March 21, 2018 / 1:22 AM / 4 months ago

L'intelligence artificielle pour décrypter le visage de marbre de Draghi

TOKYO, 21 mars (Reuters) - Deux chercheurs japonais affirment avoir percé l’impassibilité du visage de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, et être en mesure de prédire ce qu’il s’apprête à dire en analysant les micro-variations de ses expressions faciales.

Yoshiyuki Suimon et Daichi Isami se sont servis de l’intelligence artificielle pour passer au crible les conférences de presse que Draghi a données entre juin 2016 et décembre 2017.

Les deux chercheurs découpent ces conférences de presse en captures d’écran prises par intervalles d’une demi-seconde qu’ils soumettent à un programme d’IA utilisant un algorithme de reconnaissance faciale développé par Microsoft. Ce programme est censé reconnaître huit émotions différentes: bonheur, tristesse, surprise, colère, peur, mépris, dégoût et indifférence.

Ils s’efforcent ensuite de mettre en évidence des corrélations entre les micro-variations des expressions faciales et le degré d’importance des annonces délivrées lors de ces conférences de presse.

Leur analyse des expressions du visage de Draghi a ainsi dévoilé des signes de “tristesse” précédant deux changements majeurs de la politique de la BCE, en décembre 2016, quand la banque centrale a ajusté son programme de rachats d’obligations, puis en octobre dernier, à la faveur d’une nouvelle décision modérant cette politique d’assouplissement quantitatif.

Les mêmes chercheurs avaient déjà appliqué la même méthode d’analyse assistée par l’intelligence artificielle au gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda.

Yoshiyuki Suimon souligne que la “poker face” de Draghi a été plus difficile à décrypter que celle de son homologue japonais. “Draghi, qu’il le fasse consciemment ou pas, semble conserver un plus grand contrôle de ses expressions faciales”, écrit-il dans l’étude que les deux chercheurs ont présentée mardi devant la Société japonaise de l’intelligence artificielle (JSAI).

En octobre, confronté aux conclusions de ses deux compatriotes, Haruhiko Kuroda avait répondu avec humour en expliquant qu’il lui suffirait de modifier consciemment l’expression de son visage pour tromper l’algorithme. (Tomo Uetake Henri-Pierre André pour le service français)

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