March 20, 2018 / 5:21 PM / 6 months ago

LEAD 1-France-Vers une croissance légèrement ralentie en début d'année

* Coup de frein sur l’investissement des ménages

* Celui des entreprises reste dynamique

* Consommation des ménages modérée

* Rebond du pouvoir d’achat attendu au printemps (Actualisé sur la longueur, lien vers la note de l’Insee)

PARIS, 20 mars (Reuters) - L’économie française, qui a fini 2017 sur un rythme de croissance sans précédent depuis 2011, devrait perdre un peu d’élan au premier semestre tout en conservant une cadence soutenue, prévoit l’Insee.

Dans une note de conjoncture publiée mardi, l’institut précise que l’activité économique en France devrait continuer d’être tirée par un investissement des entreprises dynamique, tout en étant un peu freinée par une consommation des ménages en demi-teinte.

Par rapport à ses précédentes prévisions, publiées mi-décembre, l’Insee a revu en légère baisse sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre, à 0,4% (contre 0,5% précédemment).

Avec une progression identique au deuxième trimestre, l’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année - à savoir la progression du PIB si la croissance des deux derniers trimestres était nulle - devrait selon l’Insee s’établir à 1,6% au 30 juin prochain (contre 1,7% dans la précédente prévision), soit un peu moins que le niveau de 1,7% que le gouvernement attend pour la totalité de 2018.

L’économie française, qui a évolué depuis l’automne 2016 selon une cadence d’au moins 0,5% par trimestre, devrait donc conserver “une cadence soutenue mais un peu moins rapide” sur la première moitié de l’année 2018, a résumé lors d’une conférence de presse Julien Poujet, chef du département conjoncture de l’Insee.

Une évolution esquissée par celle du climat des affaires depuis le début de l’année: en léger repli par rapport à son pic de dix ans atteint en décembre, il se maintient malgré tout à un niveau élevé, a souligné Frédéric Tallet, chef de la division synthèse conjoncturelle à l’Insee.

Malgré ce tassement de la confiance, l’investissement des entreprises, qui a déjà progressé de 4,4% en 2017, devrait rester dynamique du fait des tensions persistantes sur l’appareil productif, alors que les goulots de production sont au plus haut depuis 1990.

Dans un contexte international qui reste porteur pour la demande et avec des conditions de financement toujours favorables, l’investissement des entreprises devrait progresser de 1,1% au premier trimestre et de 1,2% au deuxième, avec un acquis de 4,1% à mi-année.

BAISSE “PONCTUELLE” DU POUVOIR D’ACHAT

A l’inverse, l’Insee table sur une progression modérée de la consommation des ménages (+0,3% au premier trimestre puis +0,4% au deuxième), notamment en lien avec un recul “temporaire” du pouvoir d’achat au premier trimestre du fait d’un calendrier fiscal défavorable, avec les hausses de la CSG, ainsi que de la fiscalité sur le tabac et les carburants.

Alors que le sujet a fait l’objet d’une passe d’armes entre l’Insee et le gouvernement en fin d’année dernière, l’institut statistique insiste dans sa note sur le caractère “temporaire” de ce ralentissement du pouvoir d’achat.

Au-delà d’un rebond au deuxième trimestre le second semestre sera “plus favorable”, souligne l’Insee. La fin d’année sera notamment marquée par l’impact de la suppression de la taxe d’habitation et la deuxième tranche d’allègement des cotisations sociales pour les salariés du privé.

Pour l’Insee, ce calendrier a été intégré par les ménages, qui devraient puiser dans leur épargne en “anticipant ainsi l’amélioration attendue (de leur pouvoir d’achat) en fin d’année du fait du calendrier fiscal.”

A l’inverse de l’investissement des entreprises, celui des ménages - qui a progressé l’an dernier à un rythme sans précédent depuis 1999 - devrait franchement ralentir au premier semestre (+0,5% au premier trimestre et +0,2% au deuxième), du fait de la stabilisation des ventes de logements neufs.

L’Insee s’attend par ailleurs à ce que l’investissement public renoue avec la croissance cette année après cinq années de repli, notamment sous l’effet des chantiers du Grand Paris Express.

Dans ce contexte, l’économie française devrait encore créer 129.000 emplois marchands au premier semestre 2018, soit à peu près autant que sur le deuxième semestre 2017 (124.000).

Mais avec la baisse des emplois aidés, la progression de l’emploi total serait moins rapide (113.000 postes au premier semestre après +114.000 durant la deuxième moitié de 2017).

Quant au taux de chômage, qui s’est établi à 8,9% à fin décembre 2017, du fait d’une baisse d’une ampleur inattendue au quatrième trimestre, il devrait rester inchangé à la mi-2018.

Au rang des bonnes nouvelles, l’Insee note par ailleurs que le commerce extérieur devrait cesser de peser sur la croissance à l’horizon mi-2018, avec une contribution positive de +0,2 point à l’acquis de croissance à fin juin.

La note de conjoncture de l’Insee :

bit.ly/2G8FudH

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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