February 9, 2018 / 12:39 PM / 9 months ago

Allemagne-Conflit de générations sur l'accord de gouvernement

par Gernot Heller et Michelle Martin

BERLIN, 9 février (Reuters) - L’organisation de jeunesse de la CDU-CSU, très critique après les concessions accordées aux sociaux-démocrates pour conclure un nouvel accord de gouvernement en Allemagne, a réclamé vendredi une “rénovation” du bloc conservateur, avec en filigrane la délicate question du remplacement d’Angela Merkel.

Pour sortir de plus de quatre mois d’impasse politique, la chancelière a notamment accepté mercredi de confier au Parti social-démocrate (SPD) le très stratégique ministère des Finances, une véritable révolution décriée par une bonne partie de ses troupes.

Si la base du SPD l’approuve, le prochain gouvernement de “grande coalition” (“GroKo”), le troisième depuis 2005, comptera six ministres conservateurs et six ministres sociaux-démocrates.

Le SPD a obtenu aux élections du 24 septembre dernier son pire résultat de l’après-guerre, avec 20,5% des voix. Le bloc CDU-CSU a recueilli près de 33% des suffrages, également sa pire prestation depuis 1949.

Le mécontentement au sein de la droite allemande est tel que la question du remplacement de Merkel, au pouvoir depuis plus de douze ans, n’est plus un sujet tabou.

Certains commentateurs ont même suggéré que le gouvernement dresse dans deux ans un bilan de son action, afin d’offrir le cas échéant à Merkel une porte de sortie honorable.

Paul Ziemiak, dirigeant de la branche “jeunesse” de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et de son alliée bavaroise l’Union chrétienne-sociale (CSU), a clairement invité le bloc conservateur à s’interroger dès aujourd’hui sur la succession de la chancelière.

“NOUVEAUX VISAGES”

Faute de nouveaux visages, “l’atmosphère restera très, très mauvaise”, a-t-il dit à la radio Deutschlandfunk. “Nous voulons des gens plus jeunes, au sein du gouvernement comme à la direction du parti. Et le temps presse”, a-t-il ajouté.

La branche “jeunesse” de la CDU-CSU compte environ 115.000 membres et son influence est grande au sein de la droite allemande.

Un congrès de la CDU se tiendra le 26 février et la chancelière risque à cette occasion de ne pas être épargnée par les critiques.

“Le mécontentement est très fort parmi les militants de base de la CDU. Beaucoup pensent que l’accord de gouvernement a été mal négocié”, a insisté Paul Ziemiak.

Pour Friedrich Merz, rival de Merkel depuis de longues années, c’est une “humiliation” pour la CDU-CSU de ne pas avoir plus de ministères que le SPD.

Norbert Röttgen, spécialiste des affaires étrangères au sein du parti, juge également que le partage des ministères ne peut qu’affaiblir les conservateurs.

Au SPD, les 464.000 membres doivent approuver l’accord de coalition. Le résultat de cette consultation est attendu le 4 mars. Là encore, on assiste à une “guerre de générations”, les “Jusos”, les jeunes du parti, étant hostiles à une nouvelle “GroKo”. Leur chef, Kevin Kühnert, parcourt le pays pour convaincre les militants de dire “non” à l’accord.

Le ministre sortant des Affaires étrangères, le SPD Sigmar Gabriel, qui doit être remplacé par l’actuel numéro un du parti Martin Schulz, n’a pas caché lui non plus son mécontentement, estimant que son travail n’avait pas été reconnu à sa juste valeur et dénonçant un “manque de respect”. Il vient d’annuler toute une série de rendez-vous officiels. (Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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