January 22, 2018 / 11:44 AM / 6 months ago

AVT-PAPIER-Les résultats, un nouveau propulseur pour les Bourses européennes ?

(Répétition mot manquant §1)

* Moindre soutien des politiques monétaires

* 2018, une deuxième année consécutive de hausse des profits

* La zone euro n’a jamais aussi bon marché par rapport à Wall Street

* Les cycliques surperforment les défensives en début d’année

par Danilo Masoni

MILAN, 22 janvier (Reuters) - La période de publication des résultats des entreprises européennes au quatrième trimestre démarre véritablement cette semaine alors que les principales Bourses du continent évoluent au plus haut depuis plus d’un an, soutenues par la confiance des investisseurs dans la poursuite de la croissance des profits.

La réforme fiscale de Donald Trump et la dépréciation du dollar ont certes permis à Wall Street d’inscrire de nouveaux records mais les investisseurs estiment que la progression des bénéfices en Europe est de meilleure qualité qu’aux Etats-Unis grâce à l’accélération de la reprise au sein de la zone euro.

Les actions européennes apparaissent aussi moins chères que les valeurs américaines au regard de plusieurs critères.

Leurs valorisations supérieures à la moyenne de long terme impliquent que la croissance des profits va rester soutenue à un moment où la Banque centrale européenne va resserrer sa politique monétaire ultra-accommodante, qui a largement contribué à la hausse des indices.

En conséquence, toute déception par rapport aux attentes en matière de résultats risque d’être lourdement sanctionnée.

Les gérants d’actifs qui veulent parier sur les actions européennes en dépit de la hausse de l’euro et d’incertitudes politiques - toujours présentes bien qu’avec moins d’acuité qu’il y a quelques mois - soulignent que la reprise en Europe est beaucoup moins avancée qu’aux Etats-Unis et que les entreprises européennes ont des marges de réduction de leurs coûts plus importantes.

L’indice paneuropéen Stoxx 600 est en hausse de 10% sur un an, une progression qui représente moins de la moitié de celle du S&P 500, puisque ce dernier affiche une progression de 24% sur la même période.

“En Europe, nous ne somme pas encore en fin de cycle et les entreprises peuvent encore améliorer leurs marges”, dit Patrick Moone, responsable de la stratégie chez NN Investment Partners. “La croissance des résultats au sein de la zone euro est de meilleure qualité (...) qu’aux Etats-Unis.”

Les résultats des entreprises cotées de la zone euro sont attendus en hausse d’environ 10% cette année comme l’an dernier. Aux Etats-Unis, la hausse des bénéfices par action est attendue à près de 15% après +11% en 2017, selon des données de Thomson Reuters.

Les valeurs européennes sont toutefois moins chères avec un ratio moyen de capitalisation des bénéfices (PER) de 16 fois contre 21 fois pour les valeurs américaines, l’écart le plus élevé depuis que ces données sont compilées par Thomson Reuters, soit depuis 1999.

Les conséquences potentielles de l’appréciation de l’euro et les craintes d’un coup d’arrêt à la reprise mondiale en raison d’un ralentissement de l’économie chinoise plus marqué qu’attendu suscitent quelques réserves sur la dynamique des profits en Europe.

Deutsche Bank est ainsi beaucoup plus prudente que le consensus avec une prévision de hausse des profits de 2% seulement cette année, qui la conduit à envisager d’accentuer sa sous-pondération des actions européennes par rapport aux actions américaines.

LES BANCAIRES EN VUE

L’accélération de la reprise a bénéficié aux cycliques au détriment des défensives. Les investisseurs ont privilégié les valeurs industrielles, les technologiques et les bancaires et se sont désengagés des services aux collectivités (les “utilities”) et des valeurs de biens de consommation courante.

“Il y a peu de marge pour une expansion des multiples mais la bonne nouvelle est que nous devrions connaître une deuxième année consécutive de croissance synchronisée à l’échelle mondiale”, explique Gilles Guibout, en charge des actions européennes chez Axa Investment Managers.

“Les actions ne sont plus bon marché et ce que les investisseurs peuvent espérer désormais, c’est une hausse des profits.”

Gilles Guibout continue de favoriser les bancaires, qu’il juge bon marché et dont il pense qu’elles recèlent un potentiel important de baisse des coûts. Il ajoute que la consolidation du secteur “n’en est qu’à ses débuts” et que c’est peut-être “le seul où une expansion des multiples pourrait se justifier”.

Il n’a pas beaucoup modifié son allocation sectorielle mais surveille les entreprises affichant des niveaux d’endettement élevés. Il est aussi très optimiste sur les valeurs impliquées dans de nouvelles technologies comme la conception en 3D, les services de paiement numérisés et l’édition de logiciels permettant d’améliorer la compétitivité.

LES MAUVAISES NOUVELLES SANCTIONNÉES

De nombreux investisseurs restent sous-pondérés sur le secteur de la distribution traditionnelle, dont la fréquentation et la rentabilité sont de plus en plus fragilisées par l’essor du commerce en ligne. En Grande-Bretagne, le ralentissement des dépenses de consommation des ménages vient encore compliquer la donne.

Illustrant l’ampleur de la sanction par les investisseurs d’éventuelles mauvaises nouvelles, le distributeur britannique de revêtements de sols Carpetright et le spécialiste des pompes funèbres Dignity ont vu leur capitalisation boursière chuter respectivement de 39% et 49% sur la seule séance de vendredi après des avertissements sur résultats.

Alors que l’indice européen des télécoms est le seul indice sectoriel européen à avoir reculé l’année dernière, les investisseurs seront particulièrement attentifs à la capacité des opérateurs à s’appuyer sur leurs investissements en infrastructures pour accroître leurs revenus.

D’autres secteurs de rendement comme les services aux collectivités risquent de pâtir de la hausse des taux d’intérêt dans un environnement de concurrence accrue sur les prix.

Les entreprises de biens de consommation courante suscitent quant à elles des interrogations sur leur capacité à défendre leurs niveaux élevés de marge. Liberum prévient que le secteur pourrait souffrir cette année si la poursuite de l’accélération de la croissance n’est pas au rendez-vous ou si la normalisation des politiques monétaires et les hausses de taux directeurs sont plus rapides qu’attendu.

“Nous sommes inquiets sur les fondamentaux des valeurs de consommation courante depuis quelques années mais nous avons considéré que c’était un problème lent à se matérialiser”, a dit Scott Meech, co-responsable des actions européennes à l’Union Bancaire Privée.

Il a dit n’avoir en portefeuille aucun des grands noms du secteur comme Unilever, AB InBev, Reckitt ou Nestlé, qu’il juge vulnérables en raison de l’abaissement des barrières à l’entrée de nouveaux concurrents et des prix élevés sur certains de leurs produits phares.

avec Julien Ponthus et Helen Reid, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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