January 12, 2018 / 3:51 PM / 10 months ago

AF447-Un nouveau rapport accable les pilotes

PARIS, 12 janvier (Reuters) - Une contre-expertise commandée en février 2017 par la justice sur les causes de la catastrophe du vol Rio-Paris d’Air France, qui a fait 228 morts en juin 2009, accable l’équipage.

Des représentants des familles des victimes déplorent que ce nouveau rapport, dont les conclusions leur ont été remises jeudi, minimise la responsabilité du constructeur de l’appareil, Airbus.

Air France et Airbus ont été mis en examen pour “homicides involontaires” en mars 2011 et c’est le cinquième rapport d’experts avec celui du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA).

“Nous sommes choqués de ce que nous avons pu lire”, a dit à Reuters Ophélie Toulliou, une porte-parole de l’association de familles de victimes Entraide et solidarité AF 447, qui espère depuis huit ans un procès pour établir les responsabilités.

“On n’évoque même plus les sondes Pitot comme une cause directe ou indirecte de l’accident. C’est assez grave”, a-t-elle ajouté.

Les experts, dont Reuters a consulté les conclusions, disent ne pas avoir mis en évidence de dysfonctionnements du système de réchauffage des sondes Pitot, qui fournissent des indications de vitesse et s’étaient couvertes de givre.

“La perte des données de vitesse et ses conséquences sur les systèmes ont été conformes à la conception de l’avion”, de même que le fonctionnement des alarmes, ajoutent-ils.

DÉCROCHAGE

Ils mettent en revanche en cause l’équipage : “A aucun moment les procédures prévues dans cette situation n’ont été appliquées”, écrivent-ils.

Selon eux, la cause directe de l’accident est la perte de contrôle de la trajectoire de l’appareil par l’équipage.

Cette perte de contrôle de la trajectoire, qui a entraîné le décrochage, “résulte des actions inadaptées en pilotage manuel” du pilote en fonction et d’une surveillance insuffisante par le copilote, écrivent-ils.

Ils énumèrent également une série de causes indirectes dont “l’absence d’exécution des procédures appropriées”, une insuffisance d’entraînement de l’équipage au pilotage à haute altitude ou une “information insuffisante diffusée au sein d’Air France vers ses équipages”.

Ils mettent aussi en cause l’absence du commandant de bord pendant la traversée de la “zone de convergence intertropicale”, région perturbée par de violents orages, ainsi que l’absence de consignes claires laissées par ce dernier à l’équipage.

“Suite à son retour dans le poste, le commandant de bord n’a pas pu instaurer un leadership et des règles de travail en équipage efficaces”, lit-on encore dans le rapport.

Ses auteurs n’en estiment pas moins qu’une “prise en compte plus précoce” des problèmes de givrage “aurait contribué à imposer le changement des sondes”, permis une meilleure information aux compagnies aériennes et une plus grande sensibilisation des équipages.

Les parties civiles ont deux mois pour faire des commentaires sur ce rapport provisoire avant qu’il ne devienne définitif. L’association AF447 a prévu tenir une conférence de presse mercredi prochain.

“Nous attendons un procès avec un renvoi d’Airbus et d’Air France en correctionnelle”, souligne Ophélie Toulliou. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below