January 10, 2018 / 10:08 AM / 6 months ago

LEAD 1-Allemagne-IG Metall prêt à durcir les grèves avant les négociations

(Actualisé avec des précisions)

FRANCFORT, 10 janvier (Reuters) - IG Metall, la plus importante centrale syndicale allemande, s’est dit prête à durcir le mouvement de grève dans l’industrie à la veille du début d’une série de négociations avec le patronat dans les Länder afin d’appuyer ses revendications de hausse de salaire et de réduction du temps de travail.

“Nous avons commencé avec des grèves d’avertissement et nous allons les élargir dans les prochains jours”, déclare Jörg Hofmann, le président d’IG Metall dans un entretien au quotidien allemand Passauer Neue Presse publié mercredi.

En Rhénanie du Nord-Westphalie, le coeur industriel de l’Allemagne où l’on retrouve en particulier le groupe ThyssenKrupp, plus de 20.000 salariés ont été appelés à débrayer mercredi, selon un porte-parole d’IG Metall.

Des rassemblements sont également prévus en Bavière, en particulier chez Siemens.

Près de 80.000 salariés ont débrayé à l’appel d’IG Metall depuis le début de semaine dernière et d’autres arrêts de travail sont annoncés pour la journée de mercredi.

Face à la santé insolente de l’économie allemande, avec un chômage à son plus bas niveau historique, IG Metall réclame une hausse de 6% des salaires cette année pour 3,9 millions de salariés de l’industrie.

Les salariés se battent aussi pour une réduction du temps de travail, plus de 20 ans après avoir obtenu la semaine de 35 heures.

Outre les hausses de salaires, IG Metall réclame une semaine de travail ramenée de 35 à 28 heures et le retour à plein temps, après deux ans, pour les travailleurs par roulement ou ceux qui ont pris un temps partiel pour s’occuper d’enfants ou de parents âgés.

Le patronat ne propose, pour l’heure, qu’une augmentation de 2% des salaires, assortie d’une prime exceptionnelle de 200 euros qui serait versée au premier trimestre.

Il a aussi rejeté la demande d’une réduction du temps de travail si elle n’est pas compensée par la possibilité de l’augmenter temporairement.

Les entreprises seraient contraintes d’embaucher des salariés à temps partiel pour compenser la réduction du temps de travail, a expliqué le président de Nordmetall, l’une des fédérations patronales régionale de la métallurgie.

“Où suis-je censé les trouver en pleine pénurie de main d’oeuvre qualifiée?”, s’est interrogé Nico Fickinger, dans un entretien à la radio allemande NDR Info.

Pour le syndicaliste Hofmann, le coût additionnel de la réduction de la durée du travail serait de l’ordre de 1% de l’ensemble des charges salariales.

Les discussions entre les syndicats et les fédérations patronales doivent débuter jeudi dans le Land de Bade-Wurtemberg, qui abrite les sièges sociaux de Porsche , de Daimler et de l’équipementier automobile Robert Bosch.

En Bavière, où sont localisés BMW et le constructeur de poids lourds MAN, les négociations reprendront le 15 janvier et trois jours plus tard en Rhénanie du Nord-Westphalie. (Maria Sheahan, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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