January 30, 2018 / 9:47 AM / 3 months ago

Macron en Tunisie pour soutenir la transition démocratique

* Le pays reste secoué par des contestations sociales

* Risque d’une dérive autoritaire-Crisis Group

* Accord-cadre sur la lutte contre le terrorisme

PARIS, 30 janvier (Reuters) - Emmanuel Macron se rend mercredi et jeudi en Tunisie pour une visite de “soutien” à ce pays qui, sept ans après la Révolution de Jasmin, reste traversé par de fortes tensions sociales susceptibles de faire dérailler la transition démocratique.

Le chef de l’Etat français sera accueilli mercredi par son homologue Béji Caïd Essebsi avec qui il s’entretiendra au palais de Carthage avant la signature d’accords - dont un sur la lutte contre le terrorisme -, et un dîner d’Etat.

Jeudi, il inaugurera l’Alliance française avant de prononcer un discours devant l’Assemblée tunisienne, d’assister à une cérémonie d’hommage au musée du Bardo, théâtre d’un attentat en 2015, puis clôturera le premier forum économique franco-tunisien. Un déjeuner avec des membres de la société civile est également prévu.

“Il s’agit de la première visite d’Etat du président dans le monde arabe, c’est un message symbolique fort”, souligne-t-on à l’Elysée. “L’objectif est de montrer le soutien de la France à l’expérience démocratique tunisienne, qui est la seule expérience de transition réussie après les Printemps arabes”.

Le mouvement de contestation populaire, qui a provoqué en 2011 la chute du régime Ben Ali après 23 ans de règne, a permis au pays d’organiser en 2014 des élections libres.

Si la transition politique a été saluée par la communauté internationale - elle a valu au Quartet du dialogue national tunisien le prix Nobel de la paix 2015 -, la transition économique et sociale peine à voir le jour, nourrissant le ressentiment de la population.

“L’activité est faible, l’emploi est bas, les tensions sociales persistent, la composition des dépenses s’est détériorée, et les déséquilibres extérieurs sont prononcés”, soulignait en mai 2016 le Fonds monétaire international (FMI).

SITUATION POTENTIELLEMENT EXPLOSIVE

Avec un taux de chômage de 15% - 30% chez les jeunes diplômés et les baisses de dépenses demandées par les bailleurs internationaux, la situation est potentiellement explosive, comme en témoigne la série de manifestations violentes contre l’austérité qui ont éclaté depuis le début de l’année.

Pour tenter de désamorcer la crise, le gouvernement tunisien a annoncé le 13 janvier le déblocage de 170 millions de dinars (57 millions d’euros) pour venir en aide aux familles les plus démunies et aux personnes dans le besoin.

“Au-delà de la transition démocratique, le défi à venir pour la Tunisie pour les prochaines années sera économique et social”, estime-t-on à Paris. “La France souhaite dans ce cadre apporter son soutien à la Tunisie pour l’aider le mieux qu’elle peut à répondre à ce défi.”

Jeudi, le chef de l’Etat inaugurera le premier forum économique franco-tunisien en présence d’une centaine de chefs d’entreprises, dont Xavier Niel (Iliad) et Stéphane Richard (Orange) avec un objectif : mobiliser les investisseurs et les entreprises françaises pour “qu’elles reviennent massivement investir en Tunisie”.

Des annonces devraient notamment être faites concernant l’aide publique au développement, le soutien aux PME et PMI ainsi que la résorption du chômage. Une conversion d’une partie de la dette tunisienne pourrait également être annoncée.

L’enjeu socio-économique est essentiel. Dans un rapport publié en janvier, Crisis Group mettait en garde contre une possible dérive autoritaire liée à ces manifestations.

“La classe politique n’a pas encore cédé à cette tentation autoritaire”, pouvait-on notamment lire, mais “dans un contexte de marasme économique, la nostalgie d’un Etat fort, à l’image de celui que l’ancien régime prétendait défendre, se répand”.

La question de la lutte contre le terrorisme devrait également occuper une grande partie de l’entretien entre les deux chefs d’Etat. Lors de la venue de Béji Caïd Essebsi à Paris en décembre, Emmanuel Macron avait assuré que la France ne laisserait pas la Tunisie seule face au terrorisme.

Fin 2016, les autorités tunisiennes avaient annoncé avoir emprisonné et placé sous surveillance 800 djihadistes tunisiens de retour de zones de conflit. (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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