December 20, 2017 / 3:36 PM / 4 months ago

Du vin aux montres, les sites de location offrent une part de luxe

* Les sites de partage ou de location fleurissent

* Leur part reste modeste, mais elle progresse

* Un nouveau modèle de consommation, même les riches clients

par Sarah White et Silke Koltrowitz

PARIS/ZURICH, 20 décembre (Reuters) - Les plates-formes en ligne proposant de la location ou du partage de montres ou de voitures de luxe commencent à se faire un chemin sur un marché du luxe où les modes de consommation évoluent à grande vitesse.

Certaines entreprises proposent ainsi aux clients de jouir de produits de luxe sans dépenser des fortunes, en payant des abonnements mensuels pour pouvoir porter une Rolex pendant quelques semaines avant de l’échanger pour autre chose.

“Les nouvelles générations vivent différemment, elles veulent se laisser les portes ouvertes”, commente Marco Abele, un ancien du Credit Suisse qui a développé la plate-forme de partage TEND dont le lancement est prévu en Suisse en mars 2018.

Elle offrira aux clients une part négociable d’une Porsche ou un vignoble, avec une possibilité de retour sur investissement et la possibilité d’utiliser la voiture ou d’obtenir des bouteilles customisées.

Elle dit vouloir “démocratiser” le luxe mais s’adresse toutefois à des clients qui disposent d’un patrimoine compris entre 100.000 et un million de francs suisses.

Encore embryonnaire pour le luxe, l’économie du partage au sens large pourrait passer de 15 milliards de dollars en 2016 à 335 milliards en 2025, selon le cabinet PricewaterhouseCoopers.

“Ce n’est pas un marché significatif, mais ça se développe, ça va le devenir”, note Olivier Abtan, spécialiste du luxe au Boston Consulting Group. “Il y a beaucoup de start-up qui s’y mettent. Il y a un vrai engouement”.

LOCATIONS DE ROBES DU SOIR

Eleven James, un site américain de location de montres lancé en 2014 avec des abonnements mensuels compris entre 150 et 500 dollars, envisage de proposer des bijoux et des oeuvres d’art.

Après avoir loué son propre stock, il s’est ouvert à des collectionneurs souhaitant louer leurs montres.

“C’est venu de la demande. Les gens ont de plus en plus de montres. Ils ne peuvent pas toutes les porter ou bien ils s’en lassent”, a précisé Olivier Reza, PDG du site.

Pour certaines marques, ce marché naissant ne constitue pas forcément une bonne nouvelle.

Elles se sont mises tardivement au e-commerce et tentent de contrôler leur distribution, face aux poussées de géant du commerce en ligne comme Amazon.

Elles risquent maintenant de voir leurs produits rendus plus accessibles - donc moins exclusifs - par les plates-formes.

Si la location de robes du soir signées Chanel ou Dior existe depuis longtemps, tout comme le co-investissement dans des actifs comme les jets privés ou les yachts, ces nouveaux sites permettent de donner un coup d’accélérateur à ce type de services.

Pour Chi Chan, 43 ans, qui a déposé quatre montres chez Eleven James, le site est aussi un bon moyen de tester avant d’acheter.

“C’est parfois très intimidant d’entrer dans une boutique avec des vendeurs qui vous jugent”, dit-il.

Pascale Denis pour la version française, édité par Matthieu Protard

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