February 21, 2018 / 4:44 PM / 2 months ago

France-Poursuite de la grève à la centrale EDF de Fessenheim

STRASBOURG, 21 février (Reuters) - La grève a été reconduite pour une durée indéterminée mercredi à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) où les salariés demandent à EDF une amélioration des mesures d’aide au départ et à la reconversion qui accompagneront la fermeture prochaine du site, a-t-on appris de source syndicale.

La production du réacteur numéro 1, le seul actuellement en activité, était de 180 MW, pour une puissance nominale de 880 MW, selon RTE (Réseau de transport d’électricité). Le pourcentage de grévistes était estimé à 33,9% par EDF.

“Les propositions de la direction ne sont pas à la hauteur des attentes des salariés”, a dit à Reuters Jean-Luc Cardoso, délégué syndical de la CGT qui a appelé à la grève avec Force ouvrière.

Les deux syndicats demandent une meilleure indemnisation du préjudice subi par les 750 salariés d’EDF du fait de l’incertitude dans laquelle ils sont quant à leur avenir depuis la décision, annoncée en 2012 par François Hollande, de fermer la centrale.

“Il y a des gens qui ont des troubles du sommeil, des enfants qui sont anxieux”, explique Jean-Luc Cardoso pour qui les 7.500 euros proposés par EDF sont “de loin pas suffisant”.

La CGT revendique le paiement d’une heure par jour de présence au travail multiplié par le nombre d’années écoulées depuis l’annonce de la fermeture, soit 77.000 euros par salarié travaillant à la centrale depuis au moins 2012.

Les points de discussion portent encore sur l’indemnisation des pertes immobilières prévisibles du fait du nombre important de maisons qui devront être mises en vente et sur une prime à la mobilité pour laquelle EDF propose un mois de salaire.

La CFE-CGC et la CFDT ne s’associent pas à la grève sans pour autant se désolidariser des deux autres syndicats.

“La plupart de nos revendications se recoupent ou se complètent mais nous estimons que, tant qu’on est en discussion avec la direction, il n’y a pas de raison de faire grève”, explique Anne Laszlo, déléguée CFE-CGC.

“Nous aussi, nous disons qu’il y a eu un préjudice”, ajoute-t-elle, en évoquant “le stress, la pression médiatique” et les va-et-vient entre annonces de fermeture et espoirs de sursis qui ont gelé les projets des salariés dans leur vie privée.

“Mais 77.000 euros, on estime que c’est indécent quand on est sûr de garder son emploi et qu’on bénéficie d’un accompagnement social”, estime la syndicaliste.

Une prochaine réunion avec la direction est prévue vendredi matin à Paris.

La plus vieille centrale nucléaire française, en service depuis 1977 au bord du Rhin, doit être mise à l’arrêt au moment de l’entrée en service de l’EPR de Flamanville dans la Manche, en principe fin 2018 ou début 2019, conformément à la loi de transition énergétique de 2015. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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