* Croissance supérieure aux attentes (+6,7%)

* Consommation robuste, solides exportations

* Certaines données de mars suggèrent un ralentissement à venir (Actualisé avec précisions, production industrielle)

par Elias Glenn

PEKIN, 17 avril (Reuters) - L’économie chinoise a progressé au premier trimestre sur un rythme annuel de 6,8%, légèrement plus élevé que prévu, soutenue par la consommation des ménages, les exportations et les investissements immobiliers, d’après les statistiques officielles publiées mardi.

La solidité de la deuxième économie mondiale devrait continuer de soutenir la croissance mondiale un certain temps, même si les tensions commerciales entre Pékin et Washington pourraient coûter des milliards de dollars aux entreprises.

Mais les économistes estiment toujours que l’économie chinoise marquera le pas dans les prochains trimestres. Pékin oblige les autorités locales à revoir à la baisse leurs projets d’infrastructures pour réduire leur endettement et le marché immobilier ralentit en raison d’une réglementation plus stricte destinée à lutter contre la spéculation.

La consommation, qui a représenté presque 80% de la croissance au premier trimestre, a largement contribué à ce résultat alors que les risques pesant sur les exportations augmentaient.

Les ventes au détail pour le mois de mars se sont accrues de 10,1% par rapport à mars 2017, leur rythme le plus élevé depuis quatre mois, grâce notamment aux achats de meubles, d’appareils ménagers et de cosmétiques.

“Les ventes au détail renseignent sur la consommation. La progression n’est pas saisonnière - si vous observez les cosmétiques, les vêtements, l’automobile, la tendance perdure depuis quelques mois”, relève Iris Pang, économiste chez ING.

“La consommation est vraiment forte, il y a une forte croissance des salaires dans les zones urbaines”, ajoute-t-elle. “Nous avons sous-estimé la puissance de la consommation en Chine.”

La croissance du PIB a également été alimentée par de solides exportations, notamment en direction des Etats-Unis où elles ont bondi de 14,8% en rythme annuel. Certains analystes estiment que les entreprises les ont accrues en raison des menaces de taxes douanières.

“Nous ne voyons pas que les tensions entre les Etats-Unis et la Chine) entraîner une guerre commerciale mondiale, mais nous ne pensons pas non plus que l’incertitude va se dissiper et nous anticipons des négociations compliquées. L’impact d’éventuels tarifs douaniers est assez limité, particulièrement cette année”, souligne Haibin Zhu, chef économiste pour la Chine chez JP Morgan à Hong Kong.

“Même dans le pire scénario, dans lequel les deux pays commencent à appliquer des taxes sur 50 milliards de dollars d’importations, nous ne parlons que de quelques dixièmes de point de pourcentage, et il est probable qu’elles ne commenceront à affecter l’économie qu’en fin d’année et en 2019.”

LES RISQUES FINANCIERS PERDURENT

La croissance chinoise, inchangée par rapport au quatrième trimestre 2017, est légèrement supérieure aux attentes des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur un chiffre de 6,7%.

Sur une base trimestrielle, le produit intérieur brut a gagné 1,4% entre janvier et mars contre 1,6% sur la période octobre-décembre.

La croissance reste au-dessus des prévisions de l’exécutif chinois, qui prévoit une hausse du PIB de l’ordre de 6,5% sur l’ensemble de l’année 2018.

Cette performance laisse au gouvernement une marge de manoeuvre pour réduire les risques pesant sur le système financier et lutter contre la pollution sans ralentir la croissance.

Les autorités se sont engagées à poursuivre leur politique visant à réduire l’endettement des entreprises, bien qu’elles aient agi prudemment pour ne pas freiner l’activité économique.

Pékin a également poursuivi sa campagne de fermeture d’usines très polluantes, tentant parallèlement d’encourager une croissance plus durable et de meilleure qualité dans des secteurs comme les hautes technologies.

La production industrielle a progressé de 6,0% en mars sur un an, moins qu’attendu et à son rythme le plus faible depuis sept mois. Les économistes s’attendaient en moyenne à ce que sa hausse ralentisse à 6,2% après un bond de 7,2% sur les deux premiers mois de l’année.

LE MARCHÉ IMMOBILIER RALENTIT

Les chiffres du marché immobilier, un contributeur important à la croissance, sont mitigés mais reflètent les effets de la politique gouvernementale.

La progression des investissements immobiliers a accéléré à 10,4% au premier trimestre, plus forte progression en trois ans, contre 9,9% sur janvier-février et 9,1% sur la même période de l’année dernière.

Les analystes estiment qu’une hausse significative des prix fonciers et les incitations gouvernementales à la construction de logements sociaux ont pu contribuer à cette progression et à un bond des mises en chantier.

Les ventes de logements continuent toutefois à ralentir, sur fond de mesures gouvernementales visant à enrayer l’envolée des prix de l’immobilier. Les ventes en surface ont augmenté de 3,6% au premier trimestre, en baisse par rapport au début de l’année.

Les investissements dans les actifs fixes ont également marqué le pas, Pékin demandant aux gouvernements locaux de ne pas s’engager dans des longs emprunts.

Leur hausse a ainsi ralenti à 7,5% au premier trimestre alors qu’elle était prévue à 7,6% après +7,9% en janvier-février. L’investissement privé, qui représente 60% du total des investissements en Chine, a toutefois accéléré sa hausse avec +8,9% en janvier-mars contre +8,1% sur les deux premiers mois de l’année.

En dépit de cette performance trimestrielle meilleure que prévu, les économistes, qui considèrent les tensions commerciales et les durcissements réglementaires comme des risques majeurs, estiment que l’économie chinoise devrait ralentir à 6,5% cette année, selon une enquête réalisée par Reuters auprès de 72 d’entre eux.

Ils sont notamment 90% à penser que les frictions commerciales avec les Etats-Unis, premier débouché pour les exportations chinoises, auront un impact dommageable sur l’économie.

Voir aussi :

BREAKINGVIEWS-China’s two-track money policy hangs over economy

Henri-Pierre André et Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique Tison

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