March 2, 2018 / 2:44 PM / 2 months ago

LEAD 2-Theresa May expose sa vision de l'après-Brexit

* Theresa May propose un partenariat “le plus large possible”

* Elle souhaite des relations commerciales harmonieuses avec l’UE

* Elle prône un mécanisme indépendant d’arbitrage

* Elle ne veut pas d’une “frontière dure” en Irlande

* Elle refuse aussi une “nouvelle frontière” en mer d’Irlande (Précisions, citations)

par Elizabeth Piper

LONDRES, 2 mars (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a présenté vendredi à Londres sa vision de l’après-Brexit, souhaitant un partenariat “le plus large et le plus approfondi possible” et des relations commerciales harmonieuses avec l’Union européenne après mars 2019.

Ce partenariat devra couvrir plus de domaines que tout autre accord commercial, a dit Theresa May, affaiblie dans son pays depuis les élections de l’an dernier et pressée par l’UE d’avancer des propositions concrètes pour sortir du flou et faire progresser les négociations.

“Je veux l’accord le plus large et le plus étoffé possible, qui couvre plus de secteurs et implique une coopération plus forte que n’importe quel autre accord commercial dans le monde aujourd’hui”, a-t-elle martelé dans un discours devant des ambassadeurs et des hommes d’affaires à Mansion House, résidence officielle du maire de Londres.

“Je pense que c’est possible parce que c’est aussi bien dans l’intérêt de l’Union européenne que dans le nôtre.”

Elle a rappelé qu’elle ne permettrait pas que le Brexit remette en question les progrès accomplis en Irlande du Nord sur le chemin de la paix.

Elle a souligné que la Grande-Bretagne et l’UE se devaient de trouver une solution pour éviter qu’une frontière “dure” soit rétablie entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Toute frontière dure ou barrière douanière en mer d’Irlande nuirait au marché commun britannique et serait inacceptable, a-t-elle dit.

FRONTIÈRE IRLANDAISE

Le négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, a présenté mercredi à Bruxelles une ébauche juridique de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE, que Londres a aussitôt rejetée.

Parmi les mesures proposées par l’UE, il est prévu que l’Irlande du Nord, future seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l’UE, restera au pire des cas alignée sur les règles du marché unique et de l’union douanière.

“Tout comme il serait inacceptable de revenir à une frontière dure entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, il serait inacceptable de faire éclater le marché commun du Royaume-Uni en déplaçant la frontière douanière et réglementaire en mer d’Irlande”, a tenu à réaffirmer vendredi Theresa May.

Les futures relations commerciales avec l’UE, a-t-elle insisté, devront reposer sur des accords contraignants, sans que la législation britannique se doive d’être alignée sur toutes les règles de l’UE. En cas de différend, il faudra un arbitrage indépendant.

“Nous aurons besoin d’un mécanisme d’arbitrage qui sera complètement indépendant, ce qui est d’ailleurs habituel dans les accords de libre-échange”, a-t-elle noté.

Dans des domaines comme la chimie, l’aéronautique et la médecine, a-t-elle concédé, Londres cherchera à se plier aux règlements européens.

Theresa May a évoqué un partenariat douanier entre Londres et l’UE. La Grande-Bretagne pourrait ainsi accepter les droits de douanes fixés par Bruxelles pour les marchandises destinées à l’Union, tandis que Londres appliquerait d’autres droits pour les biens destinés au Royaume-Uni, a-t-elle dit.

“TROUVER UN ÉQUILIBRE”

Si cette idée n’est pas acceptée, elle a suggéré de se rabattre sur des accords douaniers simplifiés afin de permettre de garantir des relations commerciales harmonieuses.

Elle a rappelé que les Britanniques avaient voté en juin 2016 en faveur du Brexit pour garder le contrôle de leurs frontières, de leur monnaie, afin que le Royaume-Uni conserve sa souveraineté.

“Il vaut mieux aucun accord qu’un mauvais accord”, a-t-elle lancé. “Mais on ne peut obtenir exactement tout ce qu’on veut, d’un côté comme de l’autre, il faut donc trouver un équilibre.”

Theresa May a proposé que la Grande-Bretagne ait accès aux marchés financiers de l’UE, avec les mêmes normes que celles de l’Union.

Elle a précisé qu’elle s’appuierait dans les négociations avec les Européens sur “cinq tests”:

Etre sûre que le résultat du référendum de juin 2016 sera bien respecté, que l’accord avec l’UE ne pourra être rompu, qu’il protégera les emplois et la sécurité des Britanniques, qu’il sera “cohérent” avec ce que le Royaume-Uni veut être, “un pays moderne, ouvert vers l’extérieur”, et enfin qu’il pourra rassembler les Britanniques.

A Bruxelles, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a salué la “clarté” de Theresa May dans son discours, soulignant que celle-ci avait reconnu qu’il lui faudrait faire des “compromis”.

Pour sa part, le dirigeant du PPE (Parti populaire européen, centre droit), le groupe le plus important au parlement européen, a dit craindre qu’il n’y ait peut-être jamais d’accord entre l’UE et Royaume-Uni.

“Je ne vois pas comment nous pourrions parvenir à un accord sur le Brexit si le gouvernement britannique continue de pratiquer la politique de l’autruche”, a dit Manfred Weber. (Avec Michael Holden, Alastair Smout et Andrew MacAskill, Jan Strupczewski à Bruxelles; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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