April 11, 2018 / 1:22 PM / in 4 months

CORR-Un rapport de la BCE plaide pour une garantie commune des dépôts

(Retire l’Italie de la liste des pays concernés au §7)

FRANCFORT, 11 avril (Reuters) - Les clients des banques de la zone euro sortiraient indemnes d’une crise financière plus grave que celle de 2007-2009 si les Etats membres s’entendaient sur un mécanisme commun de garantie des dépôts, est-il écrit dans un rapport de la Banque centrale européenne (BCE) publié mercredi.

Ce document s’attache à répondre à certaines objections qui bloquent depuis des années la création de ce système européen de garantie des dépôts (EDIS, selon son acronyme anglais), telles que la réticence de l’Allemagne et d’autres pays à devoir un jour payer la facture de défaillances survenues ailleurs.

Ce système, l’un des volets non abouti du projet d’union bancaire européenne, serait destiné à garantir à hauteur de 100.000 euros les dépôts dans toutes les banques de la zone euro via un fonds (DIF) alimenté par les établissements bancaires eux-mêmes et soutenu par les Etats.

Les auteurs du rapport publié par la BCE affirment qu’un fonds de 38 milliards d’euros, conformément aux propositions de la Commission européenne, ne serait pas épuisé même si 10% des banques les plus fragiles de la zone euro s’effondraient en même temps et que l’ensemble du secteur subissait des pertes bien plus importantes que lors de la dernière crise.

Cela signifie que seul l’argent versé par les banques serait mobilisé sans avoir besoin de mettre à contribution les contribuables.

“Les résultats indiquent qu’un DIF pleinement financé serait suffisant pour couvrir les indemnisations même dans le cas de crises très graves, plus graves même que la crise financière mondiale de 2007-2009”, écrivent les six économistes auteurs du rapport.

DÉBATS SUR FOND DE SUCCESSION DE MARIO DRAGHI

Ils estiment aussi que le cas d’une banque recevant plus qu’elle n’a versé ne pourrait survenir que dans les scénarios les plus extrêmes et seulement en Grèce, en Espagne, en Belgique, à Chypre, à Malte et, pour un cas particulier, au Luxembourg.

“L’EDIS offrirait des avantages importants en termes de protection des déposants tout en présentant des risques limités (...) étant donné que la probabilité et la magnitude des interventions seraient probablement faibles”, jugent-ils.

Ces prédictions se fondent sur l’hypothèse selon laquelle la contribution des banques au fonds dépendrait de leur niveau de risque. Les banques allemandes seraient les plus mobilisées, en valeur absolue, avec 12,5 milliards d’euros.

Les débats autour de cette garantie commune des dépôts, une idée défendue depuis longtemps par la BCE, pourraient aussi peser dans le choix du successeur de Mario Draghi à la présidence de l’institut de Francfort.

Pour certains analystes, les réticences de l’Allemagne à une telle mutualisation des risques pourraient jouer en défaveur de Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, considéré comme le favori pour succéder à Mario Draghi.

Le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas et la Suède ont aussi réclamé que les banques de la zone euro réduisent leur exposition aux risques avant de lancer tout système de garantie commune des dépôts. (Francesco Canepa Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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