January 8, 2018 / 5:03 AM / 10 months ago

RPT À WALL STREET-2018, la revanche de la gestion value ?

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée dimanche)

par David Randall

NEW YORK, 7 janvier (Reuters) - Les valeurs de croissance (“growth stocks”), principalement technologiques, ont tenu le haut du pavé à Wall Street l’an dernier mais la gestion “value”, qui recherche les titres décotés par rapport à leur valeur intrinsèque ou aux ratios financiers de leur secteur, pourrait retrouver ses lettres de noblesse cette année.

Même les fonds spécialisés dans les valeurs de croissance se tournent à présent vers des titres restés à la traîne, leur trouvant davantage de potentiel dans un marché qui a pris près de 20% en 2017.

L’indice S&P 500 Value, qui inclut des sociétés comme Berkshire Hathaway et JP Morgan Chase & Co, n’a progressé que de 12,6% en 2017, soit deux fois moins que l’indice S&P 500 Growth, dont la hausse de 25,4% a été portée par des géants technologiques comme Apple et Microsoft.

En conséquence, certains fonds “growth” sortent des valeurs technologiques pour se replacer sur des titres qu’ils jugent plus raisonnablement valorisés, s’inspirant d’ailleurs sagement d’une enquête de l’Association américaine des actionnaires individuels montrant que le degré d’exubérance du marché est à son plus haut niveau depuis novembre 2014.

“Le secteur technologique présente des risques après la forte hausse que nous avons connue. A présent, nous voyons des opportunités dans des secteurs qui présentent des valorisations attractives et une meilleure visibilité sur leur flux de revenus”, explique Matthew Litfin, co-gérant du fonds Columbia Acorn qui gère un encours de 4,7 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros).

Ce gérant sous-pondère à présent les high techs et s’est au contraire renforcé dans les valeurs financières, par exemple Lazard Ltd qui affiche un ratio cours/bénéfice (PER) de 15,1 contre 23,7 pour le S&P-500 dans son ensemble. Le titre Lazard s’est apprécié de 6,4% depuis le début de l’année.

Thyra Zerhusen, co-gérante du fonds Fairepoint Capital Mid Cap (4,2 milliards de dollars d’actifs), a de même avoir ouvert des lignes Mattel et General Electric pour profiter du décalage de leur valorisation par rapport à leur actif net.

Le conglomérat GE, en pleine réorganisation, affiche un PER de 21,2 après avoir été l’an dernier la lanterne rouge du Dow Jones avec une chute de près de 45% de son cours de Bourse. Le fabricant de jouets Mattel, lui, reste sur une baisse de 46% sur les 12 derniers mois, plombé par la faillite de son principal distributeur Toys “R” Us qui l’a contraint à suspendre son dividende.

“L’an dernier n’était pas un environnement propice pour la gestion Value, mais on est maintenant dans une période où on peut trouver des investissements qui prendront beaucoup de valeur sur les deux prochaines années”, explique Thyra Zerhusen.

Bien vu : sur les quatre premières séances de 2018, Mattel a repris 5,7% et GE 6,3%, surperformant le S&P-500 qui a pris 2,6% dans le même temps.

SANS GARANTIE

Naturellement, une bonne année pour les valeurs de croissance ne garantit pas que les titres “Value” rebondiront l’année qui suit.

Selon Credit Suisse, sur les 20 précédents cas où le S&P-500 a gagné plus de 18% sur une année depuis 1951, l’indice a pris 10% ou plus l’année suivante à dix reprises, avec les “growth stocks” en locomotive. Les dix autres fois, le S&P-500 a reculé en moyenne de 1,7% l’année qui a suivi.

Sur les quatre premières séances de 2018, le fonds indiciel (ETF) iShares qui suit l’indice S&P 500 Growth a gagné 3,1% alors que son vis-à-vis pour le S&P 500 Value a avancé de 1,8%.

Malgré ce bon début des valeurs de croissance, Matthew Watson, gérant chez James Advantage, dit que sa firme se prépare à un correction sensible des grands poids lourds technologiques comme Amazon.com ou Alphabet, la maison mère de Google, qui ont bondi de plus de 30% en 2017.

James Advantage a ainsi préféré acheter des actions de sociétés d’énergie délaissées comme Diamond Offshore Drilling ou de groupes de grands magasins comme Macy’s, qui ont pour particularité d’avoir des actifs sous-évalués, explique le gérant.

Macy’s, par exemple, se paie à peine plus que la valeur de son portefeuille immobilier tandis que Diamond Offshore se traite à 70% de sa valeur comptable. Macy’s a perdu depuis 2,8% depuis le 1er janvier mais Diamond Offshore s’est apprécié de 2,5%.

“Certes le marché connaît toujours une dynamique haussière en ce moment, mais cela ne le rendra que plus cher”, observe Matthew Watson. “Je pense qu’on est à un stade où seule l’approche ‘value’ permettra de trouver des opportunités qui paieront sur le long terme.” (Véronique Tison pour le service français)

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