March 13, 2018 / 2:57 PM / 9 months ago

MARCHÉS-Le risque aux USA provient de la croissance, non de l'inflation-Saxo Banque

* Le risque inflationniste exagéré par les marchés

* Inquiétude en revanche sur la croissance américaine

* Un net ralentissement aux Etats-Unis à prévoir

PARIS, 13 mars (Reuters) - Les craintes d’une accélération de l’inflation aux Etats-Unis sont très exagérées par le marché qui ne prend en revanche pas suffisamment en compte la perspective d’un net ralentissement de la croissance américaine, estime Christopher Dembik, responsable de l’analyse macroéconomique chez Saxo Banque.

“La thèse de la ‘reflation’ est erronée, aucun élément ne la corrobore”, a expliqué mardi l’économiste lors d’un déjeuner de presse.

Ni le prix des matières premières, ni les pressions salariales, ni la demande de crédit ou la démographie ne plaident en faveur d’une accélération de l’inflation aux Etats-Unis, estime Christopher Dembik.

La croissance des salaires en particulier progresse globalement mais reste inférieure aux niveaux précédents la crise financière de 2007, à l’exception de l’Allemagne, indique-t-il.

“Une donnée ne fait pas une tendance”, rappelle l’économiste en écho aux chiffres sur le salaire horaire moyen publiés début février aux Etats-Unis et qui avaient provoqué un brutal mouvement de correction sur les marchés.

Les chiffres pour le mois dernier, parus vendredi, ont ainsi montré un ralentissement de la hausse des salaires en dépit d’un marché du travail très dynamique.

La hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis a par ailleurs légèrement ralenti au mois de février, selon des données publiées mardi par le département du Travail.

Cela a permis de faire retomber le rendement des Treasuries à 10 ans autour de 2,85%, après un pic à 2,957% le 21 février qui marquait un plus haut depuis janvier 2014.

“On ne constate pas d’emballement sur le marché obligataire. On reste dans une ère de taux bas”, indique Christopher Dembik.

Le “Global government bond index”, mesuré par Saxo Bank à partir de l’ensemble des taux souverains mondiaux toutes maturités confondues, ressort à 1,5% contre une moyenne de long terme à 2,19%.

UNE PROCHAINE RÉCESSION AUX ETATS-UNIS ?

Corollaire de cette absence de risque inflationniste, le resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) ne devrait pas constituer une réelle problématique pour les marchés, estime Christopher Dembik.

“Il ne devrait pas y avoir de resserrement monétaire plus accentué que prévu”, estime-t-il. D’autant que la question qui commence à se poser concerne surtout la solidité de la croissance américaine, ajoute-t-il.

“On a un très net ralentissement de l’économie américaine qui devrait s’amorcer”, prévient l’économiste. “La dynamique n’est pas aussi bonne que ce que l’on pourrait croire et la réforme fiscale ne devrait pas changer la donne”.

Il met en particulier en avant l’indicateur “Credit impulse” de Saxo Bank, qui mesure le flux de nouveaux crédits en pourcentage du PIB uniquement émis par le secteur privé, et qui ressort en contraction pour les Etats-Unis.

“Le ‘Credit impulse’ a une corrélation très importante avec des indicateurs fondamentaux pour l’économie américaine, comme la consommation domestique et l’investissement. Une baisse du ‘Credit impulse’ devrait s’accompagner d’une baisse de la consommation et de l’investissement d’ici la fin 2018 ou le début 2019”, explique Christopher Dembik.

Selon l’économiste, l’aplatissement de la courbe des taux accompagné d’un indice ‘Credit impulse’ négatif ont permis de prédire les cinq dernières récessions aux Etats-Unis. (Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal)

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