February 8, 2018 / 6:14 PM / 2 months ago

Paris ne veut pas se détourner d'un marché iranien "dans les limbes"

PARIS, 8 février (Reuters) - La France continuera d’encourager ses entreprises à opérer en Iran malgré l’incertitude qui pèse sur la pérennité de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, contesté par Donald Trump, a déclaré jeudi Joffrey Célestin-Urbain, de la Direction générale du Trésor.

L’entrée en vigueur en janvier 2016 de l’accord de Vienne, qui a permis la levée partielle des sanctions internationales, a donné le signal du départ pour les groupes français, qui disposent désormais de dispositifs incitatifs.

La Banque publique d’investissement (Bpifrance), seul établissement français à ne pas encourir de sanctions américaines pour rupture d’embargo, s’est ainsi engagée à leur accorder jusqu’à un demi-milliard d’euros de crédits acheteurs par an dès 2018 afin de les aider à s’implanter sur le territoire iranien.

La crainte de sanctions décourage les banques occidentales de financer les nombreuses entreprises intéressées par le marché iranien.

Le président américain a accepté le 12 janvier, pour la troisième fois depuis son accession à la Maison blanche, de prolonger la suspension des sanctions économiques contre l’Iran tout en fixant un délai de 120 jours pour réviser “le pire” des accords aux autres puissances signataires (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie).

“Nous encourageons les entreprises à continuer à opérer en Iran”, a déclaré Joffrey Célestin-Urbain, sous-directeur des relations économiques à la Direction générale du Trésor.

“Nous sommes dans les limbes sur la scène internationale. Personne ne sait ce qui se passera après mai. Nos entreprises sont confrontées à cette incertitude et c’est une chose dont il faut tenir compte quand vous faites du ‘business’ en Iran”, a-t-il dit en anglais dans le cadre de la conférence Euromoney sur l’Iran, à Paris.

Les entreprises françaises, à la traîne dans la reconquête des marchés malgré des relations diplomatiques et commerciales anciennes entre Paris et Téhéran, sont à l’offensive sous l’égide du Medef et de la CPME.

Les exportations françaises vers l’Iran ont progressé de 120% sur les onze premiers mois de 2017, à 1,29 milliard d’euros, et les importations ont augmenté de 80% à 2,16 milliards, a précisé Joffrey Célestin-Urbain.

“Tout le monde attend que la situation se clarifie”, a déclaré Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIfrance. (John Irsh, Parisa Hafezi, Sophie Louet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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