April 10, 2018 / 12:37 PM / 3 months ago

Balance paiements-La France reste à la traîne dans la zone euro

* Un déficit réduit de 3,6 milliards

* La France reste à la traîne de ses partenaires européens

* Une compétitivité globale qui semble marquer le pas

PARIS, 10 avril (Reuters) - Les transactions courantes de la France ont été déficitaires de 13,1 milliards d’euros en 2017, soit une amélioration de 3,6 milliards due pour l’essentiel à la reprise du tourisme et à la hausse des revenus provenant de l’étranger, selon les données de la balance des paiements publiées mardi par la Banque de France.

Par comparaison, leur déficit avait atteint 16,8 milliards un an plus tôt mais seulement 8,1 milliards en 2015.

La balance des paiements de la France, une mesure de sa compétitivité, cumule des déficits depuis 2006, là où ses principaux partenaires de la zone euro, l’Allemagne en tête mais aussi l’Italie et l’Espagne depuis 2012, affichent année après année des excédents.

L’année 2017 a été marquée par une forte dégradation (-13,6 milliards d’euros) du déficit des échanges de biens, qui atteint 48,2 milliards.

Dans le même temps, l’excédent des services, qui s’érodait depuis 2013, est reparti en hausse (+8,7 milliards d’euros à 26,5 milliards).

Il le doit notamment au poste “voyages” (+4,1 milliards à 17,0 milliards) en liaison avec la reprise du tourisme après une année 2016 post-attentats difficile pour ce secteur.

S’y ajoutent les excédents importants d’autres postes comme les services financiers (4,7 milliards) et les commissions pour usage de la propriété intellectuelle (1,4 milliard), ou encore la réduction (-2,6 milliards) du déficit des services de transport.

La dernière composante, le solde des revenus et transferts, a été excédentaire de 8,6 milliards l’an dernier après avoir été quasi nulle en 2016, grâce pour l’essentiel à la progression des bénéfices et implantations industrielles et commerciales à l’étranger.

Les investissements directs étrangers en France ont atteint en net 44 milliards en 2017, soit un plus haut de dix ans, après 32 milliards en 2016. Parallèlement, les investissements directs nets français ont atteint 51,6 milliards, près de 10% de moins qu’un an plus tôt.

UNE COMPÉTITIVITÉ GLOBALE QUI STAGNE

Commentant ces chiffres devant la presse, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné que si la France est parvenue à enrayer depuis 2012 le mouvement de dégradation de ses transactions courantes amorcé en 1999, elle peine à redresser la situation.

“Tout se passe comme si notre compétitivité globale marquait le pas, nous n’arrivons pas à aller au-delà de ce mouvement de stabilisation”, a-t-il dit.

De plus, la spécificité de la France reste d’afficher un déficit “sensible” des biens et services avec le reste de la zone euro, a-t-il ajouté.

L’amélioration de la compétitivité coûts introduite avec la création du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en 2013 a commencé à jouer mais le redressement prend du temps et “suppose de la constance” en la matière, a souligné le gouverneur.

Surtout, les entreprises hexagonales continuent d’être perçues comme moins performantes en termes de qualité-prix ou d’innovation que leurs concurrentes allemandes ou italiennes et sont bien moins nombreuses à se tourner vers l’export que dans ces pays.

“Il faut que les exportateurs français améliorent leur positionnement et augmentent leur nombre”, a déclaré François Villeroy de Galhau. Ceci passe, selon lui, par une hausse des compétences de la main d’oeuvre qui rend d’autant plus nécessaire la réforme de la formation professionnelle entreprise par le gouvernement.

En attendant, la Banque de France s’attend à ce que, sur 2018-2020, le commerce extérieur cesse de peser négativement sur la croissance française comme il l’a fait ces dernières années, à hauteur de 0,8 point de PIB en 2016 et 0,3 encore en 2017.

Selon ses prévisions, les exportations nettes ne seront pas encore un moteur de croissance comme chez ses grands partenaires “mais elles cesseront d’être un frein”. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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