February 9, 2018 / 10:04 AM / 8 months ago

AVANT-PAPIER-Philippe poursuit l'offensive "France is back" aux Emirats

* Attendu au World Government Summit à Dubaï

* Rencontre avec deux grands fonds souverains d’Abou Dhabi

* Paris souhaite voir Abou Dhabi investir davantage

par Marine Pennetier

PARIS, 9 février (Reuters) - Le Premier ministre Edouard Philippe poursuivra ce week-end, lors d’une visite de deux jours aux Emirats arabes unis, l’offensive diplomatique “France is back” dans cet Etat fédéral du Golfe perçu comme un tremplin économique et une source d’investissements par Paris.

Le chef du gouvernement est attendu samedi à Abou Dhabi, où il s’entretiendra avec le prince héritier Mohammed Ben Zayed (“MBZ”), avant de rejoindre Dubaï pour participer au sommet mondial des gouvernements, le World Government Summit, qui réunit chaque année décideurs publics et privés du monde entier.

Edouard Philippe, qui s’exprimera dimanche à l’ouverture de ce sommet considéré comme le “Davos du Golfe”, portera “l’agenda de transformation et expliquera toutes les réformes menées depuis le début du quinquennat”, souligne-t-on à Matignon. “C’est un message que l’on martèle à tous les niveaux.”

La veille, à Abou Dhabi, il aura rencontré des investisseurs, dont les dirigeants des deux grands fonds souverains Mubadala Investment Company et Adia , très présents en France mais dont Paris souhaite qu’ils investissent plus.

Pour le moment, les investissements d’Adia “sont très concentrés dans l’immobilier mais on serait tout à fait ouverts, avec ce fonds-là mais aussi avec d’autres, à des investissements un peu plus productifs”, note-t-on à Matignon, citant entre autres le secteur des infrastructures.

“Le but, c’est d’avoir des investissements qui peuvent bénéficier à l’économie du pays, qui créent de l’activité et de l’emploi”, explique-t-on. “La transition énergétique va ouvrir de nouveaux champs et Mubadala est un fonds très axé énergie, qui a investi dans l’éolien, dans des domaines dans lesquels on peut avoir des coopérations intéressantes”.

NOUVELLES TECHNOLOGIES, ÉNERGIES RENOUVELABLES

La politique économique de l’exécutif dans la région s’inscrit dans la lignée de celle menée sous le quinquennat de François Hollande au cours duquel un premier fonds franco-émirien d’investissement avait été créé en 2014 à hauteur de 300 millions d’euros entre la Caisse des dépôts International Capital et Mubadala.

Lors de la visite d’Emmanuel Macron en novembre à Abou Dhabi, un “mémorandum d’entente” entre Mubadala, CDC International Capital et Bpifrance, avait été signé en vue de la mise en place de deux fonds d’investissement d’un milliard d’euros, dont 500 millions d’euros pour des projets dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication, de l’écotechnologie et de la biotechnologie.

“Tout ce qui est nouvelles technologies intéresse Mubadala”, note-t-on à Matignon.

Concernant le secteur des énergies renouvelables, la France, qui s’est posée en fer de lance de la lutte contre le changement climatique depuis la décision américaine de se retirer de l’accord de Paris, souhaite une “participation accrue” des Emirats dans le solaire.

La question aéronautique pourrait également être abordée, trois semaines après l’annonce par Airbus de la signature avec Emirates d’un protocole d’accord en vue d’une commande de 20 A380 avec une option sur 16 autres pour un total de 16 milliards de dollars (13 milliards d’euros).

Les Emirats sont le deuxième pays investisseur du Conseil de coopération des États arabes du Golfe en France après le Qatar, avec un stock d’investissements directs à l’étranger (IDE) de 1,13 milliard d’euros en 2015 - soit près de 35% des investissements du Golfe dans l’Hexagone.

“Contrairement au Qatar, les Emiratis ont une politique d’investissement beaucoup plus discrète”, souligne-t-on à Paris. “Ils ont beaucoup d’immobiliers, à travers les fonds à Paris, à Lyon mais qui n’est pas forcément très visible”.

“L’idée c’est donc de les amener à investir sur des secteurs d’avenir, ils ont besoin d’être guidés, c’est pour cela qu’on fait des fonds avec BPI pour les orienter”, ajoute-t-on.

A l’heure où le Brexit est source d’inquiétude pour Abou Dhabi, Edouard Philippe devrait également profiter de son déplacement pour faire la promotion de l’attractivité de la France et de la place de Paris. (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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