February 28, 2018 / 11:45 AM / 5 months ago

LEAD 1-France-Une fin 2017 très solide malgré la consommation

    * La croissance revue en hausse mais à la traîne de la zone euro 
    * Le ralentissement de la consommation se prolonge début 2018
    * Baisse des achats de concert avec celle de la confiance

 (Actualisé avec détails supplémentaires)
    PARIS, 28 février (Reuters) - L'économie française a connu en 2017 son
meilleur cru depuis six ans, avec une croissance que l'Insee a révisée mercredi
à 2,0% malgré un ralentissement de la consommation des ménages sur la fin de
l'année qui s'est accentué début 2018.
    Cette hausse, que l'institut avait annoncée à 1,9% dans sa première
estimation fin janvier, marque un net changement de rythme après trois années
poussives où le PIB n'avait progressé que de 1,0% (2014 et 2015) puis de 1,1%
(2016). 
    La France n'avait pas connu une année aussi vigoureuse depuis le rebond
d'après-crise, sans lendemain, de 2011 (+2,1%). Elle reste toutefois à la traîne
de la zone euro, dont le PIB a bondi l'an passé de 2,5%. 
    L'accélération de 2017 est due à une demande intérieure solide grâce
notamment à l'investissement, des entreprises comme des ménages, et à une
contribution du commerce extérieur bien moins négative qu'en 2016, des éléments
qui devraient rester porteurs en 2018 .
     La révision à la hausse annoncée par l'Insee est due à des éléments
légèrement plus positifs de la croissance du quatrième trimestre, même si
celle-ci a été globalement confirmée à 0,6%.
     Par rapport à la première estimation, les composantes de la croissance du
quatrième trimestre sont restées quasiment inchangées, à savoir +0,5 point
provenant de la demande intérieure et +0,6 point du commerce extérieur, alors
que la contribution de la variation des stocks des entreprises a été légèrement
révisée (-0,4 point au lieu de -0,5 point).
    Les trois derniers mois de l'année ont bien été marqués par une accélération
de l'investissement des entreprises (revu en hausse de 0,1 point à +1,6% après
+1,1% au troisième trimestre) et un ralentissement de la consommation des
ménages (revue en baisse de 0,1 point à +0,2% après +0,6% au trimestre
précédent). 
    Si l'évolution des dépenses des Français en services est restée consistante
(+0,5% après +0,6%), leurs achats de biens ont reculé de 0,2% sur le trimestre,
après avoir augmenté de 0,6% sur les trois mois précédents.
    
    LA MÉTÉO PÈSE SUR LA CONSOMMATION
    Les données sur la consommation des Français en biens au mois de janvier
également publiées mercredi matin, marquées par un recul de 1,9%, laissent
augurer d'une prolongation de cette tendance.
    A l'exception notable des biens d'équipements du logement, quasiment tous
les postes ont été affectés par cette baisse, qui a été accentuée par la météo,
le mois de janvier ayant été le plus doux depuis 1900.
    Le retour du froid en février, avec ses températures inférieures à la
normale, devrait permettre un rebond ce mois-ci. Mais avec un acquis de
croissance de la consommation des ménages en biens négatif de 1,7% à fin
janvier, il devra être conséquent sur février et mars pour que le trimestre
termine sur une note positive.
    Cette faiblesse de la consommation coïncide avec le vif débat qui oppose le
gouvernement et l'opposition sur le pouvoir d'achat des Français et l'impact des
mesures fiscales et sociales comme la hausse de la CSG et des taxes sur
l'énergie d'une part, la baisse des cotisations des salariés de l'autre.
    La confiance des ménages, telle que mesurée mensuellement par l'Insee, a
chuté de quatre points en février sous l'effet d'une dégradation des
anticipations sur l'évolution de leur situation financière et de leur niveau de
vie.
    Mais pour Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, "cette détérioration,
qui fait écho à celle, moins prononcée, du climat des affaires, est un signal
négatif dont il ne faut pas s’inquiéter outre mesure" car le calendrier du
gouvernement sera plus favorable pour la suite.
    "La confiance des ménages devrait reprendre le chemin de la hausse :
l’amélioration du marché du travail va en ce sens, et plus de baisses d’impôts
(taxe d’habitation, ISF, etc.) que de hausses (tabac) restent à venir",
écrit-elle dans une note.
        
    Statistique détaillée sur le site de l'Insee :
    here
        
 Le point sur la conjoncture française          
 Les chiffres clés de l'économie        tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
 (Yann Le Guernigou, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
  
0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below