February 6, 2018 / 10:20 AM / 3 months ago

RÉACTIONS au mouvement de baisse sur les marchés actions (actualisé)

(Actualisé avec Natixis, Alcentra, Robeco, Amundi, M&G, SYZ AM, LBPAM)

PARIS, 6 février (Reuters) - Principales réactions de professionnels des marchés au mouvement de baisse marquée des marchés d’actions, dans le sillage de la remontée des rendements obligataires, alimentée par la hausse des anticipations d’inflation et les craintes d’une accélération du resserrement monétaire des banques centrales:

DAVE LAFFERTY, RESPONSABLE MONDIAL DE LA STRATÉGIE ET ESTY DWEK RODITI, INVESTMENT SPECIALIST CHEZ NATIXIS INVESTMENT MANAGERS

“Il y a un signe important de risque systémique (beta). Notre suspicion est que cela est partiellement piloté par l’investissement quantitatif et les algorithmes. Cela s’est vu quand le Dow Jones a perdu plus de 3% en 9 minutes, puis a effacé ses pertes, avant de renouer avec les plus bas de la séance à la clôture. Cela ressemble à des rééquilibrages d’ETF vers la clôture, et non à des fondamentaux.”

“Nous ne pensons toujours pas qu’il s’agisse de la fin du marché haussier. L’économie mondiale ne montre toujours pas de signes de détérioration et la rentabilité des entreprises est solide. Cela devrait soutenir à la fois les performances des actions et les fondamentaux du crédit sur le marché obligataire.”

PAUL HATFIELD, CO-DIRECTEUR DES INVESTISSEMENTS MONDE CHEZ ALCENTRA (BNY MELLON IM):

“Le mouvement de vente observé depuis hier ne s’est pas encore étendu aux marchés de la dette : en effet, les prêts et les obligations n’évoluent que légèrement à la baisse, et le niveau d’activité et de négoce réel vu sur ces marchés est relativement limité, à part sur les ETF. La correction semble donc se cantonner aux marchés actions, du moins pour l’instant.”

“Nous avons vu quelques rachats portant sur des entreprises moins bien notées, mais rien de dramatique. Avec des liquidités qui restent abondantes, ces investisseurs vendeurs à la recherche de “bonnes affaires” sur les marchés de la dette sont restés sur leur faim jusqu’ici.”

LUKAS DAALDER, DIRECTEUR DES INVESTISSEMENTS DE ROBECO INVESTMENT SOLUTIONS

“Nous avions dit dans nos prévisions pour 2018 que notre scénario privilégié pour les marchés était un peu plus de volatilité sur les actions et une hausse des rendements obligataires (...) Nous avons dû attendre jusqu’à la première semaine de février pour que nos souhaits soient exaucés; cela semble peu plaisant mais notre message est : ne paniquez pas ! Une des principales caractéristiques de ce mouvement de vente est qu’il est cantonné aux actions - normalement, vous pourriez vous attendre à ce que tous les actifs risqués, y compris le crédit à haut rendement et les marchés de la dette émergente, baissent mais les pertes sur ces classes d’actifs ont été limitées.”

“De ce fait, cela semble indiquer qu’il s’agit plus d’une correction technique, en particulier sur les actions qui continuent de monter sans raison. Elles étaient devenues plutôt surachetées, donc à un moment vous obtenez une correction”. MONICA DEFEND, RESPONSABLE DE LA RECHERCHE ET DE LA STRATÉGIE CHEZ AMUNDI

“Le fondamentaux positifs micro et macroéconomiques ne justifient pas le récent mouvement de marché. Alors que l’amélioration de la conjoncture économique se confirme, la saison des publications de résultats à travers le monde a été solide et en ligne avec notre opinion selon laquelle le cycle des bénéfices par action est crucial pour continuer à avoir du rendement sur les actions.”

“Bien que nous restions prudents pour le moment, nous serons prêts à exploiter activement les opportunités qui pourraient surgir de cette vague de résurgence de la volatilité”.

STEVEN ANDREW, GÉRANT DU FONDS M&G INCOME ALLOCATION

“Nous soutenons depuis un certain temps déjà que la dynamique de remontée des taux pourrait provoquer un regain de volatilité sur d’autres actifs, et ce qui semble avoir été au moins la cause manifeste des récents mouvements observés sur les marchés.”

“Toutefois, la contagion à d’autres marchés suggère que les investisseurs adoptent un comportement général d’aversion au risque. Le rallye observé sur les obligations européennes alors que l’inquiétude principale est liée à une hausse globale des taux démontre pourtant une certaine incohérence par rapport au scénario consensuel.”

“Du côté des fondamentaux, peu de choses semblent avoir changé. L’augmentation des salaires devrait finalement être une bonne chose pour l’économie américaine et les bénéfices des entreprises. En effet, l’augmentation des salaires peut représenter un surcoût pour les entreprises, mais reste généralement un signe d’amélioration de l’économie. Cependant, en l’absence de toute dynamique d’indexation (“spirale prix-salaires”), il devrait s’agir d’un avantage net à long terme.”

“Ces considérations et la nature rapide de l’évolution des prix indiquent qu’il pourrait y avoir certains facteurs non liés aux fondamentaux à l’origine de ces mouvements. Dans ces conditions, nous préférons augmenter notre exposition aux actions.”

HARTWIG KOS, CODIRECTEUR DES INVESTISSEMENTS CHEZ SYZ ASSET MANAGEMENT

“La situation n’est pas si surprenante et beaucoup font le parallèle avec la période qui a précédé le krach boursier de 1987. Lundi 5 février 2018 : bienvenue dans un nouvel épisode du Black Monday ! Avec pour casting : une croissance mondiale intacte, une Réserve Fédérale en mode : hausse de taux, des niveaux de valorisations élevés et une forte quantité de trading algorithmique.”

“Ce matin, les ventes ont uniquement eu lieu sur les marchés actions, les obligations étant une valeur refuge, les marchés obligataires étant très peu agités et les obligations émergentes étant relativement peu affectées. Des mouvements relativement similaires à ceux du 19 octobre 1987.”

“Cela indique clairement que quelque chose de plus microstructurel s’est produit sur les marchés actions et que l’implication du trading algorithmique a probablement exacerbé les mouvements sur ces marchés. Nous allons probablement assister à une plus grande volatilité dans les prochains jours. Mais si le tableau de bord est le même que celui de 1987, de belles opportunités d’achats pourraient se présenter…”.

STÉPHANE DÉO, STRATÈGE CHEZ LA BANQUE POSTALE AM

“L’amplificateur semble être les marchés de volatilité. Alors que les marchés étaient restés redoutablement calmes depuis deux ans, la volatilité mesurée par le VIX (aussi appelé l’”indicateur de peur”) a bondi. Le VVIX, qui mesure la volatilité du VIX est lui tout simplement au plus haut historique. La stabilité du VIX a amené la constitution de très nombreuses stratégies où les investisseurs vendaient des contrats de volatilité à moyen terme. La valeur de ces contrats diminuant avec le temps, l’investisseur gagnait en rendement. Bien sûr si la volatilité augmente, le prix de ces contrats augmente aussi et l’investisseur perd de l’argent. C’est ce qui se passe à l’heure actuelle. Un des principaux ETF qui permettait de jouer ces stratégies (le SVXY) a perdu 32% hier, certains produits avec des effets de levier plus conséquents ont perdu beaucoup plus. Bref les investisseurs doivent revoir leur position, ils vendaient des contrats de volatilité, ils doivent couper leurs positions et donc en racheter… ce qui fait monter le VIX. Ce processus déstabilisateur se poursuivra tant que la purge ne sera pas finie. Ce genre de mouvement est brutal, mais souvent rapide.”

MARK HAEFELE, DIRECTEUR DES INVESTISSEMENTS D’UBS WEALTH MANAGEMENT:

“Si la vitesse de la baisse du marché sur la semaine écoulée est impressionnante, des baisses de marché de cette ampleur ne sont pas extraordinaires. (...) Et le contexte fondamental favorable de croissance mondiale supérieure à la tendance et de qualité des résultats de sociétés reste intact.

“De notre point de vue, le risque de voir la Réserve fédérale relever trop rapidement les taux d’intérêt et déclencher une récession aux Etats-Unis au cours des deux prochaines années est très faible.

“Ceci dit, les marchés devraient rester volatils à court terme. Une baisse sur une seule séance aussi forte que celle de lundi pourrait entraîner un nouveau mouvement de vente, certaines stratégies systématiques étant forcées de réduire leur exposition à l’effet de levier et d’autres investisseurs étant confrontés à des appels de marges, avant que les investisseurs de plus long terme, comme les fonds de pension, ne commencent à rétablir l’équilibre en achetant sur repli.

“Si la volatilité peut persister à court terme, nous restons confiants dans le fait que le marché haussier reste intact.”

SEBASTIAN RAEDLER, TOM PEARCE, ANDREAS BRUCKNER, DEUTSCHE BANK:

“Le marché est désormais 6% en dessous du niveau de valorisation intrinsèque selon notre modèle tactique (382 points contre une valorisation intrinsèque à 410). Ceci dit, nous nous attendons à ce que la situation très favorable créée par une forte croissance dans un environnement de taux bas continue à se refermer dans les mois à venir, principalement en raison d’un ralentissement de l’élan macroéconomique dans la zone euro.”

“En conséquence, la valeur intrinsèque attendue du Stoxx 600 dans nos modèles recule à environ 370 en milieu d’année. Ainsi, si la baisse des actions semble excessive au vu des fondamentaux, le ralentissement probable de la dynamique de croissance dans la zone euro nous conduit à prévoir une baisse tactique supplémentaire dans les mois à venir.”

PETER GARNY, DIRECTEUR DE LA STRATÉGIE ACTIONS DE SAXO BANK:

“Le régime de volatilité faible est sans doute révolu. 2017 et le début de 2018 ont sans doute constitué une anomalie. Pour l’instant, la déflagration peut faire peur, mais elle est relativement contenue. Il s’agit de la plus forte baisse depuis le ‘flash krach’ d’août 2015. Un écart de 12% entre le plus haut et le plus bas des contrats à terme sur S&P 500 résulte probablement d’une réaction en chaîne qui a commencé vendredi dernier, lorsque les chiffres montrant une vigueur inattendue de la hausse des salaires aux Etats-Unis ont fait monter les taux américains.”

FRANKLIN PICHARD, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE KIPLINK:

“Beaucoup d’investisseurs ont décidé de sortir du marché, un mouvement amplifié par les prises de positions sur les futures et les options.

“Certains analystes tablent donc désormais sur quatre hausses de taux cette année contre trois pour la majeure partie des spécialistes et comme cela avait pu été anticipé par le marché. (...)

“Dorénavant, il va falloir savoir racheter et se montrer opportuniste. Rappelons que quand Janet Yellen, la présidente de la Fed qui vient de quitter ses fonctions, avait annoncé qu’elle allait commencer à normaliser la politique monétaire de la Fed, cela avait créé un mouvement de panique et une baisse de 10% des marchés actions... avant que ceux-ci ne reprennent 30% très peu de temps après.”

Service Marchés

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below