March 19, 2018 / 1:14 PM / 7 months ago

LEAD 3-Brexit-Accord sur la transition, Londres s'engage sur l'Irlande

* Barnier salue un moment “décisif”

* Londres d’accord sur les “principes” à propos de l’Irlande

* Les Britanniques seraient prêts à une forme de “backstop”

* Mais ils veulent encore discuter des détails

* Dublin se réjouit d’une “bonne avancée” (Actualisé avec porte-parole de May, réactions)

par Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald

BRUXELLES, 19 mars (Reuters) - Un accord a été trouvé lundi à Bruxelles entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur la période de transition post-Brexit, qui devrait permettre d’éviter le rétablissement d’une frontière “dure” entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Des détails restent toutefois à discuter sur ce dossier irlandais, a indiqué le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier. Dublin a parlé d’une “bonne avancée” tout en soulignant que beaucoup de travail restait à faire.

La sortie du Royaume-Uni du bloc communautaire aura lieu le 29 mars 2019 et la période de transition doit s’achever le 31 décembre 2020.

Le nouveau projet de 129 pages rendu public lundi marque un accord total sur les droits des expatriés européens qui résideront en Grande-Bretagne après le Brexit.

De même, les questions du volet financier et de l’indemnité que Londres devra acquitter au titre de ses obligations d’ancien Etat membre font l’objet d’un accord.

Lors d’une conférence de presse avec le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, Michel Barnier, tout en saluant un moment “décisif”, a tenu à souligner que rien n’était inscrit dans le marbre tant que le traité dans son ensemble n’aura pas été ratifié.

“Un pas décisif reste un pas décisif, nous ne sommes pas au bout du chemin et il reste encore beaucoup à faire, notamment sur l’Irlande et l’Irlande du Nord”, a-t-il averti.

A propos de l’Irlande, le premier projet présenté il y a trois semaines par l’UE avait été vigoureusement rejeté par Londres alors que la majorité dont dispose la Première ministre Theresa May à la Chambre des communes dépend du soutien des unionistes nord-irlandais.

OPTION “BACKSTOP”

Michel Barnier a expliqué lundi que l’option dite “backstop”, qui prévoit le maintien de l’Irlande du Nord dans l’espace économique européen avec une dérogation réglementaire par rapport au reste du Royaume-Uni, s’appliquerait sauf si une meilleure solution était trouvée.

“Nous sommes convenus que la solution ‘backstop’ constitue une partie du texte légal de l’accord de retrait”, a-t-il dit.

Pour le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, l’accord marque “une bonne avancée” et clarifie enfin la position de Londres. “Il reste encore beaucoup de travail à faire mais les engagements sur les dossiers irlandais sont plus clairs dans les documents publiés aujourd’hui”, dit-il sur Twitter.

Dans le projet d’accord publié lundi, un protocole souligne que Londres a accepté tous les “principes” de l’UE sur la frontière irlandaise - et se résoudrait donc à une forme de “backstop” - mais veut encore discuter les questions d’application opérationnelle.

La frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande sera après mars 2019 la seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l’UE.

Jusqu’ici, la Grande-Bretagne avait soutenu que l’option “backstop” était totalement inacceptable et qu’elle refusait le “déplacement” de facto de la frontière en mer d’Irlande. L’Ukip, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, a même accusé l’UE de vouloir “annexer” l’Irlande du Nord.

Une source au sein du Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord a déclaré lundi ne voir “rien d’inquiétant” dans les annonces faites à Bruxelles parce qu’il n’y a pas encore d’accord définitif. “A ce stade, la question de la frontière n’est pas réglée et nous ne nous attendions pas à ce qu’elle le soit”, a-t-elle dit.

LES MARCHÉS SALUENT L’ACCORD

Le groupe anti-européen “Leave Means Leave” (Partir, c’est partir), lui, a accusé David Davis d’avoir “tout cédé” sur la frontière irlandaise. Pour Nigel Farage, ancien chef de l’Ukip, Theresa May “laisse une nouvelle fois tomber les gens” à propos de la politique migratoire pendant la transition.

Interrogé, un porte-parole de Theresa May a indiqué que celle-ci était “heureuse des progrès réalisés dans les négociations”.

“Nous pouvons ainsi donner des assurances aux entreprises et aux citoyens grâce à une période de transition qui permettra un Brexit en douceur, avec des relations commerciales sur les mêmes bases qu’aujourd’hui jusqu’en 2020”, a-t-il dit.

Prié de dire si Londres n’avait pas fait trop de concessions à l’UE, il a répondu: “c’est une négociation, donc du donnant-donnant”.

Pour Keir Starmer, porte-parole du Parti travailliste (opposition) sur le Brexit, l’accord annoncé lundi “aurait pu être signé il y a plusieurs mois mais les ministres ont perdu du temps à se disputer entre eux, à maintenir des objectifs qu’ils ne pouvaient atteindre et à fixer imprudemment des lignes à ne pas franchir”.

Le patronat et les chambres de commerce britanniques ont également salué cet accord.

Après les déclarations de Michel Barnier, la livre sterling a largement augmenté ses gains face au dollar et à l’euro . (Avec Elizabeth Piper à Londres, Phillip Blenkinsop, Samantha Koester et Alissa de Carbonnel à Bruxelles, Jan Strupczewski et Conor Humphries; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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