February 28, 2018 / 11:55 AM / 5 months ago

GRAPHES-Powell redonne du grain à moudre aux tenants de la hausse du dollar

PARIS, 28 février (Reuters) - La première intervention publique du nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a redonné du grain à moudre aux partisans d’une appréciation du dollar, en particulier vis-à-vis de l’euro.

En affichant sa confiance dans la solidité de l’économie américaine et la perspective d’un retour de l’inflation vers l’objectif de 2% en rythme annuel à la faveur de la relance budgétaire engagée par l’administration Trump et d’une croissance mondiale robuste, le successeur de Janet Yellen a relancé les anticipations sur une accélération des hausses de taux directeurs aux Etats-Unis cette année et l’année prochaine.

Les facteurs ne manquent pas pour motiver un rebond du dollar, qui a perdu environ 20% de sa valeur contre l’euro entre le début de l’année dernière et son point bas à 0,7993 euro le 15 février.

L’indice mesurant l’évolution du billet vert face à un panier d’autres grandes devises, dont l’euro, a reculé de 15% sur la même période.

La devise américaine a notamment été pénalisée par les anticipations d’une normalisation plus rapide qu’attendu des politiques monétaires par plusieurs grandes banques centrales autres que la Fed, au vu de l’élan d’une reprise économique mondiale synchronisée.

La chute du dollar connaît toutefois depuis la fin janvier un coup d’arrêt favorisé en partie par la brusque correction intervenue sur les marchés boursiers, la devise américaine souffrant en l’occurrence de son statut d’indicateur d’appétit pour le risque.

Mais d’autres éléments peuvent plaider en faveur d’une poursuite du rebond du dollar, notamment vis à vis de l’euro, comme la persistance d’un décalage conjoncturel entre l’économie américaine et celle de la zone euro, que la relance budgétaire voulue par l’administration Trump devrait conforter.

L’écart entre les indicateurs de surprises économiques de part et d’autre de l’Atlantique est nettement en faveur des Etats-Unis et correspondrait à des niveaux de l’euro-dollar beaucoup plus proches de ceux qui prévalaient il y a un an.

L’évolution comparée des taux de chômage est aussi compatible avec une poursuite du rebond de la devise américaine.

Celle des taux d’inflation “core” (hors éléments volatils) est plus en ligne avec les niveaux actuels après l’anomalie du premier semestre de l’année dernière, durant lequel le creusement de l’écart en faveur des Etats-Unis n’avait pas empêché le mouvement de chute du dollar.

Pour autant, le resserrement de l’écart d’inflation “core” entre les deux rives de l’Atlantique pourrait pâtir des effets de la hausse de l’euro sur la dynamique des prix au sein de la zone euro dans les prochains mois.

La devise américaine peut aussi trouver un soutien dans les spreads de taux, qu’ils soient nominaux ou réels, entre les Etats-Unis et la zone euro, comme l’illustre par exemple la corrélation rompue entre l’évolution du différentiel de taux à cinq ans Allemagne-Etats-Unis et le taux de change de l’euro-dollar.

Le positionnement de marché sur l’euro-dollar peut aussi alimenter un regain de vigueur de la devise américaine puisque les positions spéculatives à la hausse de l’euro sont au plus haut.

Sources :

*Powell pushes dollar. Daily currency briefing. Commerzbank. 28 février 2018.

*The case for a USD correction higher. FX Viewpoint. Bank of America Merrill Lynch. 8 février 2018

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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