December 22, 2017 / 9:14 AM / in a year

Des actionnaires de Thyssenkrupp s'impatientent

par Tom Käckenhoff et Christoph Steitz

DÜSSELDORF/FRANKFURT, 22 décembre (Reuters) - Des actionnaires du conglomérat industriel allemand Thyssenkrupp s’impatientent de la lenteur de sa restructuration et accentuent leur pression sur le président du directoire Heinrich Hiesinger face à une performance boursière qu’ils jugent décevante.

Hiesinger, qui a pris en 2011 les rênes du groupe sidérurgique et d’ingénierie, veut le repositionner sur ses activités d’ascensoriste, de concepteurs de sites industriels, de négoce de matériaux et de fournisseur de l’industrie automobile, son premier client.

Depuis son arrivée, l’action Thyssenkrupp a chuté de près de 20%, sous-performant l’indice Dax de la Bourse de Francfort qui a presque doublé sur la même période.

Elle a fait mieux que celle du premier sidérurgiste mondial, ArcelorMittal, qui a perdu plus de 55% de sa valeur, mais pour certains investisseurs, c’est loin d’être suffisant.

“Il y a des domaines où les résultats sont inférieurs aux attentes et qui doivent êre ajustés”, a dit l’un des 20 premiers actionnaires de Thyssenkrupp, qui a requis l’anonymat.

Ce parcours boursier sans relief a poussé l’investisseur activiste Cevian, deuxième actionnaire de Thyssenkrupp avec 18% du capital, à s’interroger publiquement sur la pertinence de la structure de conglomérat et à recommander une scission des activités les plus rentables comme les ascenseurs qui représentent la moitié du bénéfice d’exploitation.

“L’avancée décisive n’est toujours pas intervenue”, a commenté de son côté Thomas Hechtfischer, directeur général du cabinet de conseil aux actionnaires DSW, qui représente habituellement 1% des droits de vote lors des assemblées générales de Thyssenkrupp.

Dans une lettre adressée aux actionnaires le mois dernier, Hiesinger écrit que l’objectif de Thyssenkrupp reste de permettre “le développement optimal de tous les domaines d’activité afin de renforcer la performance du groupe dans son ensemble.”

Hiesinger a consacré beaucoup de temps et de ressources à rompre les liens du groupe avec un segment sidérurgie remontant à plus de deux siècles et a conclu un accord en septembre en vue de le fusionner avec le pôle européen de Tata Steel.

MANQUE D’ATTENTION

“D’autres divisions n’ont peut-être pas bénéficié de toute l’attention nécessaire et cela pose problème maintenant”, a dit Ingo Speich, gérant chez Union Investment, qui, avec 0,3% du capital, figure parmi les 20 premiers actionnaires de Thyssenkrupp.

“Les niveaux de rentabilité dans les différentes divisions montrent qu’il y a encore une grande marge d’amélioration.”

Les investisseurs et les analystes s’inquiètent surtout pour la branche “Industrial Solutions”, qui construit des usines, des navires et des sous-marins et doit composer avec un héritage de commandes à faible marge. Elle subit aussi la baisse de la demande pour des usines clés en main.

Thyssenkrupp a déjà annoncé des suppressions d’emplois dans cette division et fait état d’un carnet de commandes au plus haut depuis cinq ans. A 2%, le marge opérationnelle est toutefois bien inférieure à l’objectif de moyen à long terme de 6% à 7%.

“Je pense que cette division est plus cyclique que nous ne le pensions tous”, a dit Björn Voss, analyste chez Warburg Research. “Elle doit maintenant être restructurée.”

Certains analystes s’attendent à ce que le groupe industriel cède sa division “Material Services”, qui regroupe les activités de distribution et de négoce de matériaux. Pour Credit Suisse, une telle opération constituerait “un catalyseur majeur” pour le cours de l’action.

La marge opérationnelle de cette division est ressortie à 2,3% au cours du dernier exercice contre un objectif à moyen-long terme de 3% à 4%.

Le distributeur allemand d’acier Klöckner & Co a fait part de son intérêt pour certaines des activités de cette division mais a dit la semaine dernière qu’aucune discussion n’était en cours sur une possible consolidation.

Thyssenkrupp ne veut en céder qu’une toute petite partie, en l’occurrence sa filiale d’acier inoxydable italienne Acciai Speciali Terni (AST), dont le chiffre d’affaires sur l’exercice 2016-2017 a atteint 1,78 milliard d’euros, et qu’il juge non stratégique.

La fondation Alfried Krupp von Bohlen und Halbach, premier actionnaire de Thyssenkrupp avec 21% du capital, n’a pas souhaité faire de commentaires. (Clément Rouget et Marc Joanny, édité par Wilfrid Exbrayat)

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