January 30, 2018 / 10:37 AM / a year ago

LEAD 1-Japon-La robustesse du marché du travail va doper les salaires

 (Actualisé avec d'autres indicateurs, situation d'ensemble)
    par Stanley White
    TOKYO, 30 janvier (Reuters) - Le marché du travail japonais
ne s'est jamais aussi bien porté en près de 45 ans, une
situation qui devrait mettre les syndicats en position de force
lors des négociations salariales annuelles, ce qui à son tour
est de bon augure pour les dépenses des ménages et pour
l'inflation.
    En décembre, le ratio qui mesure le nombre d'offres de
travail par demandeur d'emploi est monté à 1,59, soit un pic
depuis janvier 1974, contre 1,56 en novembre, selon des données
publiées mardi par le ministère du Travail.
    D'autres chiffres officiels montrent que les ventes au
détail ont bondi de 3,6% en décembre au Japon en rythme annuel,
soit leur rythme de hausse le plus soutenu depuis avril 2015,
alors que les économistes interrogés par Reuters avaient tablé
sur une progression de 1,8%.
    Ces statistiques viennent confirmer la bonne tenue de
l'économie japonaise, la troisième mondiale, qui est sur une
série de sept trimestres consécutifs de croissance, du jamais vu
depuis 1994.
    Les exportations se portent bien, les entreprises dégagent
des bénéfices record et la Bourse de Tokyo est au plus haut
depuis 26 ans, même si elle a reculé de 1,19% ce mardi.
    La seule ombre au tableau est la faiblesse persistante de
l'inflation, toujours très éloignée de l'objectif de 2% fixé par
la Banque du Japon et ce malgré la politique monétaire
ultra-accommodante mise en oeuvre par cette dernière depuis
2013. En décembre, les prix à la consommation ont ainsi augmenté
de 0,9% sur un an.             
    
    SHINZO ABE PLAIDE POUR UNE HAUSSE DE 3% DES SALAIRES
    Le Premier ministre Shinzo Abe exhorte les entreprises à
augmenter les salaires d'au moins 3% lors des négociations
salariales prévues au printemps, contre une hausse autour de 2%
sur les quatre dernières années.             
    En décembre, le gouvernement avait approuvé un projet visant
à abaisser de 30% à 20% le taux d'imposition des entreprises en
échange de hausses de salaires importantes et d'investissements
en équipements.             
    Cependant, selon une enquête menée en décembre par Reuters
auprès de grandes et moyennes entreprises japonaises, deux tiers
d'entre elles jugent irréaliste l'objectif d'une hausse des
salaires de 3%.
    Certaines entreprises n'auront néanmoins pas d'autre choix
que de relever les salaires afin de retenir leurs travailleurs
dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre.
    "L'économie nous met dans une position favorable cette année
en vue des négociations salariales", a déclaré Norishio
Hashiguchi, chargé des négociations au sein de Zenroren, un
syndicat bien implanté dans des entreprises de taille moyenne.
    "Les syndicats doivent encore soumettre leurs requêtes et
négocier de pied à pied mais je pense que nous pouvons obtenir
des salaires plus élevés."
    Rengo, la première centrale syndicale du Japon, plaide pour
une augmentation de 4%. De son côté, le Keidanren, la principale
fédération patronale du pays, soutient les efforts du
gouvernement en faveur d'une hausse de 3% des salaires.
    
    MAIN D'OEUVRE ÉTRANGÈRE
    En décembre, le taux d'activité des hommes est ressorti à
83,2%, soit une hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport
au même mois de 2017 tandis que chez les femmes, le taux est
ressorti à 68,2% (+1,4 point).
    Afin de faire face à la situation de pénurie de main
d'oeuvre, le Japon a accueilli davantage de travailleurs
étrangers après les modifications apportées par le gouvernement
dans le système de délivrance des visas, aussi bien pour les
travailleurs peu qualifiés que pour ceux hautement qualifiés.
    Selon le ministère du Travail, le nombre de travailleurs
étrangers a atteint le niveau record de 1,3 million en octobre
2017.
    "L'envolée du nombre de travailleurs étrangers au Japon est
un des facteurs, largement ignoré, de la croissance du pays
dernières années", a estimé Marcel Thielant, économiste chez
Capital Economics.
    "Cette évolution semble se poursuivre au vu de la situation
de pénurie est laquelle sont confrontés certains employeurs et
aux récents changements juridiques facilitant la possibilité
pour des étrangers de travailler dans le pays."
    Le taux de chômage est remonté à 2,8% contre 2,7% en
novembre, qui avait été un plus bas depuis novembre 1993. La
hausse de décembre s'explique par le nombre de démissions
volontaires de travailleurs en quête d'un meilleur emploi, selon
un responsable du ministère des Affaires intérieures.   

 (Stanley White, Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten pour
le service français, édité par Véronique Tison)
  
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