December 22, 2017 / 10:49 AM / a year ago

GRAPHES-2017, une année très faste et très "FANG" pour les marchés

par Marc Jones

22 décembre (Reuters) - Un bond de 40% des valeurs technologiques, une performance de près 30% des Bourses émergentes et des hausses à deux chiffres pour les principales matières premières ont assuré aux investisseurs l’une de leurs meilleures années depuis l’éclatement de la grande crise financière de 2008.

Si on laisse de côté l’envolée stratosphérique du bitcoin et des autres cryptomonnaies, qui affichent des progressions allant jusqu’à 1.500% depuis le début de l’année, les géants de l’internet réunis sous l’acronyme FANG - pour Facebook, Apple, Netflix et Google -, les métaux industriels et les devises d’Europe de l’Est ont été les meilleurs paris de l’année.

L’euro n’a pas été en reste, gagnant 13% contre le dollar à la faveur de la dissipation des craintes d’éclatement de la monnaie unique, de l’accélération de la reprise au sein de la zone euro et d’un début de normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Revers de cette médaille, le billet vert a connu sa plus mauvaise année depuis 2003.

La palme des performances parmi les devises revient toutefois à la couronne tchèque, avec une hausse de près de 19% amorcée par l’abandon de son lien avec l’euro et confortée par deux hausses de taux et une croissance économique solide.

“Vous aviez des conditions parfaites, cette année”, a dit Kevin Daly d’Aberdeen Standard Investments. “Une croissance mondiale à la hausse, des bonnes nouvelles en provenance de Chine dans l’ensemble et Donald Trump qui s’est révélé moins pénalisant pour l’appétit pour le risque que beaucoup ne le craignaient.”

Tout cela a favorisé une hausse de 20% de l’indice MSCI des Bourses mondiales, qui n’a pas connu un seul mois de baisse, soutenu notamment par Wall Street où le Dow Jones a enchaîné pas moins de 70 plus hauts.

Les marchés émergents et les FANG ont fait mieux encore.

Facebook est hausse de 54% depuis le début de l’année, Netflix de 53%, Apple de 51% et Google de 35%, reflétant l’appétit des investisseurs à travers le monde pour les techs mais aussi l’abondance des liquidités.

L’indice MSCI des Bourses émergentes, dans lequel la Chine pèse désormais 25%, gagne quant à lui 31%. Les actions chinoises affichent une performance d’ensemble de +48%, juste derrière la Bourse polonaise en hausse de 49,5%. Séoul, portée par les technologiques, n’a guère été freinée par la menace nucléaire nord-coréenne et se classe en troisième position avec une hausse de 44%.

“Une grande partie des succès de cette année est liée à la faiblesse du dollar qui a créé un environnement dans lequel les investisseurs ont pu jouer à plein les marchés émergents”, a dit Didier Duret, responsable des investissements d’ABN Amro.

LE CUIVRE, MIEUX QUE L’OR

La livre sterling a repris sur l’année près de la moitié de sa chute de 16% contre le dollar provoquée par le vote du 23 juin 2016 en faveur du Brexit malgré des négociations chaotiques sur les modalités du divorce avec l’Union européenne et un équilibre politique intérieur fragile.

La devise britannique a toutefois reculé de 3,7% contre l’euro depuis le début de l’année portant sa baisse post-Brexit à 17%.

Une hausse de 11% du Nikkei au cours des derniers mois de l’année permet à la Bourse de Tokyo d’afficher une performance en dollar de plus de 23%, coiffant de peu le S&P 500 .

Sur l’obligataire, les Bunds allemands et les BTPs italiens ont offert aux investisseurs une performance à deux chiffres de 13% et 16% respectivement rivalisant avec celle des dettes émergentes (+14,2%) et contrastant avec celle des Treasuries, quasi stable.

Parmi les contre-performances de l’année, la Bourse qatarie a chuté de 14% plombée par les tensions entre Doha et l’Arabie saoudite et la livre turque a subi le contrecoup de l’instabilité politique et de la montée de l’inflation.

Les obligations vénézuéliennes, habituées du palmarès des meilleures performances ces dernières années, ont été pénalisées par les craintes sur l’imminence d’un défaut de Caracas.

Aux matières premières, le cuivre, dont le cours est étroitement lié à la santé de l’économie chinoise, a bondi de plus de 25% faisant mieux que l’or (+11%) qui a toutefois enregistré sa meilleure performance annuelle depuis 2011.

Le palladium a bondi de plus de 50%. Le pétrole termine l’année sur un gain de plus de 13%.

“Une fin d’année sur une note aussi favorable fait que la suivante sera d’autant plus difficile”, a toutefois prévenu Didier Duret. “Nous devrions commencer 2018 avec une dose de prudence.”

Marc Joanny pour le service français, édité par Patrick Vignal

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