March 28, 2018 / 8:12 AM / a month ago

ENQUÊTE-Finance-Paris plus attractive que Francfort pour l'après Brexit

* Près de 5.000 transferts de postes prévus en Europe continentale

* Moitié moins qu’il y a six mois

* Près de 2.300 postes pour Paris, 1.420 pour Francfort

* Graphique : tmsnrt.rs/2zzQOfC

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par Andrew MacAskill, Carolyn Cohn et Simon Jessop

LONDRES, 27 mars (Reuters) - Paris est passée devant Francfort pour le nombre des postes dans les services financiers qui seront relocalisés en Europe continentale une fois le divorce entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne (UE) consommé, montre une enquête de Reuters publiée mardi.

Cette enquête conduite auprès de 119 établissements financiers implantés en Grande-Bretagne, principalement dans la City, fait toutefois ressortir que 4.798 postes seulement seraient concernés au total, moitié moins qu’en septembre, lorsque le même sondage avait été réalisé.

Paris devrait attirer 2.280 emplois, dont 1.000 correspondant au possible transfert, déjà annoncé l’année dernière par HSBC, de postes dans la banque d’investissement.

En septembre, les 158 établissements interrogés avaient évoqués la relocalisation de près de 10.000 emplois en Europe continentale dont près de 5.500 à Francfort et seulement 1.800 à Paris.

Nombre de grands acteurs internationaux de la finance n’avaient pas longtemps caché leur réticence vis-à-vis de la place financière parisienne jugeant la législation sociale et l’environnement fiscal dissuasifs.

Les réformes engagées depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République et les efforts constants du ministre de l’Economie Bruno Le Maire pour promouvoir la place de Paris y compris au sein même de la City semblent avoir payé.

La désignation de Paris pour accueillir le nouveau siège de l’Autorité bancaire européenne (ABE), situé à Londres, a pu aussi constituer un atout supplémentaire pour la capitale française.

Outre HSBC, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley figurent parmi les grandes banques internationales qui envisagent de relocaliser des postes à Paris, montre l’enquête.

Francfort, siège de la Banque centrale européenne (BCE), occuperait la deuxième position dans le classement des relocalisations avec un potentiel de 1.420 transferts de postes, devant Dublin (621 postes) et Luxembourg (407 postes).

RÉVISIONS EN BAISSE

Plusieurs banques ont revu en baisse leurs estimations de transfert de postes après un examen plus précis des opérations qu’elles devront relocaliser au sein de l’Union européenne si la Grande-Bretagne devait perdre l’accès au marché unique européen.

Une meilleure prise en compte par le gouvernement britannique des contraintes du secteur financier et les progrès des discussions entre Londres et ses partenaires européens ont pu aussi jouer un rôle.

L’enquête réalisée entre le 9 février et le 22 mars a toutefois été bouclée avant l’annonce de l’adoption par les dirigeants de l’UE des lignes directrices des négociations sur les futures relations entre la Grande-Bretagne et le bloc après le Brexit fin mars 2019.

Deutsche Bank, qui prévoyait initialement d’en relocaliser 4.000, prévoit désormais de pas en déplacer plus de 200, selon l’enquête pour laquelle 164 établissements ont été sollicités.

De même, UBS dit désormais prévoir de déplacer 200 collaborateurs de Londres à Francfort alors que la banque suisse avait évoqué jusqu’à 1.500 relocalisations.

Goldman Sachs, qui envisageait en septembre le déplacement de 1.000 collaborateurs, s’attend désormais à moins de 500 transferts.

L’enquête montre par ailleurs que Londres devrait largement demeurer le principal centre financier européen contrairement aux craintes qui avaient pu être agitées par certains patrons de banques ou responsables politiques.

“L’idée d’un effondrement de la City était excessive et Londres conservera l’essentiel des avantages qui ont en fait un grande centre financier”, a dit Peter Hahn, professeur de finance au London Institute of Banking and Finance.

Toutefois, et comme lors de l’enquête de septembre, la plupart des participants ont dit que des mouvements plus importants ne sont pas à exclure dans les dix prochaines années.

“Je ne pense pas qu’il y aura un exode massif du jour au lendemain mais mon pronostic est que dans cinq ans, sinon dans 10 ans, Londres aura beaucoup perdu”, a dit un dirigeant d’une des grandes banques d’investissement américaines à Londres.

“Il n’y avait pas d’alternative à Londres, au moins en Europe, et maintenant ce n’est plus le cas.”

Des estimations antérieures sur les pertes d’emplois potentielles étaient nettement plus élevées que ce qui ressort e l’enquête de Reuters, allant de 30.000 postes selon une étude du groupe de réflexion bruxellois Bruegel publiée en février 2017 jusqu’à 232.000 selon un chiffre cité un mois plus tôt par le London Stock Exchange. En octobre 2016, le cabinet de consultants Oliver Wyman avait fait état quant à lui d’un chiffre de 75.000 pertes d’emplois.

Des divergences qui pouvaient en partie s’expliquer par l’horizon des prévisions. L’estimation de Bruegel portait sur une période de trois ans après l’entrée en vigueur effective du Brexit, celle d’Oliver Wyman allait aussi jusqu’en 2022. En revanche, la prévision du LSE va jusqu’en 2024.

Susan Barlyn à New York, Stephen Jewkes à Milan, Noor Zainab Hussain à Bangalore et Jonathan Saul à Londres, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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