April 11, 2018 / 11:47 AM / 8 months ago

Le rouble au plus bas depuis 2016, les sanctions US pèsent toujours

* Le rouble baisse face au dollar et à l’euro

* Le ministère des Finances a suspendu ses achats de devises

* Un impact sur les entreprises visées, mais aussi pour des groupes étrangers

par Andrey Ostroukh

MOSCOU, 11 avril (Reuters) - Le rouble a touché mercredi son plus bas niveau depuis 2016 face au dollar, pénalisé par les nouvelles sanctions américaines, en dépit de la hausse des prix du pétrole.

Les marchés russes souffrent depuis vendredi de l’annonce par Washington de sanctions visant plusieurs groupes et entités russes ainsi que des hommes d’affaires et des responsables politiques proches de Vladimir Poutine.

Les entreprises sanctionnées perdent tout accès direct au marché américain.

Le rouble, qui se traitait avant les sanctions autour de 58 pour un dollar, est tombé mercredi à 65,05, son plus bas niveau depuis le 29 novembre 2016. Il porte ainsi à plus de 11% sa chute depuis vendredi.

Aux sanctions américaines, liées aux soupçons d’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, est venue s’ajouter la perspective de tirs de missiles occidentaux contre des objectifs du régime syrien après l’attaque chimique présumée de samedi à Douma, près de Damas, un dossier qui implique Moscou, principal allié militaire du régime de Bachar al Assad.

Mercredi, le président américain, Donald Trump, s’en est pris directement à la Russie dans ce dossier, en la prévenant sur Twitter que “les missiles arrivent”.

LA RUSSIE PRIVÉE DE L’IMPACT POSITIF DE LA HAUSSE DU PÉTROLE

Selon les données de la banque centrale russe publiées mercredi, le ministère des Finances n’a acheté aucune devise étrangère lundi, ce qui suggère que le recul du rouble préoccupe les autorités monétaires.

La banque centrale, qui procède d’habitude quotidiennement à des achats de devises pour le compte du ministère des Finances, a expliqué que cette suspension s’expliquait par des raisons variées, dont une grande volatilité des marchés.

Vers 11h30 GMT, le rouble était en baisse de 2,77% par rapport au billet vert à 64,77. Face à l’euro, la monnaie russe reculait de 3,06% à 80,235, au plus bas depuis mars 2016.

Au même moment, l’indice RTS de la Bourse de Moscou perdait 2,72% à 1.061,13 points, non loin du plus bas de près de huit mois touché mardi.

“Les indicateurs macroéconomiques suggèrent que le rouble est considérablement sous-évalué,” écrit Otkritie Brokerage dans une note.

Les investisseurs ignorent notamment la hausse des prix du pétrole, principale exportation de la Russie. Le baril de Brent se traitait aux alentours de 70,70 dollars mercredi. La dernière fois que l’or noir avait atteint ce cours, en mars dernier, le rouble se traitait à 57 pour un dollar.

“Aux niveaux actuels des cours du pétrole, le rouble paraît fondamentalement sous-évalué: selon notre modèle, il ne devrait pas dépasser 58”, expliquent les analystes de VTB Capital dans une note.

“Cependant, plus que tout autre facteur, ce qui joue actuellement sur le rouble/dollar, ce sont les flux, qui pourraient bien rester orientés à la vente si les opérations de couverture persistent.”

NOUVELLE MAUVAISE NOUVELLE POUR RUSAL

Les dernières sanctions américaines contre 17 oligarques et 12 entreprises qu’ils contrôlent ou possèdent, ont accru la volatilité et l’incertitude sur les marchés russes, obligeant déjà plusieurs multinationales à modifier certains de leurs projets.

La filiale russe de Volkswagen Bank a par exemple reporté une émission d’obligations de cinq milliards de roubles en raison des conditions de marché défavorables, selon Interfax.

De son côté, Novatek, premier producteur indépendant de gaz du pays, a dit avoir racheté mardi 482.840 de ses propres actions. Le titre était tombé lundi à 656,3 roubles, près de 15% en dessous du niveau auquel il s’échangeait avant l’annonce des sanctions.

Sberbank, la première banque de Russie, a elle aussi procédé à des rachats d’actions, pour 45 millions de roubles selon un document boursier.

L’action du géant de l’aluminium Rusal, visée par les sanctions, a perdu 1,6% mercredi en Bourse de Moscou, portant à 34% sa chute depuis vendredi.

L’opérateur de marché CME Group a retiré à Rusal son statut de contrepartie pour ses contrats à terme sur l’aluminium; mardi, le London Metal Exchange (LME) avait déjà retiré l’aluminium du groupe russe de sa liste de contreparties homologuées.

UBS et Credit Suisse ont par ailleurs annoncé mercredi cesser de traiter des actions du groupe suisse de construction mécanique Sulzer, dont le principal actionnaire est le milliardaire russe Viktor Vekselberg, qui figure lui aussi sur la liste des sanctions.

Andrey Ostroukh; Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Marc Angrand

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