April 12, 2018 / 12:19 PM / 8 days ago

LEAD 2-Macron assure qu'il ira "au bout" de sa réforme de la SNCF

(Répétition technique)

* Le chef de l’Etat défend les points controversés de la réforme

* Il affiche sa détermination et appelle les syndicats au “calme”

* La dette reprise “pour partie” et “progressivement”

PARIS, 12 avril (Reuters) - Emmanuel Macron a affiché jeudi sa détermination à aller “au bout” de la réforme de la SNCF et appelé les syndicats “au calme” après dix jours d’une grève qui paralyse par intermittence le réseau ferroviaire français.

Lors de son interview au 13-Heures de TF1, le chef de l’Etat a défendu les points brûlants du projet de transformation de la compagnie ferroviaire, comme la suppression du statut des cheminots pour les nouvelles recrues et l’ouverture à la concurrence programmée dans les années à venir.

“On ira au bout dans le respect de chacun, dans la considération et sans que nul n’oppose les Français entre eux”, a-t-il dit. “Parce que c’est ce que notre pays attend.”

Dans un plaidoyer pour une “SNCF forte”, il a ajouté que les syndicats à l’origine de la grève - CGT, Unsa, Sud et CFDT - avaient toute leur place dans le dialogue social, tout en les appelant à ne pas céder à des “fausses peurs”.

“N’ayez pas de craintes illégitimes, la SNCF restera à 100% publique, ce sera dans la loi, et les cheminots qui sont aujourd’hui cheminots resteront cheminots”, a poursuivi le président français.

“Je leur demande aussi d’avoir toute la considération qu’il faut pour nos concitoyens qui la subissent, pour les entreprises qui peuvent tomber à cause de cette grève”, a encore déclaré Emmanuel Macron sur TF1.

“Donc je les appelle plutôt au calme en leur disant que je les ai entendus mais que la bonne réponse, ce n’est pas d’arrêter de faire la réforme, c’est de la faire ensemble.”

Les organisations représentatives ont lancé le 3 avril une grève d’un genre inédit sur les rails, avec un calendrier de deux jours d’arrêt de travail par tranche de cinq, pour protester contre le projet porté par la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

La grève doit reprendre ce jeudi à 20h00 (18h00 GMT).

Au-delà du contenu de la réforme, les syndicats dénoncent la méthode de l’exécutif, qui organise selon eux des concertations de pure forme depuis le début du mois de mars et resterait sourd à leurs suggestions.

LES SYNDICATS PAS CONVAINCUS

Ils réclament par ailleurs un geste de l’Etat sous la forme d’une reprise de la dette de l’entreprise - 47 milliards d’euros pour la seule SNCF Réseau, ce à quoi le gouvernement répond par une promesse à long terme et non chiffrée.

“Elle sera pour partie et progressivement reprise à mesure que ces réformes se feront”, a dit Emmanuel Macron.

Parallèlement au conflit social, la réforme suit son cours à l’Assemblée nationale, où son examen devrait être prochainement adoptée en première lecture avant un vote solennel le 17 avril.

Pour le secrétaire fédéral de Sud-Rail, la déclaration d’Emmanuel Macron au sujet de la dette ne fait que figure de promesse.

“Aujourd’hui on nous dit réformez-vous, faites des efforts et on verra pour la dette qu’on vous a mise sur le dos, (...) comment on vous l’enlève après. Pour nous, aujourd’hui, il n’en est pas question”, a-t-il déclaré sur BFMTV.

Pour le secrétaire général de la CFDT cheminots, Didier Aubert, les annonces du chef de l’Etat “ne sont pas de nature à répondre aux enjeux de cette réforme du ferroviaire”.

Emmanuel Macron utilise, selon lui, la rhétorique habituelle de l’exécutif selon laquelle “la transformation du statut de l’entreprise, la suppression du statut des cheminots, seront de nature à régler tous les dysfonctionnements que rencontrent les usagers dans les trains quotidiens”.

“En aucun cas il n’a fait d’annonce qui permettrait de financer les infrastructures ferroviaires, de libérer la SNCF de cette dette qui l’empoisonne dans le cadre de son budget et de son financement”, a-t-il dit sur BFMTV.

Le trafic sur le réseau devrait par ailleurs être moins perturbé vendredi, nouvelle journée d’une série de grèves. Le taux de déclaration de grévistes était de 38% soit dix points de mois que lors des précédents épisodes de débrayage. (Simon Carraud, avec Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)

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