April 10, 2018 / 7:48 PM / 10 days ago

Paris et Ryad concluent un nouveau "partenariat stratégique"

* Fin de la visite de trois jours de “MBS” à Paris

* Douze protocoles d’accords signés

* Opération séduction du prince, concurrence américaine

PARIS, 10 avril (Reuters) - Emmanuel Macron et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohamed ben Salman ont conclu mardi un nouveau “partenariat stratégique” entre leurs deux pays, principalement axé sur la culture et le tourisme, renvoyant à la fin de l’année de potentielles annonces de contrats économiques.

La marge de manoeuvre commerciale de la France est étroite depuis l’élection aux Etats-Unis de Donald Trump, qui a opéré un rapprochement avec le nouvel homme fort du royaume ultraconservateur après une présidence Obama marquée par un désengagement mal vécu par Ryad.

Mohamed ben Salman, qui a passé trois semaines outre-Atlantique où il a été reçu à la Maison blanche avant d’enchaîner les rencontres avec les grandes entreprises de la Silicon Valley et les milieux financiers, n’a pas caché sa volonté de faire à nouveau de Washington le partenaire privilégié de son pays.

Face à cette nouvelle donne, Emmanuel Macron a défendu, à l’issue d’un entretien en tête-à-tête avec “MBS” à l’Elysée, une “troisième voie” dans les relations entre Ryad et Paris, qui est à l’heure actuelle le huitième fournisseur de Ryad, loin derrière la Chine, les Etats-Unis ou le Japon.

“La dernière décennie, il faut bien le dire, a mis un peu entre parenthèses cette relation bilatérale que ce soit pour privilégier d’autres partenaires dans la région ou en tentant de la réinventer en faisant de l’Arabie saoudite exclusivement un client à gros contrats”, a-t-il déclaré.

“Il y a une troisième voie qui est d’avoir une stratégie commune, de partager des accords et des désaccords, c’est la méthode que nous avons décidé d’adopter”, a-t-il souligné.

A ses côtés, “MBS”, qui a engagé un vaste programme de réforme visant notamment à diversifier une économie saoudienne trop dépendante du pétrole dans un contexte de baisse des cours de l’or noir, a évoqué un “partenariat très important”.

“Les intérêts saoudiens et français sont nombreux en matières politique, de défense, de renseignement, économique, culturel”, a-t-il souligné. “La concertation politique et l’action politique entre nos deux pays sont très importants, de part notre position au Moyen-Orient, dans le monde musulman et dans le monde arabe, et de part la position de la France en Europe”.

PROJETS D’INVESTISSEMENTS

Au total, douze protocoles d’accords ont été conclus à l’issue de la visite de trois jours du prince héritier en France. Les deux pays ont officialisé un projet de coopération sur le développement et la mise en valeur de la région saoudienne d’Al Ula, qui avait été annoncé la semaine dernière .

En matière économique, l’Elysée avait prévenu dès lundi qu’Emmanuel Macron se rendrait en fin d’année en Arabie saoudite pour signer des contrats qui auront été définis dans le cadre d’un “document stratégique”.

Lors de la conférence de presse mardi, le chef de l’Etat a évoqué de futurs investissements saoudiens en France et franco-saoudiens, dans les médias, les télécoms, les loisirs ou le luxe.

Selon Al Arabiya TV, les deux pays ont signé 20 accords économiques d’une valeur de plus de 18 milliards de dollars (14,6 milliards d’euros) à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier. La chaîne de télévision n’a pas précisé s’il s’agissait de contrats fermes ou de lettres d’intention.

La compagnie nationale pétrolière Saudi Aramco a de son côté annoncé mardi des accords avec Total, TechnipFMC et Suez. .

Cinq mois après leur première rencontre éclair à Ryad, qui avait donné lieu à un échange tendu sur l’Iran, grand rival de l’Arabie saoudite dans la région, les deux dirigeants ont réaffirmé leur position divergente à l’égard de Téhéran, tout en tentant - côté français - d’atténuer les désaccords.

“Même si sur le sujet (de l’accord sur le programme nucléaire iranien dénoncé par Ryad et que Paris tente de sauver-NDLR) nous ne partageons pas la même vue, nous avons la même finalité”, a souligné Emmanuel Macron, citant la volonté commune “de réduire tous les projets d’islam politique expansionniste” à même de déstabiliser encore davantage la région.

“La France pense qu’il est important de préserver le cadre de l’accord (...) mais il doit être complété par un travail accru en matière de limitation d’activité balistique et d’expansionnisme régional de l’Iran”, a-t-il dit.

Les deux dirigeants ont en revanche souligné être sur la “même longueur d’onde” en matière de lutte contre le terrorisme en Afrique, où la France est militairement présente en appui de la force régionale du G5 Sahel auquel l’Arabie saoudite apporte son soutien financier. (Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey, édité Simon Carraud)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below