January 28, 2018 / 6:25 PM / 9 months ago

A WALL STREET-Le discours sur l'état de l'Union devrait avoir moins d'impact

par Sinead Carew

28 janvier (Reuters) - Ceux qui espèrent encore que le discours sur l’état de l’Union que doit prononcer mardi Donald Trump aura le même effet positif que celui de l’an dernier sur Wall Street risquent d’être déçus, à moins que le président américain ne prenne une nouvelle fois tout le monde de court.

Au lendemain de sa première intervention de ce type devant le Congrès, le 1er mars 2017, le S&P 500 avait bondi de 1,4% en raison de la relative sobriété du discours de Donald Trump qui contrastait alors avec les invectives de sa campagne électorale.

Mais avec l’adoption par le Congrès de son projet de réforme fiscale, qui prévoit notamment une nette réduction de l’impôt sur les sociétés, Donald Trump devrait plutôt se féliciter de cette victoire et aborder des sujets sensibles tels que les accords commerciaux, la réforme de l’immigration et les dépenses d’infrastructures.

Etant donné que la promesse de cette réforme fiscale puis son adoption ont fait voler Wall Street de sommet en sommet - le S&P 500 a fini à un nouveau record vendredi pour afficher un gain de près de 7,5% depuis le début de l’année après +19,4% en 2017 - les investisseurs devraient se montrer très prudents par rapport aux éventuelles rodomontades de Donald Trump.

“Rien ne pourrait être mieux que la réforme fiscale. Comme je pense que le président va se livrer à une sorte de tour de victoire, la réaction des acteurs de marché devrait, normalement, se résumer à vendre”, a estimé Michael O’Rourke, chargé de la stratégie marchés chez JonesTrading.

IMMIGRATION ET ACCORDS COMMERCIAUX

Toute position intransigeante de Donald Trump en matière d’immigration pourrait inquiéter les intervenants de Wall Street étant donné que cette question était au centre de la paralysie partielle de l’Etat fédéral américain il y a une semaine.

Le Congrès a mis un terme lundi à un “shutdown” de près de trois jours du gouvernement, approuvant un financement à court terme des services fédéraux à la faveur d’un accord entre démocrates et républicains où les premiers ont reçu l’assurance des seconds d’un prochain débat sur l’avenir de jeunes migrants clandestins.

“Il doit faire preuve de circonspection dans les dossiers très sensibles”, a déclaré Phil Blancato, directeur général de Ladenburg Thalmann Asset Management, ajoutant que des mesures en faveur de l’immigration pourrait, étant donné les tensions sur le marché du travail, doper l’activité américaine.

Le texte voté par le Congrès a étendu jusqu’au 8 février le financement de l’Etat fédéral américain. La majorité républicaine du Sénat a promis un débat sur l’immigration d’ici-là.

Il y a quelques jours, Donald Trump s’est dit prêt à naturaliser 1,8 million de jeunes immigrés clandestins en échange du financement pour 25 milliards de dollars d’un mur frontalier avec le Mexique et de mesures de restriction de l’immigration légale aux Etats-Unis.

La présidence américaine estime qu’il s’agit d’une concession majeure de sa part afin d’obtenir suffisamment de voix démocrates au Congrès pour conclure un accord sur l’immigration.

Un autre sujet potentiellement explosif est le commerce international, les investisseurs redoutant toujours le biais a priori protectionniste de la rhétorique “l’Amérique d’abord” de Donald Trump.

Vendredi, lors du forum économique mondial de Davos, en Suisse, le président américain a prévenu que les Etats-Unis ne toléreraient plus ce qu’il a qualifié de pratiques commerciales “inéquitables”.

“L’histoire nous apprend que le protectionnisme n’est pas bon ni pour l’économie ni pour les marchés (...)”, a dit Michael O’Rourke.

Deux jours avant son arrivée à Davos, jeudi, Donald Trump a signé un décret instaurant une hausse de 30% des droits de douane sur les panneaux solaires importés aux Etats-Unis dans le cadre des premières restrictions commerciales unilatérales décidées par son administration.

En attendant, quelle que soit la tenue du discours, les courtiers vont continuer à se focaliser sur les indicateurs économiques et les résultats d’entreprise du quatrième trimestre, ces derniers étant dans l’ensemble très solides depuis qu’ils ont commencé à être publiés. (Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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