December 20, 2017 / 11:11 AM / 7 months ago

LEAD 3-Tapie et Richard seront jugés au pénal dans l'affaire du Lyonnais

* Dénouement proche pour une interminable saga judiciaire

* L’avocat de Tapie estime que le procès révèlera la “vérité”

* Richard entend prouver que les griefs sont infondés (Actualisé avec réaction de Richard 4-5)

PARIS, 20 décembre (Reuters) - Bernard Tapie et le PDG d’Orange Stéphane Richard sont renvoyés avec quatre autres personnes devant le tribunal correctionnel dans l’affaire de l’arbitrage qui avait permis en 2008 à l’homme d’affaires d’obtenir 403 millions d’euros pour le règlement de son litige avec le Crédit lyonnais, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Bernard Tapie devra répondre d’escroquerie et complicité de détournement de fonds publics, Stéphane Richard, directeur de cabinet de la ministre de l’Economie Christine Lagarde à l’époque des faits, de complicité d’escroquerie et complicité de détournement de fonds publics, a-t-on précisé de même source.

“Tout va être mis sur la table et la vérité va pouvoir être rétablie. Non seulement il n’y a pas eu d’escroquerie dans l’arbitrage, mais encore on verra bien qui est le voleur et qui est le volé”, a dit à Reuters l’avocat de Bernard Tapie, Me Hervé Temime.

Le porte-parole du PDG d’Orange a indiqué dans une déclaration que Stéphane Richard réfutait “point par point les mises en cause dont il est l’objet” et qu’il n’avait fait “qu’exécuter la décision ministérielle d’aller à l’arbitrage”.

“En revanche, les motifs de renvoi de Stéphane Richard, passés d’escroquerie en bande organisée à complicité d’escroquerie, sont une étape très importante dans la démonstration de son innocence. Ainsi, à chaque étape du processus judiciaire, Stéphane Richard voit sa mise en cause diminuer”, a-t-il expliqué.

Les quatre autres protagonistes visés sont : Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie, le magistrat Pierre Estoup, l’un des trois juges arbitres du dossier, Jean-François Rocchi, ancien directeur du Consortium de réalisation (CDR), Bernard Scemama, ancien président de l’Etablissement public de financement et de restructuration (EFPR), qui gérait avec le CDR les dettes du Crédit lyonnais.

UN LITIGE VIEUX DE 15 ANS

Maurice Lantourne est accusé d’escroquerie et complicité de détournement de fonds publics, Pierre Estoup d’escroquerie, faux et complicité de détournements de fonds publics. Bernard Scemama devra répondre de complicité d’escroquerie et complicité de fonds publics et Jean-François Rocchi de complicité d’escroquerie, complicité de détournement de fonds publics et usage abusif des pouvoirs sociaux par dirigeant d’une société anonyme.

La décision de renvoi des juges d’instruction Serge Tournaire et Claire Thépaut, révélée par Le Monde, est conforme aux réquisitions du parquet de Paris, en mars dernier, à l’encontre de ces six mises en examen.

En 2008, un arbitrage à 403 millions d’euros en faveur de Bernard Tapie avait soldé un litige vieux de 15 ans opposant l’homme d’affaires au Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas.

L’arbitrage a été annulé au civil et Bernard Tapie, qui a révélé en novembre dernier souffrir d’un cancer de l’estomac, a été condamné à rembourser les sommes versées. Il s’est pourvu en cassation.

Le 19 décembre 2016, Christine Lagarde, aujourd’hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a été condamnée dans cette affaire pour avoir renoncé, en tant que ministre des Finances, à exercer un recours contre la sentence.

Jugée coupable de négligences ayant mené au détournement par un tiers de fonds publics, elle a été dispensée de peine.

Stéphane Richard, qui fut directeur de cabinet de Christine Lagarde de 2007 à 2009, est soupçonné d’avoir “dissimulé” à sa ministre de tutelle “des éléments essentiels du dossier”, d’avoir participé à des réunions à l’Elysée “à son insu”, et d’avoir donné “sans droit” des instructions relatives à cet arbitrage.

Le PDG d’Orange, qui dirige le groupe depuis 2011, est officiellement candidat à sa succession pour un troisième mandat. (Sophie Louet avec Gwënaelle Barzic, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below