December 20, 2017 / 4:11 PM / 9 months ago

LEAD 1-France-Le gouvernement conteste l'Insee sur le pouvoir d'achat

* Griveaux dénonce un raisonnement à consommation équivalente

* Il fait valoir les hausses d’allocation

* L’Insee s’est uniquement concentrée sur les prélèvements (actualisé avec mise au point de l’Insee)

PARIS, 20 décembre (Reuters) - Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a “contesté formellement” mercredi les estimations de l’Insee selon lesquelles le pouvoir d’achat des ménages serait amputé de 4,5 milliards d’euros en 2018 par les mesures du gouvernement.

Dans sa note de conjoncture trimestrielle publiée mardi, l’institut chiffre à environ 4,5 milliards d’euros de prélèvements obligatoires supplémentaires le solde des hausses et des baisses de fiscalité pour 2018, “ce qui ôterait –0,3 point à l’évolution du pouvoir d’achat” des ménages.

Cette évolution s’explique notamment, selon l’Insee, par le fait que les principales hausses de fiscalité programmées - tabac, carburants, CSG - interviendront dès le début 2018, alors que les baisses (taxe d’habitation, réforme de l’ISF, prélèvement forfaitaire unique, emploi à domicile), ne prendront effet que progressivement ou en fin d’année.

Quant à la baisse des cotisations sociales, amorcée dès le 1er janvier, il faudra attendre le 1er octobre pour qu’elle soit complète.

“Nous contestons formellement l’étude de l’Insee pour une raison très simple : le raisonnement est fait à consommation équivalente, or la fiscalité indirecte notamment sur le tabac et sur le diesel a pour vocation de changer les comportements”, a dit Benjamin Griveaux lors du compte rendu du conseil des ministres.

“Par ailleurs, la note de l’Insee ne prend pas en considération l’augmentation de la prime d’activité de 20 euros par mois dès le mois d’octobre, la revalorisation du mode de garde de 30% dès le mois d’octobre, l’augmentation du minimum vieillesse dès le mois d’avril et donc le raisonnement n’est pas totalement exact”, a-t-il ajouté.

MISE AU POINT DE L’INSEE

La hausse de la CSG est quant à elle “entièrement recyclée avec le transfert et la baisse des cotisations chômage et santé sur le travail avec une augmentation dès la première fiche de paie qui sera reçue par nos concitoyens au mois de janvier”, a encore dit Benjamin Griveaux.

Un simulateur de pouvoir d’achat sera mis en ligne jeudi afin de permettre à chaque Français de connaître l’augmentation de son pouvoir d’achat réel en 2018, a-t-il indiqué.

Au total en 2018, la baisse d’impôts s’élèvera à 10 milliards d’euros, dont 5,5 milliards d’euros pour les ménages, a assuré Benjamin Griveaux.

Dans un communiqué, l’Insee déclare qu’il n’a fait que “rédiger un éclairage” sur l’incidence des différentes mesures fiscales programmées sur l’évolution du pouvoir d’achat des ménages et que, conformément aux règles de comptabilité nationale, son évaluation de leur impact inflationniste est fondée sur la structure de consommation de l’année précédente.

La hausse des prix du tabac pouvant se traduire par une baisse de sa consommation, il est “probable que l’effet sur les recettes fiscales effectives sera in fine inférieur à l’effet comptable sur le revenu des ménages”, indique-t-il.

L’institut fait valoir en outre qu’il s’est contenté dans cette étude de commenter les mesures inscrites en prélèvements obligatoires et non des éléments comme la hausse des salaires des fonctionnaires en compensation de la hausse de la CSG. (Marine Pennetier et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below