April 11, 2018 / 12:15 AM / 3 months ago

Zuckerberg: Facebook subit une transformation "philosophique"

(Actualisé à la fin de l’audition)

par Dustin Volz et David Ingram

WASHINGTON/SAN FRANCISCO, 11 avril (Reuters) - Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a réitéré mardi ses excuses et assuré aux sénateurs américains que le réseau social s’efforçait de changer à la suite du détournement des données de dizaines de millions d’utilisateurs, s’employant ainsi à préserver sa société de toute réglementation plus stricte à son égard.

Le magnat de l’internet de 33 ans a été auditionné pendant 4h30 mardi par deux commissions sénatoriales, au Commerce et à la Justice, et a dû s’exprimer sur une variété de sujets, allant de la manière dont Facebook a géré l’ingérence russe présumée dans la campagne présidentielle américaine de 2016 au droit à la vie privée en passant par les discours d’incitation à la haine.

“Nous traversons un grand changement philosophique au sein de la société”, a dit Zuckerberg, vêtu pour l’occasion d’un costume-cravate sombre en lieu et place de ses habituels T-shirt et jeans.

Le patron de Facebook a au passage contesté le fait qu’avec ses deux milliards d’utilisateurs, sa société soit en situation de monopole. “Ce n’est certainement pas ce que je ressens”, a-t-il dit.

John Thune, président de la commission sénatoriale au Commerce, à la Science et aux Transports, est rapidement passé à l’offensive.

“Par le passé, nombre de mes collègues, des deux côtés de l’assemblée, étaient disposés à laisser les entreprises technologiques entreprendre de s’auto-réguler; mais ça pourrait bien changer”, a-t-il dit.

Zuckerberg a rétorqué qu’une réglementation plus stricte pourrait compliquer la création de nouvelles start-ups, tout en reconnaissant que la réponse de Facebook n’avait pas été à la hauteur des enjeux.

Le réseau social est en pleine tourmente depuis qu’un lanceur d’alerte a révélé mi-mars que les données de 50 millions de ses utilisateurs avaient été détournées au profit de Cambridge Analytica, un cabinet britannique de conseil politique ayant notamment travaillé pour Donald Trump lors de la dernière campagne présidentielle aux Etats-Unis.

Le 4 avril, Facebook a lui-même revu à la hausse le nombre d’utilisateurs affectés, à 87 millions.

A cela s’ajoutent les soupçons d’utilisation du réseau social par la Russie pour peser sur l’élection présidentielle américaine de novembre 2016.

Zuckerberg, qui a fondé Facebook en 2004 alors qu’il était à Harvard, tente de prouver à ses détracteurs qu’il doit rester à la barre de ce qui est devenu l’une des plus grosses entreprises de la planète.

A cette fin, il a apporté son soutien vendredi à un projet de loi obligeant les médias sociaux à révéler l’identité des acheteurs de publicités électorales en ligne.

L’action Facebook a terminé la séance de mardi sur un gain de 4,5%, le plus élevé depuis le 28 avril 2016. Elle perdait toutefois 0,2% dans les transactions post-clôture. (avec la contribution de David Ingram, David Shepardson et Amanda Becker Claude Chendjou et Wilfried Exbrayat pour le service français)

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