February 15, 2018 / 4:11 PM / 5 months ago

France-Les défaillances de grandes entreprises repartent en hausse

PARIS, 15 février (Reuters) - Malgré la nouvelle baisse des défaillances d’entreprises en 2017 en France, le retour aux niveaux d’avant-crise n’est pas à portée de main car la situation reste tendue dans certains secteurs et les sinistres des grandes unités sont repartis en nette hausse, estime l’assureur crédit Euler Hermès.

Dans un communiqué publié jeudi, il fait état d’une baisse de 7% des défaillances d’entreprises sur l’ensemble de 2017, un rythme similaire à celui de 2016, malgré un ralentissement en fin d’année.

Le cabinet d’études Altares, qui compile lui aussi des statistiques de défaillances, a fait état de son côté d’un recul de 4,6% l’an passé.

Pour Eric Lenoir, président du comité exécutif d’Euler Hermes France, “la dynamique enclenchée est très positive, puisque nous restons sur deux années de forte contraction des défaillances en France.”

“Malgré tout, la route est encore longue pour revenir aux niveaux d’avant-crise”, ajoute-t-il, en soulignant que le nombre de défaillances constatées en 2017 “reste 12% supérieur à celui observé en 2007, à près de 55.000 cas.”

Et certains secteurs restent dans le rouge, à l’image des transports, dont le nombre de sinistres s’est accru de 5,8%.

Euler Hermès s’inquiète en outre d’un regain des défaillances dans la catégorie “grandes entreprises”, d’un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 millions d’euros. Dix-neuf entreprises ont été concernées (+46%), d’un chiffre d’affaires cumulé de trois milliards d’euros.

Il met cette évolution en parallèle avec l’accroissement de la dette des entreprises françaises, qui représentait 71,7% du PIB à fin juin dernier, 12 points de plus que fin 2010.

“Ce qui est inquiétant derrière ce phénomène, c’est le risque d’effet domino. Certains fournisseurs sont dépendants d’un nombre limité d’acheteurs et un incident de paiement peut suffire à les mettre en difficulté”, souligne Stéphane Colliac, économiste France chez Euler Hermes.

L’agroalimentaire est le plus touché par ce regain de sinistralité, avec cinq défaillances de grandes entreprises constatées en 2017 (+66%).

“Les marges des entreprises du secteur se sont contractées de cinq points en deux ans, mettant ainsi les trésoreries sous pression. Et le recul des prix des produits agricoles, divisés par deux en cinq ans, n’a pas permis aux entreprises de relever leurs prix de vente, d’où une rentabilité mise à mal, explique Euler Hermes.

Ont également été affectés l’an passé le commerce de détail (deux grandes défaillances), coincé entre la guerre des prix et la numérisation, et un secteur qui se porte pourtant globalement mieux, l’automobile, avec trois grandes défaillances. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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