January 25, 2018 / 3:35 PM / 3 months ago

France-Les ménages renouent avec le crédit

* Un taux de détention de crédits au plus haut depuis 2012

* La tendance devrait se prolonger en 2018

* Les crédits automobiles en forte hausse en 2017

PARIS, 24 janvier (Reuters) - La part des ménages français détenant un crédit s’est nettement redressée en 2017 après trois années de stagnation pour atteindre 47,8%, son meilleur niveau depuis 2012, selon les données publiées jeudi par l’Observatoire des crédits aux ménages (OCM).

Par comparaison, la proportion des ménages endettés était tombée en 2016 à 46,4%, un plus bas depuis 1989, son plus haut récent, 52,8%, remontant à 2008, juste avant la crise.

Près de huit millions de Français ont contracté un crédit en 2017, dont le rebond tient pour l’essentiel aux crédits à la consommation, avec un taux de détention en hausse de 1,7 point à 27,2% d’une année sur l’autre.

Le taux de détention des crédits immobiliers, un marché caractérisé par une plus grande inertie, a progressé de son côté de 0,1 point, à 30,8%, un niveau qualifié de “bon”, sous le double effet du dynamisme de la demande et de la faiblesse des taux d’intérêt.

Et la part des ménages qui accèdent à la propriété atteint 23,1%, un des niveaux les plus élevés depuis le début des années 2000, souligne l’Observatoire.

Les conditions de crédit favorables prévalant depuis deux ans et une évolution positive du pouvoir d’achat, du fait notamment de la faiblesse de l’inflation, ont alimenté ce rebond.

Selon l’OCM, 62,9% des ménages estiment que leur situation financière s’est améliorée ou stabilisée, contre 62,5% en 2016 et 58,7% en 2015. De plus, la part de ceux qui estiment que le poids de leurs charges de remboursement est “supportable ou très supportable” reste élevée (86% après 85% en 2016).

POURSUITE ATTENDUE DE LA HAUSSE

Pour la suite, l’Observatoire note que le maintien à haut niveau des intentions de souscriptions de nouveaux crédits laisse présager une poursuite du redressement du taux global de détention, même si la demande de crédits immobiliers, au vu des derniers chiffres publiés, ne devrait plus être aussi dynamique qu’en 2016 et 2017.

Au-delà de cette tendance globale liée à la conjoncture, l’OCM note une nette évolution des crédits à la consommation depuis 2009.

D’une part, les lois Lagarde en 2010 puis Hamon en 2014 ont entraîné une forte baisse du recours aux crédits renouvelables, bien au-delà de l’impact de la dégradation de la situation économique.

De l’autre, les ménages ont sensiblement diminué depuis huit ans le recours au crédit à la consommation pour financer leurs dépenses courantes.

Mais ils l’utilisent toujours pour la réalisation de projets patrimoniaux et l’amélioration de leur cadre de vie : achats d’automobiles, de biens d’équipement de la maison ou travaux d’amélioration du logement (travaux d’économie d’énergie notamment).

La rebond de 2017 a d’ailleurs été tiré par les crédits automobiles, dont la part de détention a bondi de 1,7 point, à 15,2%. Elle reste toutefois bien en deçà (trois points) de ses niveaux d’avant crise.

L’enquête de l’OCM a été réalisée par TNS-Sofres auprès d’un échantillon représentatif de 13.000 ménages interrogés par voix postale en novembre, avec un taux de réponse de 80%.

Pour le rapport complet de l'OCM bit.ly/2DDojAw (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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