March 2, 2018 / 9:50 PM / 8 months ago

POINT MARCHÉS-Wall Street regagne du terrain mais baisse sur la semaine

(Actualisé avec pétrole, obligations du Trésor, volume)

* Trump: “les guerres commerciales sont justifiées”

* Le dollar à un plus bas de 16 mois face au yen

* Le Dow perd 0,3%, le S&P gagne 0,5% et le Nasdaq 1,1%

* Pertes sur la semaine, après deux semaines de gains

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 2 mars (Reuters) - La Bourse de New York a terminé sur une note d’apaisement vendredi - les indices ayant réduit voire effacé leurs pertes de la matinée - mais elle accuse un net repli sur la semaine dans la crainte d’une guerre commerciale face au projet de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.

L’indice Dow Jones a perdu 70,92 points, soit 0,29%, à 24.538,06. Le S&P-500, plus large, a pris en revanche 13,58 points, soit 0,51%, à 2.691,25. Le Nasdaq Composite a avancé de 77,31 points (+1,08%) à 7.257,87 points.

Sur l’ensemble de la semaine, le Dow Jones abandonné 3%, le S&P-500 a perdu 2% et le Nasdaq a reculé de 1%.

Le président américain a annoncé jeudi que Washington imposerait la semaine prochaine des droits de douane de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium afin de défendre une industrie sidérurgique américaine “décimée par des décennies de commerce inéquitable”.

Cette annonce a suscité de vives réactions dans le monde alors que Trump enfonçait le clou avec un tweet déclarant: “les guerres commerciales sont justifiées et faciles à remporter”.

L’Union européenne a évoqué de possibles contre-mesures, Paris a dit que les droits de douane seraient inacceptables, Pékin a appelé le président américain à la modération tandis que le Canada, principal fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis, s’est dit prêt à des représailles si les mesures annoncées devaient l’affecter.

Le directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, Roberto Azevedo, a fait part de sa préoccupation face à cette décision, une intervention très inhabituelle dans la politique commerciale d’un des membres de l’Organisation.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a tenté de minimiser l’affaire en déclarant que l’”hystérie autour des tarifs (revenait à faire) beaucoup de bruit pour rien”.

L’annonce de Trump a ravivé la nervosité d’un marché déjà déstabilisé par les inquiétudes quant à une accélération du rythme du resserrement monétaire après les auditions de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale.

“La déclaration de Donald Trump tombe à un moment où le marché est déjà fragilisé”, rappelait Craig Erlam, analyste chez le courtier Oanda. “Pour une personne tellement obnubilée par la performance de marché, Trump fait un gros pari avec ces nouveaux tarifs douaniers dont les avantages sont discutables.”

LA GUERRE COMMERCIALE N’AURA PAS LIEU

Pour Phil Orlando, chargé de la stratégie chez Federated Investors, Donald Trump a voulu attirer l’attention générale sur le déficit commercial américain, mais les investisseurs ont décidé que la guerre commerciale n’aurait pas lieu.

“Quelqu’un venant de l’immobilier comme lui va arpenter le podium, agiter son sabre, attirer l’attention, et puis revenir à la négociation pour trouver un compromis raisonnable”, dit-il.

Certains intervenants attendent confirmation pour réagir.

“Si c’est le cas, cela pourrait devenir embêtant, mais nous n’en sommes pas encore là”, dit Brad McMillan, responsable de l’investissement chez Commonwealth Financial Network. “Personnellement, je ne réagis pas encore (...) Je ne parierais pas sur un quelconque impact sur les résultats à ce stade.”

Sur le marché des changes, le dollar se déprécie de 0,4% face à un panier de référence. L’euro prend 0,5% à 1,2327 dollar et le yen a grimpé à un pic de 16 mois face au billet vert, profitant de son statut de valeur refuge.

Au-delà de l’aversion au risque, la devise nippone profite aussi des propos du gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, qui a évoqué pour la première fois l’éventualité d’une sortie de la politique monétaire ultra-accommodante si l’inflation atteignait l’objectif de 2% au cours de l’année fiscale se terminant le 31 mars 2020.

Le projet de droits de douane de Trump a également affecté Tokyo qui a cédé 2,5%, et l’Europe où l’indice Stoxx 600 a perdu 2,06% et le CAC 40 a cédé 2,39%. Globalement, l’indice MSCI de 47 pays affiche un petit repli de 0,11% à la clôture des marchés américains.

A Wall Street, l’indice sectoriel industriel n’a finalement cédé que 0,08% malgré les craintes de renchérissement des matières premières en cas de guerre commerciale.

Dans le compartiment sidérurgique, les actions AK Steel a fini en hausse de 0,71% et US Steel en baisse de 1,35% après avoir terminé toutes deux en nette progression jeudi, puis débuté la séance de vendredi en forte baisse.

Les titres Boeing (-1,44%), Caterpillar (-2,56%) ont figuré parmi les plus nets reculs du Dow Jones.

Mais la plus forte baisse de l’indice revient à McDonald’s , qui a cédé 4,77% à 148,27 dollars, alors que RBC a ramené son objectif de cours de 190 à 170 dollars sur le titre.

J.C. Penney a chuté de 5,36% après la déception suscitée par les ventes à magasins constants au quatrième trimestre et par la prévision de bénéfice annuel.

En hausse, Gap a bondi de 7,82% après ses résultats trimestriels, qui montrent une moindre dépendance à sa marque d’entrée de gamme Old Navy et marqués par des ventes à périmètre comparables nettement supérieures aux attentes.

L’indice mesurant la volatilité du S&P-500 est lui aussi retombé, terminant à 19,59 points, en baisse de 12,8% sur la séance, après avoir atteint un pic de 26 points (+15,5%).

Environ 7,7 milliards d’actions ont changé de mains sur les marchés américains, contre 8,4 milliards en moyenne quotidienne sur les 20 dernières séances, selon les données Thomson Reuters.

Sur le marché du pétrole, les cours ont fini la journée en hausse, portés par le rebond de Wall Street. Mais ils accusent aussi un repli hebdomadaire, de 3,5% à 4,5%, affectés en outre par l’augmentation plus forte que prévu des stocks américains.

Ankur Banerjee et Sruthi Shankar, Laetitia Volga et Juliette Rouillon pour le service français

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